Beatriz González, retrospectiva, cat. exp., Museo des Bellas Artes, Caracas (12 juin – 21 aout 1994), Caracas, Museo des Bellas Artes, 1994
→Jaramillo, Carmen Maria, Beatriz González, Bogotá, Villegas Asociados, 2006
→Beatriz González. La comedia y la tragedia, cat. exp., Museo de arte moderno, Medellín (23 novembre 2011 – 4 mars 2012), Medellín, Museo de arte moderno, 2011
Beatriz González, CAPC, Bordeaux, 23 novembre 2017 – 25 février 2018 ; Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia, Madrid, 22 mars – 2 septembre 2018 ; Kunst-Werke Institute for Contemporary Artn Berlin, 13 octobre 2018 – 6 janvier 2019
→Beatriz González: a retrospective, Pérez Art Museum Miami, Miami, 19 avril – 1 septembre 2019 ; The Museum of Fine Arts, Houston, 27 octobre 2019 – 20 janvier 2020
Peintre, historienne de l’art et critique d’art colombienne.
Beatriz González étudie les beaux-arts à l’Universidad de los Andes à Bogota et la gravure à la Rijksakademie van beeldende kunsten d’Amsterdam. Elle expose seule pour la première fois en 1964 au Museo de Arte Moderno de Bogota, avec sa série des Encajeras [Dentellières, années 1960], inspirée du célèbre tableau de Johannes Vermeer. Elle y montre ce qui deviendra récurrent dans son œuvre : une étude minutieuse des peintures classiques, ainsi qu’un intérêt pour la saturation et le contraste des couleurs. Au fur et à mesure de sa carrière, l’artiste prend conscience de l’entrecroisement des tableaux des grands maîtres et de la signification nouvelle qu’ils revêtent dans les pays dits du tiers monde, comme la Colombie, où ces images, omniprésentes dans les médias de masse, sont aussi répandues dans de nombreux pans de la société. Ce lien entre peinture classique et traditions populaires a fait de B. González l’une des précurseuses de ce que l’on appelait alors la neofiguración (néofiguration), mieux connue aujourd’hui sous le nom de pop art. La série de tableaux Los Suicidas del Sisga [Les suicidés de Sisga], de 1965, se fonde sur un fait divers paru dans le journal El Tiempo et montre un couple qui s’était donné la mort en se jetant du barrage de Sisga. D’autres séries reproduisent des images de politiciens, des portraits de famille publiés dans les carnets du jour des journaux, ou des scènes naïves peintes sur les autobus.
La force politique des œuvres de B. González est telle que l’on considère que l’artiste a joué un rôle majeur dans le développement de l’art conceptuel en Colombie. Avec Los Suicidas del Sisga, B. González a remporté le deuxième prix au XVIIo Salón de Artistas Nacionales (Salon des artistes nationaux, 1965). Elle a reçu d’autres récompenses au cours de sa carrière, notamment un deuxième prix au Io Salón de Pintura de Cali (Salon de peinture, 1965) et une mention spéciale au XXXIIIo Salón Nacional de Artistas (Salon national des artistes, 1990). À ces marques de reconnaissance, on peut ajouter ses participations à d’importantes biennales, comme la XIe Biennale de São Paulo (1971), la XXXVIIIe Biennale de Venise (1978), la VIIIe Biennale de Berlin (2014) et la documenta 14 à à Athènes et Cassel (2017). Plus récemment, Los Suicidas del Sisga et son tableau-meuble La Última Mesa [La dernière table, 1970] ont figuré à l’exposition The World Goes Pop à la Tate Modern, à Londres (2015). Le travail de B. González s’étend au-delà des murs des galeries d’art. Depuis 1983, elle est la commissaire de nombreuses expositions en Colombie et publie des monographies sur des artistes, comme Luis Caballero (1943-1995). Ses œuvres sont présentes dans des collections internationales telles que celles de la Casa de las Américas à La Havane, du Museum of Modern Art et d’El Museo del Barrio à New York, ainsi que dans des musées colombiens.
Publication réalisée en partenariat avec le Hammer Museum, dans le cadre de l’exposition Radical Women: Latin American Art, 1960-1985.
© Radical Women: Latin American Art, 1960-1985
© Archives of Women Artists, Research and Exhibitions