Martine Bedin : prova d’autore. Meubles et objets 1981-2003, Memphis/Milano, cat. exp. (Bordeaux, musée des Arts décoratifs et du Design, 7 mars-12 mai 2003), Paris, Somogy, Bordeaux, musée des Arts décoratifs, 2003
→Sophie Tasma Anargyros, Martine Bedin. Les quatre maisons et autres projets, cat. exp. (Bordeaux, CAPC, 1995), Bordeaux, Confluences, 1996
Martine Bedin. L’objet déluré, Bordeaux, musée des Arts décoratifs et du Design, octobre 2014-février 2015
→Prova d’autore. Meubles et objets 1981-2003, Memphis/Milano, Bordeaux, musée des Arts décoratifs et du Design, mars-mai 2003
Architecte et designeuse française.
Martine Bedin est une figure majeure du design radical. Elle développe depuis la fin des années 1970 une œuvre singulière, à la croisée de l’architecture, du design et de l’art, au sein de laquelle l’objet est un support de narration, d’expérimentation formelle et de réflexion sur l’espace domestique.
M. Bedin étudie l’architecture à l’École des beaux-arts de Bordeaux avant d’obtenir, en 1977, une bourse pour poursuivre sa formation à l’École d’architecture de Florence. Ce séjour est décisif : elle y découvre le design radical italien et suit notamment l’enseignement d’Adolfo Natalini (1941-2020), fondateur du groupe Superstudio, qui influencera durablement son travail. En 1979, elle est invitée à la 16e Triennale de Milan, où elle présente La Casa Decorata, une installation-manifeste interrogeant l’espace domestique. Pour ce projet, elle conçoit une chaise-sculpture hybride, réalisée en tôle pliée, Plexiglas et néons multicolores, à la frontière du mobilier et de la micro-architecture.
En 1981, M. Bedin rejoint à Milan le groupe Memphis, fondé par Ettore Sottsass (1917-2007), et participe à sa première exposition. Jusqu’en 1988, elle conçoit quatorze pièces, chaises, lampes, bureaux et vases, contribuant à l’élaboration d’un nouveau langage formel affranchi de la rationalité industrielle. Les luminaires occupent une place centrale dans son œuvre. Pensés comme des objets-personnages, souvent mobiles et narratifs, ils participent largement à sa notoriété. La lampe Super (1981), conçue comme un véhicule sur roulettes surmonté d’ampoules colorées, devient emblématique de son travail. Elle réalise également les appliques Negresco (1983), composées de néons encadrés, ainsi que la lampe Terminus (1984), ornée de motifs rayés et de pieds de Mickey. Le dessin constitue le fondement de sa pratique. Depuis ses débuts, elle a rempli plus de quarante carnets, véritables archives de son imaginaire, dans lesquels prennent forme ses objets et ses projets avant leur réalisation.
Parallèlement à son activité de designer, M. Bedin développe une œuvre architecturale importante. Elle réalise à Nîmes les toilettes publiques de la place de la Couronne et l’aménagement des bus urbains (1986), puis conçoit les espaces d’accueil, à Reims, du palais du Tau et de la cathédrale, enfin ceux du château de Chambord (1987). En 1989, elle réaménage la librairie et le centre de documentation de la Caisse des monuments historiques à l’hôtel de Sully, à Paris. En 1994, elle construit à Bordeaux La Maison rouge, manifeste architectural coloré, une maison moderne définie par sa relation entre le dedans et le dehors.
Dès 1982, elle ouvre à Milan son atelier, The Homeless Teacher, structure accompagnant une activité d’enseignement que M. Bedin mène en France et à l’étranger. L’été 1991 marque son retour à Bordeaux et son retrait progressif de l’industrie au profit de pièces uniques. Installée à Rome à partir de 2002, puis à Paris dès 2013, elle poursuit une production libre mêlant sculpture et peinture, qui prolonge son intérêt pour l’objet comme support de narration, notamment avec sa série de six peintures La Part des choses (2025). Nommée chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 1993 puis officier en 2022, M. Bedin est aujourd’hui représentée dans de nombreuses collections, parmi lesquelles le Centre Pompidou, le musée des Arts décoratifs de Paris, le Fonds national d’art contemporain et le V&A.
Une notice réalisée en partenariat avec le Centre Pompidou.
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