Artists from Atelier 17, The Print Centre, Londres, 14 avril – 23 mai 1964
→Gail Singer, Galerie Rive Gauche, Paris, 1962
Peintre, graveuse et dessinatrice états-unienne.
Gail Singer passe sa carrière à Paris, où elle se singularise comme peintre, dessinatrice et graveuse liée au célèbre Atelier 17. Son engagement artistique se manifeste dès sa jeunesse, passée à Houston, au Texas, où son père fait fortune dans l’exportation de métaux. Lycéenne, elle prend des cours du soir de dessin au Museum of Fine Arts. Après la mort subite du père, la famille emménage à Saint Louis, dans le Missouri, où G. Singer étudie à la School of Fine Arts de Washington University auprès de Paul Burlin (1886-1969), Fred Conway (1900-1973) et Fred Becker (1913-2004). Diplômée en 1952, elle reçoit la bourse John T. Milliken, qui lui permet de voyager à l’étranger et de passer l’année universitaire 1952-1953 à Paris, où elle travaille à l’Atelier 17, fondé par Stanley William Hayter (1901-1988). Après ce premier séjour, G. Singer retourne à Paris à l’été 1955 et s’y installe pour de bon.
Sa formation artistique à Paris est très liée à l’Atelier 17, qu’elle fréquente assidûment des années 1950 aux années 1970 et où elle développe un riche réseau social et professionnel. Ses gravures sont exceptionnellement audacieuses et novatrices, reconnaissables à leur coloris dense, intense, ainsi qu’à leur langage abstrait, qui suggère souvent une tension physique, un conflit et une intensité psychiques. Alors qu’elle fait face à plusieurs problèmes de santé – elle souffre de troubles bipolaires et d’une sclérose en plaques qui lui est diagnostiquée à la fin des années 1960 –, la communauté de l’Atelier 17 lui offre son soutien : les artistes lui permettent de continuer à produire ses estampes lorsqu’elle n’est physiquement plus capable d’entreprendre toutes les étapes nécessaires à la réalisationde ses plaques, gravure, encrage et pressage.
En dehors de l’Atelier 17, G. Singer dessine tous les jours et peint avec beaucoup d’énergie dans son propre atelier – elle vit à deux endroits du 13e arrondissement de la capitale. À l’origine, ses dessins sont des portraits d’ami·es ou de musicien·nes (percussionnistes, accordéonistes, guitaristes et pianistes) qu’elle observe lorsqu’ils jouent dans les clubs, les cafés et les rues de la Rive gauche. L’importance du dessin dans sa pratique ressort clairement dans ses deux premières expositions personnelles, à la Stockstrom and Tuttle Gallery, à Saint Louis (1954), et à la Fondation des États-Unis (1956), où les œuvres sur papier sont bien plus nombreuses que les toiles. Dans les années 1970, à mesure que son style s’affirme, ses dessins, peintures et estampes deviennent de plus en plus abstraits, bien que leurs titres fassent explicitement référence aux rêves, à la violence, à la souffrance morale, à la magie, à la transformation, à la musique, aux bêtes fantastiques et aux monstres.
G. Singer bénéficie de plusieurs expositions personnelles de son vivant et, à Paris, c’est avec la galerie Rive gauche qu’elle entretient sa relation la plus importante. À partir de la fin des années 1950, elle participe aux circuits d’exposition majeurs de l’après-guerre en Europe et aux États-Unis, comme le Salon des réalités nouvelles, le Salon de mai, la Biennale d’arts graphiques de Ljubljana et les expositions annuelles d’art graphique états-uniennes de la University of Kentucky et du Madison Art Center, dans le Wisconsin. Son association avec l’Atelier 17 lui permet aussi de participer à plusieurs expositions collectives qu’il organise aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France.
G. Singer meurt à Paris en 1983, suivie de près par son compagnon de longue date, le peintre Erich Schmid (1908-1984). Si cette artiste est longtemps restée dans l’ombre, elle est de plus en plus reconnue pour sa contribution essentielle à la culture de l’estampe et à l’histoire de la peinture abstraite dans le Paris d’après-guerre.