Iris Sara Schiller

1955 | Haïfa, Israël
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Sculptrice et vidéaste israélienne.

Après des études à l’École des beaux-arts de Bezalel à Jérusalem, Iris Sara Schiller s’installe à Paris. Son œuvre conjugue sculpture, photographie, vidéo, dessin et textes. Elle affronte avec passion et lucidité les questions qui nous hantent, transgressant ainsi les tabous de la naissance, de la sexualité, des liens familiaux et du deuil. Elle commence par la sculpture : les matériaux utilisés sont tout d’abord la terre cuite, puis le bois ; ils donnent naissance à des formes organiques, sensuelles, évoquant Hans Arp et son érotisme biomorphe de la fécondité. Après ce besoin de vérité qu’elle trouve dans des composants naturels, l’artiste s’attaque à d’autres techniques – le ciment, la pierre, la résine -, puis le plâtre qui va devenir son matériau de prédilection. « Le recours au moulage du corps est apparu, dit-elle, en réponse à la mort d’un proche. ». Ses préoccupations s’inscrivent désormais dans un « rite de deuil », état d’âme qui a provoqué en elle une nouvelle attitude vis-à-vis du corps humain, en légitimant l’affectif et l’apparition de l’objet figuratif dans son travail (2002). Mouler un corps humain, comme on prend l’empreinte d’un visage défunt pour garder la trace, la mémoire de l’enveloppe charnelle, de cette peau.

I. S. Schiller est passé du noyau des êtres à leur enveloppe. Que devient le corps après la mort ? « Dans des études sur la Kabbale, j’ai trouvé le terme énigmatique et séduisant de Tselem: une gaine subtile qui revêt l’âme » (2002). La question du double, de la dualité féminin-masculin se décline alors de multiples façons dans des figures hybrides, souvent associées ou jumelées. I. S. Schiller cherche à donner forme à l’état fusionnel de l’amour, tant maternel que filial ou fraternel, se posant ainsi la question de la part de projection de soi dans l’autre. Elle travaille souvent sur les fragments du corps, privilégiant les bras, le torse, le cœur et les artères. Les figures de plâtre, étalées quasi cliniquement sur l’acier de tables de chirurgie , le corps suspendu d’une fillette, jambes écartées, les chaises percées, les bassines évoquent un monde froid et menaçant où se déroulent d’étranges cérémonies. En 2005, elle reçoit le Grand prix du 50ème festival du court-métrage d’Oberhausen pour la vidéo La Tresse de ma mère, au cours de laquelle, la chevelure, celle de la mère et de la fille, joue un rôle central. Faite de violence et de sensualité, cette œuvre est représentative de la démarche d’I. S. Schiller, qui allie des gestes archaïques à des souvenirs biographiques.

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Marie-Laure Bernadac

Extrait du Dictionnaire universel des créatrices
© 2013 Des femmes – Antoinette Fouque
Iris Sara Schiller — AWARE Women artists / Femmes artistes

Iris Sara Schiller, La tresse de ma mère, 2003, vidéo, © Iris Sara Schiller

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Iris Sara Schiller, Sans titre, 2003, prise de vue dans l’atelier – 2003, Centre national des arts plastiques, © Cnap, © Iris Sara Schiller

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Iris Sara Schiller, Sans titre, 1995, Centre national des arts plastiques, © Cnap, © Iris Sara Schiller

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Iris Sara Schiller, Eaux d’en haut, eaux d’en bas, 2008, installation vidéo, © Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, © Iris Sara Schiller

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Iris Sara Schiller, Manuel de survie, 2009, Centre national des arts plastiques, © Cnap, © Iris Sara Schiller

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Iris Sara Schiller, Manuel de survie, 2009, Centre national des arts plastiques, © Cnap, © Iris Sara Schiller

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Iris Sara Schiller, Manuel de survie, 2009, Centre national des arts plastiques, © Cnap, © Iris Sara Schiller

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