Galleri Gången, Janvier 1974. Sigga à côté d’une grande œuvre d’art créée par les enfants qui travaillent avec elle à CHI. Cette œuvre, réalisée à partir de divers déchets, s’étend du sol au plafond. © Extrait du livre Art Can Heal de Ágústa Oddsdóttir, sur la vie et le travail de Sigríður Björnsdóttir, publié chez König Books en 2023.
Station de métro Montparnasse – Bienvenüe, Sortie 2, Lignes 4, 6, 12 et 13
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Sur invitation d’AWARE : Archives of Women Artists, Research & Exhibitions, Initiative for Practices and Visions of Radical Care a imaginé “Care as Methodology”, une série d’événements visant à expérimenter et réfléchir collectivement sur l’intersection entre art et soins. Pour le deuxième événement de cette série, Ágústa Oddsdóttir, Egill Sæbjörnsson et Tamara Singh se réuniront autour d’une conversation sur l’art comme pratique de guérison.
S’appuyant sur le livre Art Can Heal : The Life and Work of Sigríður Björnsdóttir1, l’événement mettra en lumière cette figure de majeure de l’art-thérapie, artiste, compagne de vie et collaboratrice de Dieter Roth.Depuis 1952, Sigríður Björnsdóttir développe des méthodes pour soutenir les enfants hospitalisé·es en abordant leurs émotions par le biais de l’art-thérapie. Ancrée dans le contexte de l’après-guerre, son approche cherche à offrir un espace d’expression des émotions, permettant ainsi aux individus de retrouver le contrôle de leur vie, notamment face aux traumatismes. Dans les cultures anciennes, bien avant que les frontières entre l’art, la médecine et la religion ne soient clairement définies, l’expression artistique était intrinsèquement liée aux pratiques spirituelles et de guérison. Elle constituait une pratique de valorisation de la vie, allant au-delà de la conception contemporaine de l’art comme simple quête esthétique.
Sigríður a reconnu que les éléments tangibles de notre environnement – toucher le sol, les feuilles ou d’autres matières organiques – ont le pouvoir unique de nous reconnecter au monde et de souligner notre relation d’interdépendance avec les humain·es et les non-humain·es. Cette perspective liée au toucher s’inscrit dans la lignée des travaux de Tamara Singh, membre de l’Initiative for Practices and Visions of Radical Care. T. Singh, professionnelle de la santé mentale, thérapeute horticole, art-thérapeute et artiste, travaille avec des personnes qui se sentent marginalisées dans la société française. Sa pratique met l’accent sur la confiance, la joie et le jeu.
Ces thèmes sont également au cœur du travail des artistes Ágústa Oddsdóttir et son fils Egill Sæbjörnsson, tous·teste.s deux influencé·es par l’expérience de l’art-thérapie. Ágústa souligne l’ingéniosité et la résilience des artistes femmes qui se sont efforcées de maintenir leur pratique artistique en dépit des contraintes de la vie domestique. Comme beaucoup de femmes islandaises, elles ont réutilisé de vieux vêtements et des chaussettes pour créer de nouveaux objets prêts à porter. Cette tradition a donné naissance à la série de sculptures d’Ágústa, Mom’s Balls, initiée dans les années 1990. Chaque balle, fabriquée à partir de vêtements déchirés appartenant à des membres de sa famille, porte les secrets de son origine – conservant les souvenirs passés et futurs et les fils d’une connexion transgénérationnelle. Egil Sæbjörnsson souligne, quant à lui, les effets thérapeutiques de l’expression créative en combinant la technologie, la sculpture et le son.
Informations pratiques
Mardi 3 décembre 2024, de 18h à 21h
La conversation se déroulera en anglais.
Ágústa Oddsdóttir est née en 1947 et est actuellement basée entre Reykjavík, Kjós et Berlin. Après avoir mené une carrière d’enseignante en sociologie et de traductrice pendant 15 ans, elle a commencé en 1988 à participer à des ateliers d’art-thérapie avec Sigríður Björnsdóttir pour surmonter sa fatigue créative et émotionnelle. Ces séances ont incité Ágústa à étudier l’éducation artistique à l’école supérieure d’éducation d’Islande, puis à fréquenter l’école supérieure d’art et d’artisanat d’Islande (aujourd’hui Université des arts d’Islande), dont elle est sortie diplômée en 1997, à l’âge de 50 ans. L’approche artistique d’Ágústa est basée sur son travail et son expérience avec Sigríđur Björnsdóttir. Elle vise à exprimer ses émotions, ses souvenirs, le recyclage et les points de vue des différentes générations du 20e et du 21e siècle. Le livre Art Can Heal a été écrit par l’artiste visuelle Ágústa Oddsdóttir dans le but de partager la magie de l’expérience qu’elle a vécue en suivant le programme d’art-thérapie de Sigríđur Björnsdóttir.
Sigríđur Björnsdóttir est une artiste islandaise et une pionnière de l’art-thérapie. Elle est née en 1929 à Flaga, à Skaftártunga, dans le sud de l’Islande, et vit actuellement à Reykjavík. De 1957 à 1964, elle a été mariée à l’artiste suisse allemand Dieter Roth. Elle a commencé à développer sa méthode originale pour aider les enfants malades à explorer et à s’exprimer à travers l’art lors de son travail en tant qu’interne dans des hôpitaux pour enfants à Londres et à Copenhague durant les étés de 1952 à 1957. Au cours de sa carrière, Sigríður a été sollicitée dans le monde entier pour donner des conférences et organiser des expositions sur son travail thérapeutique novateur avec les enfants lors de congrès internationaux, notamment à Los Angeles, Buenos Aires, Sao Paolo, Chicago, Melbourne, New Dehli, Manille et Athènes.
Egill Sæbjörnsson est un artiste visuel, un musicien et un interventionniste en architecture né en 1973 en Islande et actuellement basé à Berlin. Depuis les années 1990, il réalise des œuvres d’art qui associent des environnements 3D, des projections numériques, la technologie et le son. Sæbjörnsson conçoit son travail comme une continuation technologique de la peinture et de la sculpture, explorant l’espace entre le virtuel et le physique. Les œuvres de Sæbjörnsson ont été exposées au Martin Gropius Bau Berlin, au Royal College of Art London, au PS1 MoMA New York, au Watermill Center, au Museum of Modern Art Sydney, au Museum of Contemporary Art Seoul, à la Galleria Nazionale d’Arte Moderna e Contemporanea Roma, au Hamburger Bahnhof Berlin, au Frankfurter Kunstverein, au Amos Rex Museum, au Moderna Museet Stockholm, à l’Oi Futuro Rio de Janeiro, à la Biennale de Dakar et à la National Gallery of Prague. Il a représenté l’Islande à la 57e Biennale de Venise et, en 2019, a été nommé pour le prix d’art Ars Fennica en Finlande.
Tamara Singh est une professionnelle de la santé mentale, une thérapeute horticole et une art-thérapeute, qui utilise l’écriture créative et les arts visuels comme médias dans le processus de guérison. Anciennement à l’hôpital NYU Langone à New York et à l’hôpital psychiatrique parisien Sainte-Anne, elle continue aujourd’hui à travailler pour des institutions culturelles indépendantes et en pratique privée avec un réseau de psychothérapeutes offrant un soutien aux artistes, aux communautés queers/trans et post-coloniales. Cofondatrice et membre du conseil d’administration de deux ONG, elle milite également pour des initiatives de santé mentale dans des espaces de solidarité. En tant qu’artiste, Tamara Singh travaille avec des volumes. Tisseuse de formation, elle « écoute plus souvent les choses que les êtres, car ce sont ses ancêtres qui parlent » (Birago Diop). Elle travaille le saule, le jonc, l’argile, la terre, arrangeant le sens et la matière organique dans des expositions éphémères. Elle explore également l’espace et le volume au violoncelle, par la poésie, la voix et l’image (court métrage).
Initiative for Practices and Visions of Radical Care, lancée en 2020 dans la région du Grand Paris, est un groupe diversifié de praticiens des arts, de l’artisanat, de la philosophie, de la guérison et de la thérapie provenant de zones géographiques très dispersées. Ni collectif classique, ni structure rigide, l’initiative recherche et réinvente des modes d’institutionnalisme durable. Fondée sur des amitiés et des liens professionnels, elle fonctionne comme un écosystème et encourage l’interdépendance et la solidarité au-delà de l’identité. L’accent mis sur les soins est mis en œuvre sous la forme d’un flux d’activités qui nourrissent les individus et soutiennent les liens sociaux, environnementaux et politiques, en se concentrant autant sur les processus et les méthodes que sur les résultats. Par le biais d’initiatives artistiques et curatoriales fluides, l’initiative embrasse les langages, les énergies, les histoires, les paysages, les corps et les matériaux qui reflètent une relation non-extractive et sensible à l’humain et au non-humain.