Chahine, Richard, Cent Ans d’Art Plastique au Liban 1880-1980, Beyrouth, 1982
→Lahoud, Edouard, Contemporary Art in Lebanon, Beyrouth, 1974
Odile Mazloum, Galerie Elcir, Beyrouth, avril 1983
→Odile Mazloum, Galerie l’Amateur, Beyrouth, novembre-décembre 1968
→Odile Mazloum, Hôtel Carlton, Beyrouth, avril 1963
Peintre et galeriste libanaise.
Passionnée par l’art depuis l’enfance, Odile Mazloum commence à prendre des cours de dessin et de peinture à la fin des années 1950, alors qu’elle est encore à l’école, auprès de Georges Corm (1896-1971) au Cercle de la jeunesse catholique de Beyrouth. Elle s’inscrit ensuite à l’American University of Beirut avant d’entreprendre en 1961 un diplôme à l’Académie libanaise des beaux-arts, où elle étudie entre autres sous la direction d’Yvette Achkar (1928-2024), de Paul Guiragossian (1926-1993), de Nadia Saikali (née en 1936) et de Rafic Charaf (1932-2003). Elle retourne à l’American University of Beirut l’année suivante et fréquente aussi les ateliers de Georges Cyr (1881-1964) et de Guvder (1923-2016). En 1964, elle se rend à Paris pour passer une année à l’École nationale supérieure des beaux-arts et à l’École du Louvre. Ce dynamisme et cette soif d’apprendre sont caractéristiques d’O. Mazloum. Dès sa jeunesse, elle a l’ambition d’être à la fois artiste et galeriste ; enfant, elle collectionnait déjà des œuvres d’art. À son retour à Beyrouth, elle ouvre sa première galerie, L’Amateur, dans le quartier de Hamra.
Les carrières d’artiste et de galeriste d’O. Mazloum se développent en parallèle. Exposante régulière, à partir de 1962, aux salons du ministère libanais de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts et du musée Sursock ainsi qu’à la Biennale d’Alexandrie, en Égypte, elle a sa première exposition individuelle à l’hôtel Carlton, à Beyrouth, en 1963. La même année, elle devient membre de l’Association des artistes peintres et sculpteurs du Liban. En 1964, sa deuxième exposition individuelle a lieu à l’hôtel Saint-Georges. Par ailleurs, elle montre ses œuvres à L’Amateur en 1968, 1971 et 1974, entre les présentations monographiques d’artistes tels que P. Guiragossian, Cici Sursock (1923-2015), Vahé Barsoumian (né en 1943), Olga Limansky (1903-1988) et Farid Aouad (1924-1982), dont le travail la passionne. Après l’éclatement de la guerre civile libanaise (1975-1990), elle est contrainte de fermer L’Amateur vers 1977. Elle continue toutefois à peindre et à exposer son travail et rouvre une galerie à Kaslik, au nord de Beyrouth, en 1987, sous le nom de Alwane (« couleurs » en arabe).
Les couleurs sont centrales dans l’œuvre d’O. Mazloum : elle « fait de plus en plus chanter la couleur », écrit ainsi un critique à l’occasion de son exposition de 1968. Ses sujets principaux sont les figures et les paysages, qu’elle peint de mémoire, en puisant dans son imagination. Entre l’abstraction et la figuration, ses œuvres vibrent d’énergie et reflètent sa nature impulsive. Son travail est souvent décrit comme authentique. Fleurs illustre bien son usage de la couleur et de la composition. Dans Réfugiés, on peut voir la diversité des expressions sur les visages peints, ceux de femmes et d’enfants fuyant pendant la guerre civile.
Les œuvres d’O. Mazloum sont conservées dans des collections publiques et privées, principalement au Liban, notamment le Beirut Museum of Art et la Dalloul Art Foundation, mais aussi à l’étranger, comme la Barjeel Art Foundation de Sharjah, aux Émirats arabes unis. O. Mazloum enseigne également la peinture, aussi bien à des amateurs, adultes et enfants, qu’au sein de l’Académie libanaise des beaux-arts.
Une notice réalisée par AWARE : Archives of Women Artists, Research and Exhibitions, en partenariat avec le Beirut Museum of Art (BeMA).
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