Katz, Gry Iverslien, Den gåtefulle Joronn Sitje: om Afrika, kunsten og kjærligheten, Oslo, Messel, 2011
→Högkvist, Stina, « Mörka hemligheter: Representationer av det vita och svarta Afrika i Nasjonalgalleriets samling, » Kunst og kultur 93, no. 3, 2010, p. 180-91
→Graham, Beate, « Joronn Sitje og Karen Blixen, » Kunst og kultur 89, no. 1, 2006, p. 48-57
Exposition individuelle, Kunstnerforbundet, Oslo, 1925 ; 1931 ; 1933 ; 1942 ; 1946 ; 1961 ; 1976
→Exposition individuelle, Kunstnernes Hus, Oslo, 1935 ; 1939 ; 1940 ; 1941 ; 1949
→Exposition individuelle, Blomqvist, Oslo, 1923
Peintre norvégienne.
Les tableaux de Joronn Sitje sont vifs et expressionnistes et abordent des sujets aussi variés que le politique, l’utopique et le symbolique en passant par des représentations de son environnement immédiat, notamment des intérieurs, des portraits, des animaux et des paysages, nombre desquels sont peints au Kenya, où elle réside pendant plusieurs années.
J. Sitje naît à Christiania (actuelle Oslo). En 1913, elle emménage avec sa famille à Hokksund, une petite ville à l’ouest de Christiania où son père, Olaf Halvorsen Sitje, est nommé à un poste de magistrat. En 1914, à l’âge de dix-sept ans, elle s’inscrit à la Statens Håndverks- og Kunstindustriskole [École nationale d’art et de dessin industriels] où elle a pour professeurs Oluf Emil Wold-Torne (1867-1919) et Lars Utne (1862-1922). Vers la même époque, elle fait la rencontre du peintre Henrik Sørensen (1882-1962), alors l’un des plus reconnus du pays, qui devient en quelque sorte son mentor. Lorsque J. Sitje s’installe à Paris pendant quatre ans à partir de 1920, elle est très vite intégrée à son cercle d’ami·es.
En 1923, elle bénéficie de sa première exposition individuelle à la Blomqvist Kunsthandel, la galerie d’un collectionneur d’art réputé à Oslo. Les œuvres présentées sont des compositions figuratives de grande taille, émotionnellement chargées et symboliques. Plusieurs d’entre elles dépeignent des scènes bibliques ou religieuses. Åses død [Mort d’Åse, 1925] illustre bien son approche symbolique durant cette période.
Après avoir épousé Fridtjof Lous Mohr (1888-1942) en 1928, J. Sitje emménage avec lui sur sa ferme de près de 7,5 hectares en Afrique orientale britannique (actuel Kenya). Elle y passe onze ans de sa vie, jusqu’en 1939. J. Sitje y peint les tableaux auxquels elle doit sa renommée, dits « tableaux africains » (afrikabilder). Elle laisse de côté ses sujets oniriques et symboliques en faveur de représentations de son nouvel environnement. Elle s’inspire de la faune sauvage (son mari est un passionné de safari qui écrit plusieurs autobiographies sur ce thème, illustrées par J. Sitje elle-même) et, surtout, réalise des portraits d’ouvrier·es agricoles locaux·les, souvent vêtu·es de tenues traditionnelles, qui témoignent du regard blanc colonial sur « l’autre exotique ». Dès la fin des années 1930, elle dépeint également la situation politique de plus en plus inquiétante dans des œuvres telles que Europa (1940) ou Flyktninger [Réfugiés, 1939].
J. Sitje rencontre sa première reconnaissance commerciale en 1931 lors de sa première exposition individuelle d’envergure à la Kunstnerforbundet [Association des artistes norvégiens] à Oslo, où la plupart des compositions présentées datent de sa période kenyane. Les années suivantes, elle bénéficie de plusieurs grandes expositions dans des lieux d’art en Norvège et en Suède. Cependant, son travail perd progressivement en popularité à partir des années 1960. J. Sitje quitte le Kenya en 1939 pour s’installer à Asker, près d’Oslo. Elle meurt à Oslo en 1982.
Bien que J. Sitje ait été très connue pendant la majeure partie de sa carrière (elle est fréquemment mise à l’honneur dans des lieux réputés et jouit d’un succès commercial), son œuvre n’est que rarement présenté de manière exhaustive aujourd’hui, bien qu’il soit conservé dans d’importantes collections comme celles de la Galerie nationale d’Oslo, du musée MUNCH (collection Rolf Sternesen) et du musée d’Art de Lillehammer. Quelques exceptions existent néanmoins : une exposition individuelle au Nøstetangen Museum (2012), en binôme au Trafo Kunsthall (2017) et l’exposition collective Når vi døde vågner au Munchmuseet i bevegelse – Kunsthall Oslo (2017-2018).
Une notice réalisée en partenariat avec MUNCH
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