Nkiruka Jane Nwafor, “Nature, Women and Art: Examining the Eco-Feminist Insights” dans Lucy Azubuike, Tree Trunk Series, Mgbakoigba, Journal of African Studies, Vol.9. No.1. Nov., 2021
→Azubuike, LucyExcluded Nature’s Arts from the 58th Venice Biennale, 2020
→Eyene, Christine, “Past virginity: women, sexuality and art”, Africultures, 85(3), 48-59, 2011
Turning Tides: from menstrual stigma to menstrual justice, Pen+Brush, New York, 17 juin – 24 septembre 2022
→Me in Me, Bernhein Forest and Arboretum, Kentucky, USA, 5 août – 5 septembre 2021
→Like a Virgin, CCA Lagos, Nigeria, 29 janvier –14 mars 2009
Artiste multidisciplinaire nigériane.
Lucy Azubuike est titulaire d’un Bachelor en beaux-arts et arts appliqués de l’université du Nigeria à Nsukka (1999), d’un Diploma en études de genre de l’université d’Abuja (2010) et d’un Master of Fine Arts du Savannah College of Art and Design (2015). Pratiquant la sculpture, la photographie, le collage et les techniques mixtes, elle est surtout connue pour ses œuvres qui revisitent des formes quotidiennes et naturelles, comme les arbres et les surfaces organiques. Elle explore les thèmes de la perception, de l’identité et de la critique socioculturelle, en lien surtout avec les expériences féminines et la relation à l’environnement. Son travail est conceptuellement ancré dans la recherche autour de la perception, du corps, de l’expérience en lien avec le genre et de l’importance symbolique et écologique des formes naturelles. Dans sa pratique d’atelier comme dans ses projets participatifs, L. Azubuike fait de l’art un outil de réflexion critique, d’engagement social et de réorientation des habitudes visuelles.
Ses premières œuvres se concentrent sur des sujets autobiographiques et féministes. C’est notamment le cas de Feels Great (2006) et de The Whispers (2006), qui font du cycle menstruel de l’artiste un cadre visuel et conceptuel afin de défier les tabous culturels liés au corps féminin et de mettre au premier plan l’expérience vécue comme un lieu de connaissance. Cette phase culmine lorsque son travail est présenté dans l’importante exposition Like a Virgin… (2009), organisée par Bisi Silva au Centre for Contemporary Art de Lagos, où il est replacé au sein de questionnements plus larges sur le genre, la sexualité et les normes sociales dans l’art contemporain africain.
Dans sa pratique, L. Azubuike s’intéresse toujours plus aux formes de la nature, en particulier les arbres, comme à des réservoirs de significations et de métaphores. Ses projets de « Tree Art » en cours mêlent l’observation rapprochée et l’abstraction photographique pour révéler les qualités anthropomorphiques et symboliques qui se nichent dans l’écorce, les nœuds et la matière organique. En mettant en avant l’interconnexion entre l’identité humaine et l’environnement, ces œuvres proposent des manières alternatives de regarder la nature. Cette orientation est renforcée lors de résidences et de projets communautaires menés aux États-Unis, notamment avec des initiatives participatives comme One Million Trees et The Triangle : You, Me, Tree.
L. Azubuike est lauréate du prix Art Meets Activism de la Kentucky Foundation for Women en 2022 et en 2023, en soutien à son projet participatif The Triangle : You, Me, Tree, et d’une bourse de voyage et de développement professionnel de la Great Meadows Foundation, qui lui permet d’effectuer des séjours de recherche à Berlin et à Munich. Depuis le début de sa carrière, elle n’a de cesse d’aborder l’art comme un moyen d’enquête, reliant les récits personnels, la critique culturelle et la conscience écologique. Ce faisant, elle contribue aux débats contemporains sur la perception, l’incarnation et la responsabilité sociale en art.
Une notice réalisée dans le cadre du programme « Common Ground »
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