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Tacita Dean

1965 | Canterbury, Royaume-Uni
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Tacita  Dean — AWARE Women artists / Femmes artistes

© Photo : Jim Rakete

Cinéaste et artiste multimédia britannique.

Installée à Berlin depuis 2000, Tacita Dean a rapporté du monde des images et des sons servant de matériaux à des photos, à des dessins, à des installations et à des textes, mais surtout à des films tournés en 16 mm, le médium de prédilection de ses représentations, où figurent, outre l’image à l’écran, la pellicule et le projecteur. Elle a étudié l’art à la Falmouth School of Art (Angleterre), à Athènes, puis à la Slade School of Fine Art de Londres. Selon elle, « la fabrication d’un film est connectée à l’idée de la perte et de la disparition ». Le temps qui passe et les possibilités narratives qui en découlent s’articulent autour de la notion d’obsolescence. Ce qui est anachronique, ce sont des édifices autrefois futuristes, comme Bubble House (« maison bulle », 1999), ces miroirs acoustiques plantés à Dungeness, dans le Kent (Sound Mirrors, 1999), ou encore la tour de télévision sur l’Alexanderplatz à Berlin, symbole de l’ancien Berlin-Est, filmée depuis son restaurant tournant (Fernsehturm, 2001) ; ce sont aussi des œuvres abandonnées, comme celles de Robert Smithson (Trying to Find Spiral Jetty, « à la recherche de la Spiral Jetty », 1997 ; From Columbus, Ohio to the Partially Buried Woodshed, « de Colombus dans l’Ohio jusqu’au bûcher partiellement enseveli », 1999) ; ce sont encore des bâtiments promis à la démolition, comme le palais du gouvernement de l’ancien Berlin- Est (Palast, « palais », 2005), ces cartes postales avec leurs images craquelées comme des rêves défaits, ou ces programmes d’opéra dont chaque couverture avait été découpée, pour y soustraire le sigle infâme qui les ornait (Die Regimentstochter, « la fille du régiment », 2005). L’obsolescence, c’est aussi ce qui a fait long feu, comme la sinistre histoire de Donald Crowhurst, navigateur inexpérimenté qui prétendit avoir fait le tour du monde et dont le bateau s’échoua au large des Caraïbes (Teignmouth Electron, 1999) : prétexte pour une lancinante vision du faisceau d’un phare, engendrant une pulsation régulière de lumière, depuis la fin du jour jusqu’à la fin de la nuit (Disappeareance at Sea I [Voyage de guérison], 1996). Suivra Disappearance at Sea II (1997), filmé en Cinémascope depuis le phare de Longstone (Farne Islands), et rendant hommage au récit de Tristan et Iseut.

L’axe du passage, l’artiste le traite en réalisant Noir et Blanc (2006), les ultimes moments de l’usine Kodak, mais aussi en exprimant son attirance cinématographique pour les hommes âgés : elle s’est arrêtée entre les murs décrépis d’une installation de Joseph Beuys à Darmstadt, ou encore parmi les vestiges de la Section Cinéma (2002) de Marcel Broodthaers (œuvre incluse dans l’installation Musée d’Art moderne, département des Aigles de ce même artiste, forme de « musée » itinérant aux collections éphémères, présent dans diverses manifestations entre 1968-1972). Elle a filmé, entre autres, l’artiste Mario Merz en 2002, le traducteur Michael Hamburger en 2007, peu de temps avant leur mort. Elle a su, de même, offrir une somptueuse et ultime rédemption cinématographique à Merce Cunningham et à sa modernité chorégraphique (Craneway Event, 2009). Son film J. G. (2013), en hommage à son ami J. G. Ballard, utilise les techniques de masquage du cinéma expérimental.

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Élisabeth Lebovici

Extrait du Dictionnaire universel des créatrices
© 2013 Des femmes – Antoinette Fouque
Tacita  Dean — AWARE Women artists / Femmes artistes

Tacita Dean, FILM, 2011, film anamorphique 35 mm au format portrait, couleur et noir et blanc avec séquences teintées à la main, boucle silencieuse et continue, 11’, Tate Modern, Londres, © Photo : Marcus Leith & Andrew Dunkley, © Tacita Dean

Tacita  Dean — AWARE Women artists / Femmes artistes

Tacita Dean, FILM, 2011, film anamorphique 35 mm au format portrait, couleur et noir et blanc avec séquences teintées à la main, boucle silencieuse et continue, 11’, Tate Modern, Londres, © Photo : Marcus Leith & Andrew Dunkley, © Tacita Dean

Tacita  Dean — AWARE Women artists / Femmes artistes

Tacita Dean, Antigone, 2018, 2 films anamorphiques couleur synchronisés de 35 mm, son optique, durée de 60 min, © Tacita Dean

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Tacita Dean, Beautiful Sheffield, 2001, photogravure sur papier, 45 x 68,5 cm, © Tate, © Tacita Dean

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Tacita Dean, The Sinking of the SS Plympton, 2001, photogravure sur papier, 45 x 68,5 cm, © Tate, © Tacita Dean

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Tacita Dean, Crowhurst, 2006, gouache sur épreuve gélatino-argentique, 300 x 409,9 cm, © MoMA, © Tacita Dean

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Tacita Dean, Los Overpainted (The Friar’s Doodle) 15, 2010, gouache sur épreuve gélatine argentique, 41,91 x 59,05 cm, Collection Albright-Knox Art Gallery, © Tacita Dean

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Tacita Dean, Silos Overpainted (The Friar’s Doodle) 4, 2010, gouache sur épreuve gélatino-argentique, 59,69 x 75,41 x 4,13 cm, Collection Albright-Art Gallery, © Tacita Dean

Tacita  Dean — AWARE Women artists / Femmes artistes

Tacita Dean, The Friar’s Doodle, 2010, film 16 mm, couleur, silence, 13’, Collection Albright-Knox Art Gallery, © Tacita Dean

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