Kazuyo Sejima, Ryue Nishizawa. Kazuyo Sejima + Ryue Nishizawa Reader, Tokyo, A.D.A. EDITA Tokyo, 2005, 2013, 2024
→KAZUYO SEJIMA RYUE NISHIZAWA SANAA 1987-2005 Vol. 1 / 2005–2015 Vol. 2 / 2014–2021 Vol. 3, Tokyo, TOTO Publishing, 2021
→Kazuo Sejima Reader—1998, Tokyo, A.D.A. EDITA Tokyo, 1998
Kazuyo Sejima + Ryue Nishizawa / SANAA – Architecture & Environment, TOTO Gallery Ma, Tokyo, Japon, 22 octobre 2021 – 20 mars 2022
→Kazuyo Sejima + Ryue Nishizawa SANAA, Towada Art Center, Aomori, Japon, 1er février 2014 – 30 mars 2024
Architecte japonaise.
Kazuyo Sejima est l’une des architectes les plus influentes de sa génération, connue pour son approche visionnaire de la transparence et de la légèreté, ainsi que pour sa subtile chorégraphie du ressenti physique dans l’espace. Née en 1956 dans le département d’Ibaraki au Japon, elle obtient un master à l’Université pour femmes du Japon (JWU) en 1981 et débute sa carrière dans le cabinet de l’architecte Toyō Itō. En 1987, elle ouvre sa propre agence Kazuyo Sejima & Associates, et en 1995 elle s’associe avec Ryūe Nishizawa (1966–) pour fonder SANAA (Sejima and Nishizawa and Associates). Leur collaboration devient une référence emblématique de l’architecture contemporaine.
Le langage architectural de K. Sejima se caractérise par son éphémère légèreté et sa capacité à réinventer les limites entre le public et le privé, l’intérieur et l’extérieur. Ses bâtiments semblent flotter entre le naturel et l’artificiel, valorisant souvent la fluidité des mouvements et l’éveil des sens. Cette sensibilité architecturale atteint son point d’orgue avec le Musée d’art contemporain du XXIe siècle de Kanazawa (2004), dans lequel la transparence circulaire redéfinit le concept même de l’espace public muséal. Parmi ses autres œuvres marquantes, citons le Nouveau Musée d’art contemporain de New York (2007), le Rolex Learning Center de Lausanne (2009) ou encore le Grand Toit (2024) du nouveau complexe urbain Grand Green Osaka, récemment achevé, qui sert à la fois d’abri couvert architectural et de scène pour des spectacles publics – autant d’exemples qui fusionnent le bâti et l’espace public.
En 2010, la direction de la Biennale d’architecture de Venise est confiée à K. Sejima, qui devient ainsi la première femme à occuper ce poste à titre individuel. Elle choisit comme thème People Meet in Architecture, dans une volonté de renforcer la dimension de mise en relation participative au moment de concevoir un espace, notamment dans l’art contemporain. La même année, K. Sejima et R. Nishizawa se voient décerner conjointement le prix Pritzker d’architecture, qui récompense leur « délicate architecture qui semble aussi universelle que japonaise ».
Tout au long de sa carrière, K. Sejima n’a cessé de tranquillement bousculer les a priori genrés du métier d’architecte, sans pour cela militer activement pour une identité féministe : sa seule présence à la tête d’un des cabinets d’architecture les plus réputés au monde suffit à faire évoluer les idées reçues et à ouvrir la voie aux générations suivantes. Elle a également enseigné dans des institutions de renom comme l’université Keio, l’université des arts appliqués de Vienne ou encore l’école polytechnique de Milan, et assure actuellement la direction du musée d’art métropolitain Teien de Tokyo.
Son engagement de longue date pour une conception architecturale centrée sur l’humain a su évoluer et progresser au gré des environnements et des communautés autour desquels ses projets s’articulent. Dernièrement, dans des entretiens avec la presse, elle parle d’une architecture « non pas imposée sur la nature, mais qui en serait un prolongement serein ». Cette philosophie se retrouve dans ses récentes réalisations, comme le nouveau pavillon Naala Badu, extension de la Galerie d’art de Nouvelle-Galles du Sud (2022) à Sydney ou encore le Taichung Green Museumbrary (2025) à Taïwan, où l’architecture s’apparente davantage à un paysage qu’à un monument.
L’œuvre de K. Sejima témoigne de la capacité de l’architecture à rester à la fois précise et poreuse, à abriter sans enfermer, à définir l’espace sans le dominer. Tout au long de sa carrière, elle a non seulement façonné des bâtiments, mais aussi modelé la manière dont nous imaginons leur rapport avec la vie, la communauté et le monde.