Renée Green, between and including, Vienne, Secession, 2001
→Renée Green, ongoing becomings, retrospective 1989-2009, cat. expo., Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne, Lausanne (19 septembre 2009 – 3 janvier 2010), Lausanne/Zurich, Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne/JRP Ringier, 2009
Renée Green, Flow, Fri-Art Centre d’Art Contemporain, Fribourg, 1996
→Renée Green, Wavelinks, Contemporary Arts Center, Cincinnati, 27 février – 16 mai 2004
→Renée Green: Endless Dreams and Water Between, National Maritime Museum, Greenwich, 22 janvier – 21 avril 2009
Artiste, écrivaine et réalisatrice états-unienne.
Outre son activité artistique, Renée Green a été professeure dans de nombreuses universités, en Europe et en Amérique. Son travail est le fruit d’un double héritage : l’art conceptuel et postminimal, et le discours critique postcolonial. Au cœur de ses préoccupations se trouvent la place de l’individu dans l’histoire et la question de l’identité. Elle réalise des installations complexes, souvent participatives, composées de dessins, photographies, textes, vidéos et archives historiques ou personnelles toujours reliées au présent. Parmi ses œuvres critiques envers le colonialisme, on peut citer les installations Color II (1990), qui souligne l’arbitraire des liens fréquents entre couleurs et races, et Seen (1990), en hommage à Saartjie Baartman, la Vénus hottentote ou Vénus noire exhibée dans des foires au XIXe siècle. Cette création invite le visiteur à monter sur une plateforme entourée de documents ; avec la projection de son ombre sur un mur, il passe alors de la position de regardeur, à celle de regardé.
Dans la même perspective, l’artiste fait imprimer en 1993 Commemorative Toile, un tissu à l’image de ceux qui étaient destinés à de riches bourgeois du XVIIe siècle, mais dont les motifs reprennent des gravures d’époque : un Européen léchant le visage d’un Noir afin de déterminer sa valeur marchande, ou bien des scènes de la révolution haïtienne où l’on voit des Français pendus. Entre 1993 et 2005, avec sa société de production Free Agent Media, R. Green a produit de nombreux documents sonores et vidéos. Parmi ses travaux récents, elle a réalisé Endless Dreams and Water Between (2008), une œuvre multimédia baignée des voix de quatre femmes ayant chacune un accent différent. Dans un va-et-vient constant entre fiction et réalité, cet échange de lettres imaginaires à propos d’Un hiver à Majorque de George Sand (1842) est l’occasion pour l’artiste d’une réflexion renouvelée sur le croisement de plusieurs mondes, et sur ce qu’Elvan Zabunyan appelle « une archive de soi ».