Esther Mahlangu, reacquiring, cat. expo., Kyle Kauffman Gallery, New York (27 mars – 10 mai 2008), New York, Kyle Kauffman Gallery, 2008
Esther Mahlangu, Irma Stern Museum, Le Cap, 11 novembre – 2 décembre 2015
→Esther Mahlangu, Timeless, Oliewenhuis Art Museum, Bloemfontein, 2019
→Dr. Esther Mahlangu, Disrupting Patterns, The Melrose Gallery, Le Cap, 2020
Peintre sud-africaine.
La création d’Esther Mahlangu s’inscrit dans la tradition de la peinture murale des Ndébélés d’Afrique du Sud, dont elle est originaire. Initiées à la technique et aux codes stylistiques de la décoration murale domestique dans le cadre de rites d’initiation, les jeunes femmes de ce peuple héritent, de leurs mères et leurs grand-mères, l’art de fabriquer les pigments, de préparer le mur sur lequel sera appliquée la peinture, et de composer une décoration originale, en puisant dans le répertoire des figures géométriques traditionnelles tout en inventant des motifs nouveaux. Jusqu’aux années 1940, les Ndébélés utilisaient surtout des pigments naturels produits à partir du charbon, de l’argile ou de la terre rouge, que les femmes allaient chercher à plusieurs kilomètres à la ronde ; de couleurs vives, ils sont fixés aux murs par larges aplats afin d’épouser la forme de motifs abstraits répartis le plus souvent de façon symétrique et rythmée. Cette pratique est répétée tous les hivers, à la saison sèche, et effacée à chaque saison des pluies.
À la suite de l’industrialisation croissante de la région et l’implication des femmes dans les marchés urbains de Pretoria ou Johannesburg, des motifs figuratifs ont été introduits dans l’inventaire des formes, telles que les automobiles, les avions ou les ampoules électriques. Réalisées dans un contexte polygame, où la compétition entre femmes est sévère, ces peintures sont vouées à protéger le foyer d’esprits malveillants et distinguent l’épouse à hauteur de son savoir-faire. Si E. Mahlangu reste fidèle à cette tradition, elle s’en est aussi émancipée depuis l’exposition Magiciens de la terre, à laquelle elle fut invitée à participer en 1989, à Paris : à cette occasion, une réplique de sa maison a été installée, qu’elle a recouverte de fresques. D’une production limitée à la sphère domestique, sa peinture s’est étendue à la sphère du marché de l’art « africain ». Aujourd’hui, elle peint aussi sur toile, à l’acrylique, tout en introduisant des motifs stylistiques inédits. Installée à Mabhoko dans le Mpumalanga, elle a ouvert une école pour jeunes filles, dans laquelle elle transmet son art, tout en continuant à participer à des expositions à travers le monde.