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Critique

Élisabeth Ballet au MAC VAL : de la rétrospective considérée comme une œuvre d’art

02.12.2017 |

Élisabeth Ballet, vue de l’exposition Tout En Un Plus Trois, MAC VAL 2017, au premier plan, Smoking & Brillantine, 2011, acier, dimensions variables, © Photo : Marc Domage, © ADAGP, Paris

Le musée d’Art contemporain du Val-de-Marne (MAC VAL) propose une rétrospective du travail d’Élisabeth Ballet (née en 1957), qui rassemble dessins, vidéos, installations monumentales et sculptures datés des années 1980 à nos jours.

Les pièces présentées dans la vaste salle du musée ont été sélectionnées par le commissaire Frank Lamy en étroite collaboration avec l’artiste parmi plusieurs séries (Sept Pièces faciles, Face à main ou Vie privée, notamment), de sorte à composer un dialogue inédit entre elles, faisant de l’exposition elle-même une ambitieuse œuvre d’art.

Élisabeth Ballet au MAC VAL : de la rétrospective considérée comme une œuvre d’art - AWARE Artistes femmes / women artists

Élisabeth Ballet, Leica, 2004, film vert transparent sur plexiglas, 180 x 980 x 80 cm, © Photo : Centre Pompidou, MNAM-CCI/ Georges Meguerditchian/Dist.RMN-GP, © ADAGP, Paris

Diplômée de l’École nationale supérieure des beaux-arts, Élisabeth Ballet interroge depuis bientôt 40 ans les liens cachés qui unissent des notions telles que intérieur/extérieur, vide/plein, ouverture/fermeture, opacité/transparence, organique/industriel, souple/rigide, exclusion/inclusion, espace réel/espace mental, mot/chose, etc. Si l’artiste refuse une interprétation directement politique de ses travaux, ces associations ne sont toutefois pas étrangères à une certaine actualité de la frontière et de la nécessité de son dépassement.

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Élisabeth Ballet, Emmanuelle, série JEJ, 1988, medium enduit, 100 x 156 x 220 cm, vue de l’exposition Un, deux, trois…sculpture, 1989, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Jouy-en-Josas, © Photo : Florian Kleinefenn, © ADAGP, Paris

Au MAC VAL donnent corps à cette réflexion sculptures géométriques de carton, de Plexiglas ou de médium, semblables à des maquettes d’architecte posées au sol ou fixées en hauteur (Dessin, 1989 ; Matière, 1989 ; Couleur, 1989 ; Percer le site, 1991 ; Modèle III, 1998), installations imposantes et minimales, closes sur elles-mêmes (Boléro, 1999 ; Leica, 2004) ou, plus rarement, ouvertes à la circulation (Emmanuelle, 1988 ; Corridor noir, 1994) et lettres peintes ou lumineuses créant des jeux de mots inattendus (Les Idées et Lazy Days, tous deux de 2007). De même, le montage sonore Vous me direz (2014-2017), qui restitue le vacarme d’une usine (bruits de machines, éclats de voix des ouvriers), répond à la vidéo muette Eye Shadow (2007), ombre projetée d’un feuillage balayé par les vents, une des seules références à la nature dans l’exposition.

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Élisabeth Ballet, Les idées, série Sept pièces faciles, 2007, enseigne lumineuse, 40 x 226 x 8 cm, vue de l’exposition Sept pièces faciles, Le Grand Café, Saint-Nazaire, © Photo : Marc Domage, © ADAGP, Paris

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Élisabeth Ballet, BCHN, 1997, plastique translucide, acier, bois, moquette rouge, © Photo : Marc Domage, © ADAGP, Paris

Les spectateurs et les spectatrices se trouvent ainsi immergé·e·s dans un espace total, extraordinairement construit. Pourtant, ils et elles sont libres de se déplacer à leur guise, dans une exposition dépourvue de sens de circulation, et d’établir, au fil de la déambulation, des liens nouveaux entre les œuvres. L’absence de cartels et de texte introductif – remplacés par un feuillet et une plaquette dépliante distribués à l’entrée – participe de cette liberté laissée aux visiteurs et visiteuses, mais dessert parfois la compréhension du propos ; saluons néanmoins l’effort de médiation fourni par l’analyse de Stéphanie Airaud dans la plaquette. Aucune séduction, donc, dans les partis pris de cette rétrospective, mais l’opportunité de découvrir (ou de redécouvrir) l’œuvre d’Élisabeth Ballet où expérience individuelle, réel, récit personnel et austérité formelle résonnent comme rarement.

 

Élisabeth Ballet, Tout en Un Plus Trois, du 21 octobre 2017 au 25 février 2018, au MAC VAL (Vitry-sur-Seine, France).

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