Brito, Maria Eugenia, Desacato: Sobre ma obra de Lotty Rosenfeld, Santiago, F. Zegers, 1986
→Richard, Nelly, Poeticas de la disidencia: Paz Errazuriz – Lotty Rosenfeld, Barcelone, Poligrafa, 2015
Lotty Rosenfeld: Mocio de orden, Museo de Art Contemporaneo, Santiago, 2002
→Lotty Rosenfeld : For a Poetics of Rebellion, Centro Andaluz de Arte Contemporaneo, Séville, 8 mars – 21 juillet 2013
Plasticienne chilienne.
Lotty Rosenfeld (née Carlota Eugenia Rosenfeld Villarreal) est connue avant tout pour son travail de gravure et de vidéo, ainsi que pour sa pratique engagée. De 1967 à 1969, elle étudie à l’Escuela de Artes Aplicadas de l’Universidad de Chile, à Santiago. En tant que graveuse, L. Rosenfeld fonde en 1979 le Colectivo de Acciones de Arte (CADA, Collectif d’action artistique), avec le poète Raúl Zurita, le sociologue Fernando Balcells, l’écrivaine et artiste Diamela Eltit et le plasticien Juan Castillo. C’est en 1983 que l’imagerie antitotalitaire du CADA trouve son apogée, dix ans exactement après le coup d’État militaire qui a renversé Salvador Allende, le président démocratiquement élu : le collectif crée le symbole politique « No+ » (Plus jamais), qui est rapidement exploité, entre autres, par des artistes, des activistes et des politiques pour dénoncer toutes sortes d’injustices sociales. Toujours en 1983, le groupe féministe Mujeres por la Vida (Femmes pour la vie) demande à L. Rosenfeld de concevoir le cadre d’un rassemblement où seraient pour la première fois réunis des représentants et représentantes de tous les partis d’opposition. L’artiste y intègre le symbole « No+ », qu’adopteront par la suite d’autres groupes de femmes et mouvements sociaux.
Parallèlement aux activités du CADA, L. Rosenfeld développe son œuvre propre. Son action la plus emblématique est Una milla de cruces sobre el pavimento [Un millier de croix sur le bitume, 1979], où elle tente de se réapproprier les espaces publics confisqués par le régime d’Augusto Pinochet en plaçant du ruban adhésif en travers des lignes discontinues qui séparent les voies sur les autoroutes. Elle transforme ainsi le marquage au sol en croix ou en signe « plus ». À travers ses œuvres, L. Rosenfeld s’efforce d’interférer dans la réception publique des signes et des réalités sociales, transgressant les injonctions inhérentes à l’ordre établi. Toujours à l’avant-garde des pratiques engagées, l’artiste incite les participants et participantes à envisager la mémoire et l’espérance dans leur réalité politique et sociale. Dans ses œuvres les plus récentes, comme l’installation vidéo El Empeño Latinoamericano [L’engagement latino-américain, 1998], elle propose une interprétation plus mathématique du signe « plus » pour dénoncer la cupidité et les agissements néolibéraux qui ont cours dans les pays capitalistes. Elle a reçu les récompenses les plus prestigieuses du Chili : le Premio a la Trayectoria Artística (prix de la trajectoire artistique, 1995) du Círculo de Críticos de Arte de Chile (Cercle des critiques d’art du Chili), le prix Paoa du Festival international de cinéma de Viña del Mar (2001) et le Premio Altazor de las Artes Nacionales (prix Altazor des arts nationaux, 2003). Son œuvre est exposée au Museo de Arte Contemporáneo de Santiago, au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía à Madrid et à la Tate Modern à Londres. L. Rosenfeld a représenté le Chili à la LVIe Biennale de Venise en 2015, au côté de sa compatriote Paz Errázuriz.
© Radical Women: Latin American Art, 1960-1985
© Archives of Women Artists, Research and Exhibitions