Geneviève Gallot, matali crasset autrement, Paris, La Martinière, 2025
→Alexandra Midal, matali crasset works, Paris, Norma, 2012
→Emmanuelle Lallement, matali crasset. Spaces 2000-2007, Cologne, daab, 2007
La Communauté des cratères, Paris, Transfo Emmaüs Solidarité, 6 mars-26 avril 2025
→Solos : Matali Crasset, New York, Cooper Hewitt Museum, 19 mai-24 septembre 2006
→matali crasset, un pas de coté 91/02, Lausanne, mudac, 18 septembre-10 novembre 2002
Designeuse française.
matali crasset développe depuis les années 1990 une pratique qui embrasse design d’objets et d’espaces, scénographie et architecture intérieure. Diplômée de l’École nationale supérieure de création industrielle – Les Ateliers en 1991, elle poursuit sa formation à Milan auprès de Denis Santachiara (né en 1950), avant de rejoindre en 1993 le Tim Thom, bureau de design de l’entreprise Thomson. Elle y développe une approche de l’objet technologique qui vise à humaniser celui-ci et à penser son inscription dans le quotidien de son usager.
Depuis son projet de diplôme (La Trilogie domestique, 1991), présenté à la Triennale de Milan, l’espace domestique est un terrain d’expérimentation pour matali crasset. W at Hôm, carte blanche du VIA (Valorisation de l’innovation dans l’ameublement) en 1996, est ainsi une proposition d’organisation de l’espace qui intègre l’objet informatique au mobilier, préfigurant l’enjeu du travail à la maison. La série d’objets que conçoit la designeuse pour Domeau & Pérès entre 1995 et 2000 se caractérise par sa dimension ludique et multifonctionnelle : le lit dépliant Quand Simon monte à Paris (1995), le tabouret de sieste Téo de 2 à 3 (1998), le tapis-jeu Oritapi (1999) et le canapé-jeu de construction Permis de construire (2000) sont autant d’objets qui invitent l’usager à l’interaction. Le pouf Digestion (Edra), conçu en 1998 à partir d’un cabas rembourré, procède du détournement d’un objet quotidien et universel qui crée un espace modulable et convivial.
matali crasset place les notions de cohabitation et d’empathie au cœur de son travail de designeuse depuis le projet de mobilier urbain The Empathic Chair (1994), une assise mobile accompagnée de différentes extensions, comme une chaise pour enfant ou un perchoir pour oiseau. Repensant le rapport de l’individu à son environnement, la Maison empathique, présentée à la Biennale du design de Saint-Étienne en 2013, imagine un environnement où l’énergie est générée par les gestes quotidiens de l’usager. Dans le cadre de commandes, matali crasset conçoit des microarchitectures, tel le pigeonnier Capsule (2002-2003), mais également des aires de jeu et des cabanes, qui sont autant d’invitations à habiter l’espace public. À destination des enfants, elle crée des espaces qu’elle pense comme des écosystèmes imaginaires, protégés et peuplés. À l’école « Le Blé en herbe » à Trébédan, dans les Côtes-d’Armor (2015), le mobilier, léger et évolutif, est au service des principes pédagogiques de partage et d’appropriation de l’espace par les enfants.
La designeuse a reçu de multiples commandes en France (Cnap, Mobilier national, cathédrale de Dijon, Manufacture de Sèvres) et à l’étranger (Musée national de Singapour, Power Station of Art à Shanghai). Son travail est conservé dans de nombreuses collections, dont celles du Cnap, du Centre Pompidou, du mudac (Lausanne), du V&A et du MoMA.