Glusberg Jorge, Marta Minujín, Buenos Aires, Museo nacional de bellas artes, 1999
→González Fernando, Marta Minujin : los años psicodélicos, edición facsimilar completa de Lo inadvertido, diario underground de 1969, Buenos Aires, Mansalva, 2015
Marta Minujín, obras 1959-1989, Museo de Arte Latinoamericano de Buenos Aires, Buenos Aires, 26 novembre 2010 – 7 février 2011
Plasticienne argentine.
Marta Minujín est peut-être l’artiste la plus célèbre de la scène artistique argentine de l’après-guerre. Née dans une famille bourgeoise, dans la banlieue de Buenos Aires, elle reçoit très tôt une formation artistique. Après des études aux Beaux-Arts de Buenos Aires, elle expose dès 1957 et donne sa première exposition individuelle en 1959 dans la capitale argentine. Durant ces années, elle se lie d’amitié avec Alberto Greco, artiste informel très reconnu qui aura une grande influence sur son parcours. Elle étudie entre 1960 et 1963 à Paris, où elle participe à la deuxième Biennale en 1961 et se lie d’amitié avec les artistes du nouveau réalisme, en particulier Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Christo, Robert Rauschenberg. Elle commence en 1962 à réaliser ses Colchones (sculptures) et ses structures habitables en assemblant des matériaux souples, principalement des couvertures et des matelas trouvés dans les décharges des hôpitaux parisiens. En 1963, elle organise à Paris son premier happening intitulé La Destrucción au cours duquel elle brûle toutes les œuvres exposées quelques jours auparavant dans son atelier, posant alors les bases de ses recherches futures sur la question de la consommation artistique et de la démystification de l’objet d’art, participant ainsi au mouvement du pop art. Tout au long de son activité artistique, elle organise de nombreux happenings et crée plusieurs environnements.
Parmi les plus célèbres figure La Menesunda (1965), réalisé avec Rubén Santantonín à l’Instituto Torcuato di Tella, dans lequel le public pouvait traverser différents espaces où tous les sens étaient sollicités. Presque tous ses environnements sont des œuvres éphémères, comme El obelisco de pan dulce en 1979 qui finit mangé par le public. Ses thématiques tournent autour des réflexions sur l’art et sa jouissance, mais aussi sur les comportements humains. À partir des années 1970, l’artiste présente des pièces critiquant la situation politique argentine comme La Academia del Fracaso (1975) ou El pago de la deuda externa argentina (1985), photographie où on la voit remettre à Andy Warhol des épis pour symboliser l’endettement argentin à l’égard des États-Unis. Depuis 1980, elle continue de réaliser des happenings en sollicitant une participation massive du public.