Boutilier, Alicia, Bruce, Tobi, The Artist Herself: Self-Portraits by Canadian Historical Women Artists, cat. exp., Agnes Etherington Art Centre, Queen’s University, Kingston (2 mai – 9 août 2015) ; Art Gallery of Greater Victoria, Victoria (2 octobre 2015 – 3 janvier 2016) ; Kelowna Art Gallery, Kelowna (23 janvier – 3 avril 2016) ; Art Gallery of Hamilton, Hamilton (28 mai – 11 septembre 2016), Kingston / Hamilton, Agnes Etherington Art Centre / Art Gallery of Hamilton, 2015
→Blodgett, Jean, Bouchard, Marie, Jessie Oonark, a Retrospective, cat. exp., The Winnipeg Art Gallery – Inuit Art Centre, Winnipeg (16 novembre 1986 – 15 février 1987), Winnipeg, Winnipeg Art Gallery, 1986
Double Vision: Jessie Oonark, Janet Kigusiuq, and Victoria Mamnguqsualuk, Textile Museum of Canada, Toronto, 9 mars 2022 – 31 mars 2023
→Power of Thought: The Art of Jessie Oonark, The Marsh Art Gallery, University of Richmond Museums, Richmond, 8 février –30 mai 2004
Artiste inuite.
Née près de la Haningayok (rivière Back), dans le Nunavut, Jessie Oonark a vécu la majeure partie de son existence d’une manière traditionnelle, semi-nomade, dans des campements saisonniers avec sa famille. Elle s’installe à Qamani’tuaq (Baker Lake), dans le Nunavut, dans les années 1950 et y commence sa pratique artistique. Après avoir exercé le métier de couturière, créant des vêtements à partir de peaux de phoque et de caribou, elle adapte facilement ses compétences à la création de tentures, pour lesquelles elle devient célèbre. Elle est aussi largement reconnue pour ses estampes et ses dessins. En 1960 et 1961, elle est la première artiste non originaire de ce secteur à figurer dans la publication annuelle des estampes d’artistes inuit·e·s de la communauté de Cape Dorset.
Le style de J. Oonark est caractérisé par son utilisation de la symétrie et des couleurs vives. Les vies et les histoires des femmes inuites sont souvent des sujets centraux de son art. En 1970, son estampe Woman, de la même année, est sélectionnée comme image de couverture de la publication présentant les estampes de Baker Lake ; dans cette œuvre, une impressionnante figure de femme vêtue d’une parka jaune aux accents colorés et à franges regarde droit devant elle, comme si elle confrontait le spectateur. Le travail de J. Oonark est fréquemment inspiré par les lignes et les coupes distinctives des habits de sa région. Ses compositions approchent souvent des dimensions monumentales, tel son dessin When the Days are Long and the Sun Shines into the Night (1966-1969), qui, avec ses 126,8 par 317,8 centimètres, est une célébration spectaculaire de la vie inuite pendant le solstice d’été. La scène, vibrante et joyeuse, montre des familles qui se rassemblent pour chasser, pêcher, jouer et plus généralement profiter ensemble des beaux jours. Un tel esprit est également saisi dans ses tentures murales faites de feutre coloré et de laine épaisse, souvent accentuées par l’application de fil de broderie en point de chevron.
Reconnue et célébrée de son vivant, J. Oonark est élue à la Royal Academy of Arts en 1975, avant d’être nommée officière de l’Ordre du Canada en 1984. Elle reçoit aussi plusieurs commandes prestigieuses, comme celles d’une tenture murale pour l’Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest en 1969 et d’une autre pour le hall d’accueil du National Arts Centre d’Ottawa, en Ontario, en 1973. Une de ses tentures est offerte en cadeau à la reine Élisabeth II à l’occasion d’une visite royale cette même année. Ses huit enfants ont perpétué son héritage artistique : plusieurs d’entre eux et elles sont devenu·e·s des artistes reconnu·e·s à part entière, comme William Noah (1943-2020), Janet Kigusiuq (1926-2005) et Victoria Mamnguqsualuk (1930-2016).
En 1992, sept ans après la disparition de l’artiste, le Jessie Oonark Center est ouvert à Qamani’tuaq. Il comprend des ateliers pour artistes et artisan·e·s ainsi qu’une boutique où sont vendus des œuvres d’art et des textiles locaux.
Une notice réalisée dans le cadre du programme de recherche « AWARE x Canada », en partenariat avec la Galerie de l’UQAM, avec le soutien du Centre culturel canadien – Paris
© Archives of Women Artists, Research and Exhibitions, 2023