Bill Kouélany

1965 | Brazzaville, Congo
Informations

Plasticienne congolaise.

C’est dans les années 1980, au sortir d’une adolescence mouvementée oscillant entre fragilité et rébellion, que Bill Kouélany cherche un ailleurs, une liberté nouvelle. S’annonce alors le début d’une vie artistique ponctuée par l’écriture, avec des pièces phares comme Cafard, cafarde, lue à Paris en 2003, et Peut-être (2007) en collaboration avec Jean-Paul Delore. Son œuvre écrite est empreinte de celle de Tchicaya U Tam’si, auteur écorché, à la sensibilité exacerbée, qu’elle figure dans ses premiers tableaux. Les peintures de B. Kouélany, artiste autodidacte, sont autobiographiques ; elles sont marquées par la guerre civile du Congo, mais, au-delà de cet engagement sociopolitique, c’est un combat personnel que mène l’artiste. Les corps qu’elle représente dans ses toiles qu’elle incise et recoud maladroitement, comme s’il s’agissait d’un essai thérapeutique, sont son propre corps. Ils expriment une impossible guérison.
Sa peinture, radicale, formelle et engagée, exhibe des corps nus, des têtes en souffrance, des squelettes, résultat d’une autocritique tourmentée par le désir d’explorer ce qui fait mal, d’aller au fond des choses, de se confronter au pathos. C’est dans cette lutte intime qu’elle se distingue à l’échelle internationale. D’abord en 2001 lors de sa résidence de création aux ateliers urbains de Doual’Art au Cameroun, puis en 2002 dans le off de la biennale Dak’Art, avec les Créateurs de l’Afrique centrale, et encore en 2006 à l’occasion de la septième édition de Dak’Art. En 2004, elle entre en résidence de création à Nantes et participe à l’exposition Beautés d’Afrique. Deux ans plus tard, elle reçoit le prix de la Francophonie et le prix Montalvo Arts Center lors de la biennale Dak’Art.

En 2007, B. Kouélany est la première femme d’Afrique subsaharienne à exposer à la documenta de Cassel. Elle y présente la plus grande œuvre qu’elle ait jamais réalisée : un mur constitué de papier mâché, de fragments de textes de plusieurs journaux internationaux, ainsi que de vidéos de son visage déformé, où elle témoigne, en tant que mère et en tant que fille, de son empathie pour les Congolais·e·s. L’artiste considère ce mur où dominent les guerres, où se lisent le cataclysme et le chaos comme son propre corps. Il est un viatique qui lui permet de parler de ce qu’elle vit quotidiennement dans sa chair.

Depuis 2012, B. Kouélany est la directrice artistique du centre d’art contemporain Les Ateliers Sahm, dont la fondation est certainement sa plus belle réussite. Ce centre à portée pluridisciplinaire, unique au Congo, est consacré à la promotion des jeunes artistes du pays et plus largement du continent africain. C’est notamment grâce à son action pour la culture congolaise, pour son excellence et pour le caractère novateur de ses entreprises qu’en 2018 B. Kouélany est promue officière des Arts et des Lettres par le ministère français de la Culture, puis qu’en 2019 elle est l’une des lauréates du prix Prince Claus aux Pays-Bas. Femme influente, elle est un modèle pour les jeunes créateurs et créatrices congolais·e·s et du monde entier. Attentive, elle détecte les talents, les stimule, et leur donne les outils et le courage nécessaires pour nourrir leur espoir de devenir de grand·e·s artistes. Le charme inégalable, le regard aiguisé et incomparable de B. Kouélany font d’elle un mentor qui ne cesse de marquer des générations. Parallèlement, elle poursuit sa carrière personnelle : en 2019, elle participe au Maroc à l’exposition Prête-moi ton rêve, qui réunit les plus grand·e·s peintres africain·e·s et qui se veut itinérante dans plusieurs pays du continent.

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Pierre-Mans

Publication réalisée dans le cadre de la Saison Africa2020.

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Bill Kouélany — AWARE Women artists / Femmes artistes

Bill Kouélany, Sans Titre, 2008, acrylique, fusain et papier mâché sur toile, 180 x 200 cm, © Bill Kouelany

Bill Kouélany — AWARE Women artists / Femmes artistes

Bill Kouélany, Sans Titre, 2014, acrylique, couture et collage de papier mâché sur toile, 120×120 cm,  © Bill Kouelany

Bill Kouélany — AWARE Women artists / Femmes artistes

Bill Kouélany, Sans Titre, 2007, papier mâché et couture sur toile, 102 x 165 cm, © Bill Kouelany

Bill Kouélany — AWARE Women artists / Femmes artistes

Bill Kouélany, Sans Titre, 2007, papier-maché, acrylique, fusain, sanguine et couture sur toile, 194 x 85 cm, © Bill Kouelany

Bill Kouélany — AWARE Women artists / Femmes artistes

Bill Kouélany, Sans Titre, 2007, série de 7 toiles, papier-maché, acrylique, fusain, sanguine et couture sur toile, 194 x 85 cm, © Bill Kouelany

Bill Kouélany — AWARE Women artists / Femmes artistes

Bill Kouélany, Sans Titre, 2007, papier mâché et acrylique sur toile, 102 x 165 cm, © Bill Kouelany

Bill Kouélany — AWARE Women artists / Femmes artistes

Bill Kouélany, Sans Titre, acrylique, couture et collage de tissus et sac en plastique sur toile, 102 x 165 cm, © Bill Kouelany

Bill Kouélany — AWARE Women artists / Femmes artistes

Bill Kouélany, Sans Titre, 2002, acrylique, couture et collage sur toile, 100 x 100 cm et 15 x 15 cm, © Bill Kouelany

Bill Kouélany — AWARE Women artists / Femmes artistes

Bill Kouélany, Sans Titre, 2002, acrylique, collage et couture sur toile, 102 x 165 cm, © Bill Kouelany

Bill Kouélany — AWARE Women artists / Femmes artistes

Bill Kouélany, Sans Titre, 2002, acrylique et collage sur toile, 100 x 200 cm,  © Bill Kouelany

Bill Kouélany — AWARE Women artists / Femmes artistes

Bill Kouélany, Sans Titre (Tryptique), 2007, papier mâché, acrylique, fusain et couture sur toile, 200 x 150 cm, © Bill Kouelany

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