Mariana Castillo Deball, Ixiptla V, Berlin, bomdiabooks, 2023
→Mariana Castillo Deball, Replaying Life’s Tape, Monash University Museum of Art, 2020
→Mariana Castillo Deball, Sun Ra. En algún lado y en ninguno. Poemas, Paris, La Panacee, 2019
Serpent Disappearences, Kurimanzutto, New York, 12 mars – 18 avril 2026
→Ella es la luna and she lights the darkness, Neues Museum Nüremberg, 2 février – 30 août 2026
→Stringing Beads, Dortmunder Kunstverein, 21 septembre 2025 – 25 janvier 2026
Artiste pluridisciplinaire mexicaine.
L’art de Mariana Castillo Deball s’organise autour de trois centres d’intérêt, que l’on peut assimiler à trois perspectives possibles : celle de l’archéologue, celle de l’historienne et celle de l’ethnographe, en raison de sa manière de déchiffrer les codes, les sculptures, les installations, les performances, les symboles et les objets. Dans son œuvre, elle intègre des éléments d’autres époques et d’autres lieux pour les exposer au présent, en faisant référence à l’histoire et au folklore. La philosophie et la littérature font aussi partie de ses champs de recherche et de ses projets éditoriaux dans lesquels elle questionne le rôle des objets dans la construction des identités et de l’histoire.
M. Castillo Deball trouve dans l’artisanat et les traces archéologiques mexicaines des civilisations maya et aztèque les sources d’inspiration, apparemment limpides, de ses pièces : elle propose une réinterprétation contemporaine des vestiges des cultures précolombiennes qui ont survécu à la destruction coloniale – mais cette réinterprétation passe par le filtre de l’artiste, pour être réenvisagée par le public. Son travail s’appuie également sur l’étude d’archives modifiées dans les fonds des bibliothèques et des musées – copies, facsimilés et numérisation, créer pour compenser les destructions et pillages de la colonisation.
L’approche ethnologique, en toile de fond, reflète son intérêt pour les héritages culturels et historiques, pour leur distorsion au fil du temps et pour leurs nouveaux commentaires possibles. L’artiste déclare : « Les gens ont souvent une idée claire de ce qu’ils font, mais les choses acquièrent une vie à elles et nous offrent des réponses inattendues. » Les histoires se transmettent par le récit d’événements réels qui deviennent au fil du temps légendaires. L’artiste cherche à les approcher de manière critique, à travers une présentation qui, derrière son apparence ludique et poétique, s’avère implacable et authentique. Prenez garde, car cette approche recèle d’autres lectures, moins innocentes.
M. Castillo Deball étudie les arts plastiques à l’Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM), à Mexico (1997), puis suit un programme à la Jan van Eyck Academie, aux Pays-Bas (2003). L’année 2012 est importante pour sa carrière, car l’artiste participe alors à la XIIIedocumenta de Kassel, organisée par Carolyn Christov-Bakargiev, et reçoit le Zurich Art Prize.
M. Castillo Deball s’exprime avec une grande liberté, dans des œuvres in situ, des dessins, des céramiques, des textiles, des livres d’artiste ainsi que des performances multimédias, comme Arqueológica (2013), à Matadero Madrid, où elle présente des chinelos, des danseurs traditionnels de l’État de Morelos, richement vêtus et imitant les conquistadors espagnols. Cette production lui vaut le Preis der Nationalgalerie für junge Kunst, remis par la Hamburger Bahnhof de Berlin en 2013. Là encore, M. Castillo Deball crée des associations libres qui lui permettent de raconter une histoire à elle tout en s’appuyant sur les faiblesses du récit même pour mettre en avant la disparition, au fil du temps, de la trace originale. A partir de 2024, elle travaille à une œuvre permanente pour le sol de la terrasse du nouveau Los Angeles County Museum of Art (LACMA) en vue de l’ouverture, en avril 2026, du nouveau bâtiment du musée, conçu par l’architecte Peter Zumthor.
Une notice réalisée dans le cadre du programme +1.
© Archives of Women Artists, Research and Exhibitions, 2026