Qonaqtar, Almaty Museum of Arts, Almaty, 2025
→At the Crossroads of Asia and Europe: 20th-century Masterpieces from the A. Kasteyev State Museum of Arts in Kazakhstan, Exhibition catalogue, National Arts Club, New York (18 juin – 15 juillet 2018), Almaty, A. Kasteyev State Museum of Arts of the Republic of Kazakhstan, 2018
→Қазақстан республикасының Ә. Қастеев атындағы мемлекеттік өнер музейі [A. Kasteyev State Museum of the Republic of Kazakhstan collection catalogue], Almaty, Oner publishing house, 2003
Qonaqtar, Almaty Museum of Arts, Almaty, 12 septembre 2025 – en cours
→At the Crossroads of Asia and Europe: 20th-century Masterpieces from the A. Kasteyev State Museum of Arts in Kazakhstan, National Arts Club, New York, 18 juin–15 juillet 2018
Peintre, artiste émérite de la République socialiste soviétique kazakhe.
Née en Ukraine, Maria Sergeevna Lizogub grandit au contact de plusieurs disciplines artistiques : enfant, elle pratique la poterie, le dessin, le théâtre et la musique. Elle est diplômée en 1940 de l’Institut d’art de Kyiv, où elle étudie auprès d’artistes tels que Fedir Krychevsky (1879-1947), Oleksii Shovkunenko (1884-1974) et Michail Sjaronov (1881-1957). En 1941, elle emménage à Alma-Ata (actuel Almaty), qui est alors la capitale de la République socialiste soviétique kazakhe. M. S. Lizogub passera la majeure partie de sa vie dans cette ville, qu’elle quittera peu après l’indépendance du Kazakhstan en 1991, à la suite de la chute de l’URSS. Son héritage est aujourd’hui profondément enraciné dans l’histoire de l’art du Kazakhstan, où elle occupe une place importante au XXe siècle.
Si la migration forcée est un phénomène répandu en contexte soviétique, c’est bien de son plein gré que M. S. Lizogub quitte une république européenne pour une république centre-asiatique. Elle visite Alma-Ata pour la première fois en 1938 d’abord en raison de sa fascination pour Jambyl Jabayev, un akyn (poète et conteur) kazakh et soviétique à qui elle consacre son mémoire de fin d’études à Kyiv. Puis elle y retourne en 1941 pour s’y installer et prend part aux années de formation de l’école kazakhe de peinture. Son solide bagage académique ukrainien lui permet d’apporter une contribution importante à cette scène artistique nationale émergente.
Membre active de l’Union des artistes d’URSS, où elle est admise en 1940, M. S. Lizogub travaille aussi comme peintre pour le théâtre de marionnettes d’Alma-Ata. Sa carrière prend place dans un contexte où domine le paradigme du réalisme socialiste, qui façonne une grande partie des productions culturelles soviétiques – c’est à travers ce filtre que son héritage artistique doit aujourd’hui être considéré. Dans sa pratique de la peinture à l’huile, le portrait est un genre central, en particulier le portrait féminin. L’historiographie soviétique met souvent en avant son habileté à exprimer la profondeur psychologique et la subtilité des émotions de ses sujets. À partir du milieu des années 1950, son œuvre se diversifie pour inclure des natures mortes et des paysages, mais la figure humaine reste centrale même dans ces genres. Profondément inspirée par la culture kazakhe, M. S. Lizogub représente souvent des scènes de la vie quotidienne et des coutumes traditionnelles. Elle habille ses personnages de costumes locaux et immortalise des moments caractéristiques de l’activité domestique. Ses œuvres les plus notables, comme Сказка [Conte de fées, 1958] et Народная мастерица [Artisane traditionnelle, 1961], témoignent de cet intérêt.
Au fil de cinq décennies de vie et de création ancrées au Kazakhstan, M. S. Lizogub produit un riche corpus d’œuvres mettant en avant le pays comme un lieu où se rencontrent des traditions culturelles et artistiques diverses. Ses peintures font partie des collections du musée d’État des arts Abilkhan Kasteyev du Kazakhstan, du musée régional d’Art de Pavlodar et du musée des Arts d’Almaty.
Une notice réalisée avec le soutien de l’ambassade de France au Kazakhstan
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