Dzhurova, Aksiniya, „Вместо прощаване. С обич за Веса Василева (1926–2016)“ [Au lieu de dire au revoir. Avec tout mon amour à Vesa Vasileva], Литературен вестник [Literary newspaper], № 37, novembre 2016, p. 7
→Popov, Kiril, „Изложбите на Веса Василева и Теодор Спиридонов в столицата“ [Les expositions de Vesa Vasileva et Teodor Spiridonov dans la capitale], Литературен вестник [Literary newspaper], № 25, juillet 1997, p. 8
Vesa Vassileva, Krida Art Gallery, Sofia, juillet 1997
Peintre et artiste graphique bulgare.
Vessa Vassileva est, avec Vera Nedkova (1908-1996) et Lika Yanko (1928-2001), l’une des artistes les plus importantes et les plus singulières de la peinture moderne bulgare. Après s’être spécialisée en lettres classiques au lycée de Plovdiv, elle étudie la peinture sous la direction d’Ilia Petrov (1903-1975) à l’Académie nationale des arts de Sofia, dont elle est diplômée probablement en 1950.
Le caractère de V. Vassileva est décrit comme tapageur, sarcastique, « dangereux » (acéré) et malicieux par son amie l’historienne de l’art Aksiniya Dzhurova, commissaire de nombreuses expositions présentant son travail. L’importance des influences du pointillisme, du postimpressionnisme et de l’abstraction sur son œuvre a été reconnue ; on pourrait y ajouter le futurisme et l’expressionnisme abstrait de Mark Rothko (1903-1970). V. Vassileva se lie d’amitié avec certains des représentants les plus originaux de la peinture et du graphisme bulgares, dont Boris Angelushev (1902-1966), Stefan Kanchev (1915-2001), Milka Peykova (1919-2016), Georgi Kovachev (1920-2012), Georgi Baev (1924-2007), Alexander Denkov (1925-1972) et Genko Genkov (1926-2006). Elle œuvre pour les maisons d’édition Балкан [Balkans], Български писател [L’Écrivain bulgare] et Народна младеж [Jeunesse populaire], puis commence à travailler à plein temps pour le magazine Жената днес [La Femme d’aujourd’hui], fondé en 1945, dont la rédactrice en chef est son amie Sonya Bakish. Par la suite, entre 1955 et 1964 environ, elle collabore en tant que graphiste avec le journal Литературен фронт [Front littéraire] (1945-1993), à l’invitation de B. Angelushev, un ami proche et l’un des artistes expressionnistes les plus influents de Bulgarie. Avec celui-ci, M. Peykova et A. Denkov, elle crée une série de timbres très prisés.
À l’âge de quarante ans, V. Vassileva épouse Panayot (Gatso) Panayotov, célèbre footballeur bulgare, qui est sûrement l’inspiration de deux de ses séries les plus fortes, en particulier du point de vue du contexte local : Мъже [Hommes] et Мъже II [Hommes II], créées dans les années 1970 et 1980. Ces œuvres font du corps masculin tantôt une matière sensible vibrante et hyperbolisée, comme dégradée par des substances chimiques agressives, tantôt un squelette, souvent réduit à un torse. Ces représentations peuvent aussi être lues comme un contrepoint au cliché patriarcal du pater familias et aux normes réalistes-socialistes – c’est par exemple le cas avec Възвисяване [Élévation, 1979] et Монумент I [Monument I, 1978].
V. Vassileva développe une pratique originale et poétique, qui se rapproche de l’abstraction. Elle incorpore aussi dans la texture de sa peinture des matériaux comme du sable. Du point de vue des thèmes, son travail peut être regroupé en séries, au sein desquelles on distingue Кукери [Kukeri] et Кукерски маски [Les Masques de Kuker], Жени [Femmes], Мъже [Hommes] et Мъже II [Hommes II], ainsi que Дървета [Arbres], dans des tons roses. Le style de V. Vassileva ne se caractérise pas seulement par l’abstraction, qui n’est pas propre au contexte local (bien que l’on puisse pointer plusieurs exceptions), mais aussi par le rapprochement entre imagerie et aspects organiques – la terre, le sol, la sécheresse du sable, le processus chimique de la corrosion de la matière. Cette caractéristique semble contraster avec l’imagerie complexe et délicate qui nous parvient à travers les explorations de son pinceau.
V. Vassileva participe à des expositions de l’Union des artistes bulgares à Paris, Berlin, Prague, Moscou, Cannes et Mexico. Des expositions individuelles ont lieu à Vienne, Berlin, Chypre, Brême, Sofia et Plovdiv. Ses œuvres font partie des collections de la Galerie nationale de Sofia, de la galerie d’Art de la Ville de Sofia et de musées régionaux dans des villes majeures à travers le pays, ainsi que dans des collections privées en Europe.