Krauss Rosalind E., Beverly Pepper: Sculpture in Place, New York, Abbeville Press, 1986
→Rose Barbara, Beverly Pepper: Three Site Specific Sculptures, Washington, Spacemaker Press, 2006
→Hobbs Robert Carleton, Gribaudo Paola, Beverly Pepper. Monumenta, Milan, Skira, 2012
Stone and Steel, New Works by Beverly Pepper, Georgia Museum of Art, Athens, 30 janvier – 30 novembre 2011
→Beverly Pepper: Palengenesis 1962-2012, Frederick Meijer Gardens & Sculpture Park, Grand Rapids, 25 mai – 26 aout 2012
→Beverly Pepper, selected works 1968-2015, Kayne Griffin Corcoran Gallery, Los Angeles, 21 janvier – 18 mars 2017
Sculptrice états-unienne.
Après une première vie de directrice commerciale d’une agence de publicité à New York, Beverly Pepper rejoint Paris en 1949, où elle étudie la peinture à l’académie de la Grande Chaumière, avant de s’installer en 1951 à Rome avec son époux, Curtis Bill Pepper. Elle s’y fait alors connaître pour sa peinture expressionniste semi-abstraite et se convertit à la sculpture sur bois et pierre, au début des années 1960. En 1962, à l’occasion d’une exposition en plein air aux côtés de sculpteurs importants (les Américains David Smith et Alexander Calder, entre autres) à Spolète (Italie), elle apprend à travailler et à fondre les métaux, en particulier l’acier qui devient son matériel de prédilection. Cette implication physique qu’exige la fonte est exceptionnelle pour une femme, surtout dans un milieu très masculin. Au milieu des années 1960, elle crée des sculptures géométriques en acier dont les surfaces extérieures sont abrasives, irrégulières. En revanche, les surfaces intérieures arborent souvent de vives couleurs qui contrastent avec ces « viscères de l’acier » qu’elle dit montrer. À la fin des années 1960, elle commence à travailler l’acier inoxydable dont elle apprécie les capacités de réflexion. Ses sculptures se font plus monumentales, les formes plus minimalistes.
De très grands rectangles ou triangles, isolés ou en groupe, placés en extérieur dans le contexte d’installations (Via Appia Antica, Rome, 1969), découpent des morceaux choisis de paysage dont ils deviennent le cadre et le miroir. En 1972, elle participe à la Biennale de Venise. Ses sculptures témoignent dès lors d’un élan toujours plus vertical : elle les décline en acier, en fer forgé, en bronze, et même en pietra serena, la pierre grise de l’architecture florentine, sous la forme totémique d’outils de la sculpture rendus monumentaux (Basalt Ritual, 2,41 m de hauteur, 1985-1986) ou sous des apparences abstraites (Normanno Wedge, 1983). Entre 1979 et 1981, elle installe certains de ces monolithes, appelés Sentinels [sentinelles], à Todi en Italie, puis à New York, au milieu des années 1990 : les Manhattan Sentinels sont cette fois hautes de 11 à 30 mètres. À partir des années 1970, la sculptrice s’attelle aussi à des œuvres publiques de très grande ampleur, comme Sol i ombra park [parc du soleil et de l’ombre, 1986-1989] pour la cité de Gaudí (Barcelone) : une spirale plantée d’arbres et une colline convexe couverte d’herbe y rencontrent une mosaïque de céramique, indubitable hommage à l’artiste catalan.