The Art of Lee Boon Ngan: Celebrating 60 years of Singapore through the Love of Chua Mia Tee & Lee Boon Ngan, cat. exp., The Private Museum Singapore, Singapour (10 juillet – 21 septembre 2025), Singapour, The Private Museum, 2025
→Lee Boon Ngan, Lee Boon Ngan Painting Collection, Singapour, 1995
The Art of Lee Boon Ngan: Celebrating 60 years of Singapore through the Love of Chua Mia Tee & Lee Boon Ngan, The Private Museum Singapore, Singapour, 10 juillet – 21 septembre 2025
→An Exhibition of Paintings by Mr Chua Mia Tee & Mrs Chua (Mdm Lee Boon Ngan), à l’occasion du 25e anniversaire du Fonds caritatif de la Croix-Rouge de Singapour, Hôtel Hilton, Singapour, août 1990
→Art Exhibition of Mr & Mrs Chua Mia Tee, Chinese Chamber of Commerce Exhibition Hall, Singapour, septembre 1980
Peintre à l’huile singapourienne.
Lee Boon Ngan est connue pour ses peintures florales à l’huile réalistes. Bien qu’elle soit proche d’artistes importants – son frère Lee Boon Wang (1934-2016) et son mari Chua Mia Tee (né en 1931), tous deux membres fondateurs d’Equator Art Society – elle n’entame son propre cheminement artistique qu’au cours de sa vingtaine. Lee grandit dans une famille immigrée chinoise teochew dont elle est la seule fille. Elle passe l’essentiel de sa jeunesse à endosser un rôle domestique et celui de modèle pour son frère et pour son futur mari. Elle apparaît dans de nombreuses œuvres, dont La Classe de langue nationale (1959) de Chua, et demeure l’observatrice silencieuse et la camarade des deux artistes.
Après son mariage avec Chua en 1961, Lee s’inscrit à l’Académie des beaux-arts de Nanyang (1962-1965) où elle reçoit une formation en peinture à l’occidentale. Lee se consacre toutefois à plein temps à son foyer et à ses deux enfants, et crée quand elle le peut. Elle travaille dans un atelier partagé à la maison et peint d’abord sur les chutes de toile de son mari, réalisant de petites natures mortes d’objets domestiques – vases, livres, fleurs. Sa pratique se transforme de manière significative dans les années 1990, alors qu’elle a une cinquantaine d’années. Ses enfants, devenus adultes, demandent moins d’attention, et Lee commence à peindre des fleurs à partir de celles qu’elle fait elle-même pousser et de photographies prises lors d’expositions florales aux jardins botaniques de Singapour.
Lee repousse les limites de la nature morte, car elle trouve les cadres traditionnels de plus en plus limitants. Ses peintures prennent de l’ampleur, dans leurs dimensions comme dans leurs ambitions, avec des œuvres comme National Flower (1989) et Canna (1990), qui font presque un mètre de long. Elle s’essaye progressivement à un style différent : elle fait ressortir quelques-unes des fleurs et fond le reste du bouquet dans le décor, grâce à un mélange impressionniste de couleurs. Son tableau Dendrobium (1987) est un exemple de cette innovation : les orchidées en cascade dominent l’entièreté de la toile, dans un paysage de plein air, et l’on ne voit plus la table traditionnellement présente. Lee maintient une cohérence dans sa composition en juxtaposant différentes approches picturales – elle représente les fleurs du premier-plan avec un grand réalisme et traite celles de l’arrière-plan de manière plus impressionniste.
Cette évolution artistique reflète plus qu’une expérimentation technique ; elle incarne la pratique contemplative de Lee, enracinée dans l’observation patiente de sujets botaniques – les cycles de la floraison et de la croissance au fil des saisons, les motifs quotidiens de la lumière à la fenêtre de son atelier, ainsi que l’attention soutenue nécessaire pour en saisir la vitalité. Elle exprime une admiration particulière pour le peintre français Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779), célèbre pour sa capacité à transformer d’humbles sujets de natures mortes en expériences méditatives profondes. Lee estime la manière dont il insiste sur l’apparence substantielle des objets comme l’atmosphère de ses tableaux – des qualités qu’elle reprend dans ses propres peintures botaniques.
Le succès vient progressivement. Une exposition commune avec Chua à la Chambre chinoise de commerce en 1980, alors qu’elle a quarante et un ans, marque sa reconnaissance publique comme artiste à part entière. Ses œuvres gagnent une légitimation officielle. Le tableau Vanda Miss Joaquim (1991), dont le sujet est une orchidée, est sélectionné comme cadeau diplomatique pour le président des Philippines. Lee expose régulièrement auprès d’associations artistiques et pour des événements caritatifs, et ses peintures sont conservées dans d’importantes collections d’entreprises et d’institutions étatiques.
Une notice réalisée dans le cadre du programme The Flow of History. Southeast Asian Women Artists, en collaboration avec Asia Art Archive
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