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Critique

Persistance coloniale : Leonor Antunes et Nguyen Trinh Thi

11.01.2016 |

Ngyuen Trinh Thi, Lettres de Panduranga, 2015, coproduction: Jeu de Paume, Paris, Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques et CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux, avec le soutien du Cultural Development and Exchange Fund, © Ngyuen Trinh Thi, 2015

Le CAPC de Bordeaux présente concomitamment plusieurs expositions de créatrices : Leonor Antunes occupe la grande nef, Andrée Putman un espace dans les étages et une vidéo de Nguyen Trinh Thi dans une salle du rez-de-chaussée.

Persistance coloniale : Leonor Antunes et Nguyen Trinh Thi - AWARE Artistes femmes / women artists

Leonor Antunes, Anni # 18, 2015, vue de l’exposition au CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux, © Photo : Nick Ash

Les œuvres de Leonor Antunes et Nguyen Trinh Thi, nées au début des années 1970, respectivement au Portugal et au Vietnam, empruntent des formes très différentes, mais s’attachent toutes deux à souligner la persistance coloniale dans les temps présents.

L’installation Le plan flexible, réalisée par Leonor Antunes, confronte des éléments métalliques fragiles à l’immensité de l’architecture de l’ancien entrepôt de denrées coloniales. Les structures ancrées au sol et celles aériennes évoquent les systèmes de levage et de circulation des marchandises, qui s’inscrivaient dans le commerce triangulaire. La magie de la structure dorée et légère prend racine sur une réalité plus sordide.

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Ngyuen Trinh Thi, Lettres de Panduranga, 2015, coproduction: Jeu de Paume, Paris, Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques et CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux, avec le soutien du Cultural Development and Exchange Fund, © Ngyuen Trinh Thi, 2015

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Ngyuen Trinh Thi, Lettres de Panduranga, 2015, coproduction: Jeu de Paume, Paris, Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques et CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux, avec le soutien du Cultural Development and Exchange Fund, © Ngyuen Trinh Thi, 2015

De même, Nguyen Trinh Thi s’attache, dans une vidéo de 35 minutes, Lettres de Panduranga (2015), à l’histoire occultée du peuple matriarcal cham du sud du Vietnam. Par une balade ethnographique auprès des habitant-e-s d’un village, la vidéaste nous entraîne dans les paysages et les architectures de la région, accompagnée de voix qui évoquent sa position d’artiste, les objets insérés dans des collections d’art coloniales, des rituels, l’invasion française, puis vietnamienne, la volonté d’y implanter une centrale nucléaire dans la plus grande opacité. Par une approche très fine, l’artiste imbrique les temps, les lieux, les mémoires, tisse des liens entre les différentes dominations et souligne la force de résistance lisible sur ces visages. On touche à un monde en survie, dont la délicatesse des liens rejoint ceux de Leonor Antunes, pour montrer l’histoire cachée qui structure le présent.

Au CAPC-musée d’art contemporain de Bordeaux, jusqu’au 17 avril 2016 pour Leonor Antunes et jusqu’au 14 février pour Nguyen Trinh Thi.

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