Jarpa, Voluspa, Pérez Rubio, Agustín, Esche, Charles, Breitwieser, Sabine, Giunta, Andrea, Valdés, Adriana, Medina, Cuauhtémoc, Mayol, Alberto, Altered Views. Voluspa Jarpa, Santiago, Ediciones Puro Chile, 2021
→Pérez Rubio, Agustín, Esche, Charles, Tala, Alexia, Voluspa Jarpa. En Nuestra Pequeña Región de por Acá, Buenos Aires, Malba, 2018
→Munder, Heike (dir.), Resistance Performed—An Anthology on Aesthetic Strategies under Repressive Regimes in Latin America, Zurich, JRP Ringier, 2015
Altered Views, Pavillon chilien, 58e Biennale de Venise, Venise, 11 mai – 24 novembre 2019
→En Nuestra Pequeña Región de por acá, Museo de Arte Latinoamericano de Buenos Aires MALBA, Buenos Aires, 15 juillet – 3 octobre 2016
→The No-History’s Library, 12ª Biennale d’Istanbul, 17 September – 13 November 2011
Artiste transdisciplinaire et enseignante chilienne.
Voluspa Jarpa structure son travail à partir d’une recherche rigoureuse sur des concepts et notions qui transparaissent dans ses différentes séries et s’enrichissent mutuellement au fil du temps. À travers des peintures grand format, des installations in situ, des interventions multimédias et, surtout, des productions transdisciplinaires, V. Jarpa crée une esthétique singulière qui oscille entre histoire et hystérie, censure et mémoire, archive et document, traumatisme et psychanalyse, traduction et langage.
Jeune, elle vit avec sa famille entre le Brésil et le Paraguay, puis retourne au Chili en 1989. De 1989 à 1996, elle étudie à l’Escuela de Arte de la Facultad de Artes de la Universidad de Chile, où elle suit également un master en arts visuels (1995-1996) ; cependant, elle choisit de ne pas aller au terme de son cursus. Depuis 2006, elle est enseignante-chercheuse à la Pontificia Universidad Católica de Chile, au sein de la Facultad de Artes.
Dans Los eriazos [Les Terrains vagues, 1992], elle explore les lieux de pauvreté et d’abandon dans la ville de Santiago, considérés comme des vestiges de l’histoire. Ce cycle de peintures s’organise en polyptyques telle une iconographie de la réalité locale : la périphérie en expansion sans planification, livrée à elle-même. Dans la série El Jardín de las delicias [Le Jardin des délices, 1995], les terrains vagues réapparaissent comme les témoins d’une ville marquée par la désolation et une métaphore du traumatisme.
Depuis les années 2000, elle met en scène des associations picturales du corps féminin à l’hystérie (Paisaje somático, [Paysage somatique, 2005] ; Soma, [Corps, 2006] ; Plaga [Fléau, 2008], L’Effet Charcot, 2010), interrogeant les constructions sociales et culturelles autour des « maladies féminines ». Elle travaille ensuite à partir d’archives déclassifiées de la CIA. Cette recherche, axée sur les secrets et les opérations menées pendant la guerre froide, reconstitue l’histoire fragmentée de la région latino-américaine durant les dictatures militaires à travers des documents, la voix et les témoignages des personnes impliquées ; la rature, ce tracé qui d’un simple geste permet de nier l’événement, est utilisée comme expression de la censure. Ce projet collaboratif et transdisciplinaire a pris la forme d’une installation in situ intitulée En nuestra pequeña región de por acá [Dans notre petite région d’ici, 2016-2017], présentée d’abord au Museo de Arte Latinoamericano de Buenos Aires puis au Centro Cultural Matucana 100, à Santiago. Cette exposition met en scène la nature de l’archive, la mémoire ainsi que la notion culturelle et symbolique du traumatisme social dans quatorze pays d’Amérique latine liés, de 1948 à 1994, par leurs dossiers au renseignement.
V. Jarpa participe aux biennales de La Havane (1996), de Shanghai (2003, 2019), du Mercosur, d’Istanbul (2011), de São Paulo (2014), de Venise (2019) et à la BienalSur (2019, 2021, 2025). Elle reçoit, notamment, les prix suivants : Premio de Creación de Excelencia de la Pontificia Universidad Católica de Chile (2016), Primer Premio Julius Baer a las artistas latinoamericanas (2020), Premio de Adquisición de la XVIeBienal de Cuenca. Elle est nominée au Mario Merz Prize à Turin (2024). En 2025, elle obtient la bourse de la Fundación Ama Amoedo, José Ignacio, Uruguay, pour le développement artistique de l’Amérique latine, ainsi que le Mid-Career Prize de la Cisneros Fontanals Art Fundation, Miami. En 2026, elle se voit décerner le S+T+ARTS Buen-TEK Grand Prize par la Commission européenne, aux Pays-Bas.
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring
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