Aster Aterla, Tours, Centre de création contemporaine Olivier Debré, juillet 2023-janvier 2024, Marseille, Friche la Belle de Mai, février-juin 2024
→Mutual Core, Saint-Denis de La Réunion, Artothèque, novembre 2021-mars 2022
→La Sagesse des lianes, Beaumont-du-Lac, Centre international d’art et du paysage de Vassivière, mars-juillet 2021
Artiste pluridisciplinaire réunionnaise.
Artiste au foyer, Florans Féliks-Waro élabore une œuvre intimement liée à sa condition de créatrice, de mère et de femme enracinée dans l’île de La Réunion. Ses pratiques, situées à l’intersection de l’art, de la pédagogie sensible et de l’écologie, visent à recomposer des modes d’habiter le monde où la relation entre humain, végétal et territoire devient un lieu de création partagé. Née à Saint-Pierre et élevée au Tampon, F. Féliks-Waro manifeste très tôt une appétence pour le livre et le dessin. Après un baccalauréat obtenu à seize ans et une licence d’économie à l’université de La Réunion, elle poursuit des études d’art à l’École des beaux-arts de l’île, puis à l’École nationale supérieure des beaux-arts, à Paris. Sa formation s’enrichit d’une approche corporelle et sensitive à travers la danse, la pédagogie perceptive et la méditation.
De retour à La Réunion dans les années 1990, elle participe en 1997 à l’exposition collective Bwadébène (Artothèque de La Réunion). Loin cependant de considérer la diffusion institutionnelle comme une finalité, l’artiste emprunte d’autres chemins : performances, chants, rituels en plein air, illustration de disques et de livres, interventions in situ dans le paysage, gravures commandées par un temple malbar (série Barldon, Mahabarata, exposition Les Totems de l’aube, 2024). En 2006, F. Féliks-Waro fonde Kazkabar, un endroit unique où l’on cultive à la fois la terre et l’esprit, situé à Bois-Rouge, sur les hauteurs de Saint-Paul. Conçue comme une école de la vie, Kazkabar allie culture, écologie et pratiques traditionnelles : poterie, tressage, torchis, papier fait main, plantations, cuisine et le kabar. Lieu d’expérimentation et de transmission, il accueille un public diversifié – enfants, étudiant·es, adultes en réinsertion, aîné·es. Porté avec son entourage et son mari, le chanteur de maloya Danyèl Waro, ce projet collectif réinvente la notion de bitasyon [champ] en la reliant à une démarche artistique et éthique contemporaine. Cette réflexion sur la relation au territoire et au vivant a également nourri son activité d’enseignante à l’École supérieure d’art de La Réunion, notamment au sein de l’atelier Paysage, développé avec Migline Paroumanou.
F. Féliks-Waro s’affirme comme une voix écoféministe : elle questionne les hiérarchies entre arts majeurs et arts mineurs, entre tradition et modernité, entre langue française et créole, entre monde visible et invisible. À travers ce prisme, elle revendique une création « en pleine présence » – une relation continue au paysage, à la mémoire, au vivant et à l’altérité. Depuis 2020, son travail obtient une visibilité croissante dans le champ de l’art contemporain français. Il invite à reconsidérer la place des artistes issu·es de territoires insulaires et celle du paysage subalternisé. En tissant l’intime, le collectif, le rituel et le territoire, l’œuvre de F. Féliks-Waro puise dans les interstices de la vie pour en faire une forme d’archive vivante. Chacune de ses œuvres invite à la rencontre et à l’humilité.
Une notice réalisée dans le cadre du programme « Common Ground »
© Archives of Women Artists, Research and Exhibitions, 2026