Azize Vargas, Yamila, « Tenía su firma pero no la veían: Amalia Cletos Noa: Maestra de la pintura del Siglo XIX en Puerto Rico », in Yamila Azize Vargas (dir.), Pioneras del Siglo XIX en las artes y la educación, San Juan, Liga de Arte de San Juan y Fundación Puertorriqueña de las Humanidades, 2025, p. 11-44
→Angelis, María Luisa, « Amalia Cletos Noa », Mujeres puertorriqueñas: que se han distinguido en el cultivo de las ciencias, las letras y las artes desde el siglo XVII hasta nuestros días, San Juan, Tip. de Real Hermanos, 1910, p. 53-54
→Daubón, José Antonio, « Amalia Cletos Noa, Mi corazón », Cosas de Puerto Rico, San Juan, Tipografía del Boletín Mercantil, 1905, p. 65-68
Segunda Exposición Pública de Bellas Artes, Agricultura y la Industria en San Juan, 10 – 29 juin 1855, Junta de Comercio y Fomento, San Juan
→Primera Exposición Pública de la Industria, Agricultura y Bellas Artes en San Juan, 8 – 30 juin 1854, San Juan
Artiste et éducatrice portoricaine.
Née dans une famille d’afro-descendant·es, Amalia Balbina Cletos Noa est l’aînée des trois filles (Amalia, Asunción et Magdalena) de Simona Graulló et Juan Cletos Noa (env. 1800-env. 1885). Son père est un artisan autodidacte qui peint des plaques de rue à San Juan et conçoit des manuscrits officiels pour le gouvernement. Il assure la formation artistique de ses trois filles, qui suivent toutes ses traces. La famille fonde le Taller Cletos Noa, un atelier qui fait office de centre culturel, d’école de jeunes filles, de musée et de lieu de rencontres musicales et théâtrales. Le Taller présente ses œuvres à deux reprises et se voit attribuer une médaille d’or et d’argent : en juin 1854 à la Primera Exposición Pública de la Industria, Agricultura y Bellas Artes [Première exposition publique de l’industrie, de l’agriculture et des beaux-arts] de San Juan et en juin 1855 à la Segunda Exposición Pública de Bellas Artes, Agricultura y la Industria [Seconde exposition publique des beaux-arts, de l’agriculture et de l’industrie] de San Juan.
Un tableau figurant saint Pierre et intitulé Un santo [Un Saint, 1854], lauréat de la médaille d’or lors de la première exposition, est le seul à avoir survécu à cette dernière. Une autre œuvre est rescapée de la seconde manifestation : El pescador napolitano [Le Pêcheur napolitain, 1855], actuellement conservée au musée d’Art de Porto Rico. Il s’agit d’une représentation puissante de Masaniello, meneur d’un soulèvement contre la monarchie espagnole à Naples en 1647 et icône européenne qui inspira des opéras, des romans historiques et de nombreuses peintures. Il y apparaît coiffé d’un bonnet phrygien rouge, symbole du combat pour la liberté devenu populaire après la Révolution française. Lorsqu’A.B. Cletos Noa expose cette œuvre, Porto Rico est encore une colonie espagnole.
Seuls sept tableaux d’A.B. Cletos Noa ont été retrouvés à ce jour. Outre les deux mentionnés ci-dessus, on dénombre : La Dolorosa [Notre-Dame des Douleurs, 1847], Las ánimas del purgatorio [Les Âmes au purgatoire, 1855], Un monje [Moine, vers 1855], Santísima Trinidad [Sainte Trinité, 1868] et Virgen del Carmen [Notre-Dame du Carmel, 1861]. Cependant, les nombreuses œuvres cataloguées à l’époque constituent la preuve de sa production prolifique et de ses grandes compétences intellectuelles et artistiques. Ces créations témoignent de sa maîtrise technique dans plusieurs disciplines, dont la peinture à l’huile, l’aquarelle, l’encaustique, le dessin et la broderie. Ses sujets de prédilection sont l’histoire, la mythologie, l’opéra, la sculpture et la religion. Les notices nécrologiques qui lui sont dédiées dans la presse, ainsi que les brèves biographies, attestent de la reconnaissance dont elle bénéficie au sein de sa communauté, à la fois en tant qu’artiste et qu’éducatrice. On s’en souvient aussi comme d’une « enseignante brillante ».
L’histoire d’A.B. Cletos Noa est mise au jour en 2021, lorsqu’un imposant tableau est décroché pour restauration à l’église San Germán de Auxerre, à Porto Rico. Une inscription est découverte à l’arrière de la toile : « Amalia B. Cletos Noa, pinxit, 28 septembre 1855 ». Pendant plus d’un siècle ce tableau, Las ánimas del purgatorio, avait été attribué à José Campeche (1751-1809), un célèbre peintre portoricain. En réalité, cette copie par A.B. Cletos Noa d’après J. Campeche fait deux fois la taille de son modèle. Elle se trouve également à l’origine de deux autres peintures à l’huile signées de sa main mais longtemps imputées à Campeche : Santísima Trinidad et Virgen del Carmen. La plupart des historien·nes la considèrent comme une « imitatrice » et par conséquent ne parviennent pas à reconnaître l’originalité de son œuvre, la profondeur de son intellect et son statut de pionnière de l’art portoricain du xixe siècle.