Buhlebezwe Siwani, Amahubo, 2018 © Buhlebezwe Siwani
Station de métro Montparnasse – Bienvenüe, Sortie 2, Lignes 4, 6, 12 et 13
La Villa Vassilieff est accessible aux personnes à mobilité réduite grâce à des aménagements spécifiques (rampe d’accès, toilettes et ascenseurs adaptés).
De plus, plusieurs places de stationnement réservé sont disponibles à proximité de la Villa Vassilieff :
• devant le 4 rue d’Alençon, 75015 Paris
• devant le 7 rue Antoine Bourdelle, 75015 Paris
• devant le 23 rue de l’Arrivée, 75015 Paris
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Cette séance, organisée dans le cadre du programme de recherche Common Ground: Ecologies féministes et décoloniales et conçue par la commissaire Nkule Mabaso, repose sur la conscience que les défis environnementaux actuels sont profondément liés aux histoires du colonialisme, de la dépossession des terres et des luttes pour les droits des peuples autochtones. Elle explore la manière dont les artistes contemporaines s’emparent des récits climatiques en adoptant une approche critique. Reconnaissant que la crise climatique est indissociable de contextes sociaux et politiques plus larges, les artistes présentées dans cette session examinent les relations entre terres, ressources et changement climatique à travers différentes géographies.
Leurs œuvres mobilisent des vocabulaires spéculatifs et poétiques — déployant des métaphores et analogies souvent absentes des discours climatiques dominants — afin d’imaginer de nouvelles façons de comprendre et de répondre aux enchevêtrements historiques et environnementaux. À travers les films et les échanges, Climate Fictions interroge les stratégies employées par les artistes pour aborder un monde façonné par le colonialisme de peuplement et par les intersections entre autochtonie, transformations écologiques et financiarisation du vivant.
La séance débutera par une introduction de la commissaire Nkule Mabaso et d’Anaïs Roesch, coordinatrice scientifique de Common Ground, suivie d’une discussion avec les artistes Eline Benjaminsen, Ola Hassanain et Buhlebezwe Siwani, ainsi qu’avec le leader communautaire et défenseur des droits à la terre Elias Kimaiyo et le sociologue et historien Brice Molo, qui apporteront des éclairages contextuels reliant les idées et cadres conceptuels au cœur de ce moment partagé de réflexion et d’enquête.
Films présentés :
Buhlebezwe Siwani, AmaHubo, 2018 – 14’31’’
Eline Benjaminsen et Elias Kimaiyo, Footprints in the Valley, 2024 – 09’05’’
Ola Hassanain, The Watcher, 2024 – 19’19’’
Informations pratiques
Vendredi 12 décembre 2025, de 18h à 21h
Entrée libre sur inscription ici
L’événement se déroulera en anglais et en français
Les œuvres d’Eline Benjaminsen restituent son observation de la rencontre entre logiques implacables du marché et la crise écologique, créant des espaces toujours étranges et violents, bien que souvent invisibles. Son approche « follow-the-money » est basée sur la caméra et fusionne des techniques associées à la tradition de la photographie documentaire et des représentations expérimentales. Sa pratique s’articule donc autour d’œuvres vidéo, d’impressions et de publications. Benjaminsen collabore avec diverses plateformes et personnes, allant de chercheur·euses et militant·es à la presse financière. Ses œuvres ont récemment été exposées à Fotonoviembre, Tenerife (ESP), Høstutstillingen/Kunstnernes Hus (NO), Oslo Kunstforening (NO), Radius Centre for Art and Ecology (NL), Wereldmuseum Amsterdam (NL) et KunstHaus Wien (AUST).
Ola Hassanain s’intéresse à la politique subtile de l’espace, à savoir la manière dont les espaces construits réagissent à la violence des entités étatiques et la renforcent. Ces dynamiques créent à un environnement bâti qui reflète, répond et régule la vie de ceux qui l’habitent. Le travail de Hassanain le plus récent explore l’idée de « l’espace comme discours », une notion élargie de l’espace qui englobe les questions politiques et environnementales. Dans ses œuvres, elle tente de développer un vocabulaire spatial qui suit la manière dont les ruptures présentées par les « événements politiques » permettent d’aspirer à de nouveaux types d’écologies. Son développement d’une pratique spatiale critique s’inspire en partie de sa formation post-universitaire, qui comprend un doctorat en cours à l’Académie des Beaux-Arts et une bourse BAK 2017-201
Elias Kimaiyo vit et travaille à Embobut, au Kenya. Il est un leader de la communauté autochtone Sengwer de la forêt d’Embobut et journaliste communautaire. Il lutte comme défenseur des droits fonciers et des droits humains et, avec d’autres leaders communautaires, il milite pour la reconnaissance et le respect des droits fonciers ancestraux. Kimaiyo travaille en étroite collaboration avec des alliés communautaires tels que des organisations de la société civile, des journalistes, des chercheurs et des parajuristes afin de sensibiliser le public à la violence dont son peuple est victime en raison de la conservation néolibérale. En 2017, il a été déclaré Défenseur des droits humains de l’année par la Defenders Coalition.
Nkule Mabaso est conservatrice, artiste et chercheuse. Elle occupe actuellement le poste de directrice de la Fotogalleriet à Oslo. En tant que chercheuse doctorante à la HDK-Valand, Université de Göteborg, Mabaso étudie les pratiques curatoriales dans les cadres postcoloniaux et écologiques. Elle est titulaire d’une maîtrise en conservation de l’Université des arts de Zurich et d’une licence en beaux-arts de l’Université du Cap. Ses travaux mettent l’accent sur la collaboration, les méthodologies décoloniales et la réinvention du potentiel social et politique de l’art.
Brice Molo est titulaire d’un doctorat en histoire (Université de Yaoundé I, Cameroun) et en sociologie (EHESS, Paris, France). Il est maître de conférences en sociologie à l’Institut catholique de Paris, où il enseigne l’histoire de la pensée écologique, la sociologie du risque et l’épistémologie des sciences sociales. Ses recherches portent sur les risques, les catastrophes et les morts massives dans les situations coloniales et postcoloniales.
Anaïs Roesch est chercheuse et militante engagée dans la transition écologique dans le domaine des arts visuels. Diplômée de Sciences Po Grenoble, de l’Université andine Simón Bolivar de Quito et de l’Académie des beaux-arts de Leipzig, elle prépare actuellement un doctorat en sociologie (Paris 1 Panthéon-Sorbonne) sur les parcours d’engagement écologique des artistes visuels en France. En 2015, elle a produit ArtCOP21, un festival dédié aux questions climatiques, pour l’association COAL. En 2019, elle a initié puis co-dirigé le projet sur la décarbonisation du secteur culturel au sein du think tank The Shift Project. En 2021, elle a publié, en collaboration avec David Irle et Samuel Valensi, Decarbonizing Culture: Facing Global Warming, the New Challenges for the Sector (Presses Universitaires de Grenoble). Elle enseigne à Sciences Po Paris et travaille régulièrement avec le secteur des arts visuels sur ces questions. Elle a également travaillé pendant dix ans dans la coopération internationale pour diverses organisations.
Buhlebezwe Siwani travaille dans les domaines de la performance, de la photographie, de la sculpture et de l’installation. Son travail interroge le cadrage patriarcal du corps féminin noir et l’expérience des femmes noires dans le contexte sud-africain. En tant que sangoma initiée, guérisseuse spirituelle qui travaille dans l’espace entre la mort et la vie, Siwani a concentré sa pratique artistique sur la ritualité et la relation entre le christianisme et la spiritualité africaine. Son propre corps est au cœur de son travail, fonctionnant à plusieurs niveaux comme sujet, objet, forme, médium, matériau, langage et lieu.