Rakhimzhanova, Anel (dir.), Almagul Menlibayeva: I Understand Everything, cat exp.., Almaty, Almaty Museum of Arts, 2026
→Monnet, Livia, « The Immanation-Image: Immanent Experience and Kazakhstan’s Socialist and Postsocialist Modernity in Almagul Menlibayeva’s Video Installation Transformation (2016) », Toxic Immanence: Decolonising Nuclear Legacies and Futures, Londres, Chicago, McGill-Queen’s University Press, 2022, p. 332–72
→Ibraeva, Valeria (dir.), Almagul Menlibayeva, cat. Exp., par Lidia Blinova, Almaty, Soros Foundation-Kazakhstan, 1995
Almagul Menlibayeva: I Understand Everything retrospective, Almaty Museum of Arts, Almaty, 11 septembre 2025–17 mai 2026
→Almagul Menlibayeva: My Silk Road to You and Nomadized Suprematism, Aga Khan Museum, Toronto, 1 mai–2 septembre 2024
→Transformation, Grand Palais-Salon d’Honneur, Paris, 17 décembre 2016–2 janvier 2017
Artiste multimédia kazakhe.
Pionnière de l’art vidéo en Asie centrale au début des années 2000, Almagul Menlibayeva, qui vit et travaille entre Almaty et Berlin, a étendu sans relâche les possibilités de différents médiums artistiques et développé des récits vidéo multicanaux singuliers. Depuis les années 2020, elle fait appel à l’intelligence artificielle dans des installations d’images animées et de textile. Son langage visuel singulier – prises de vue documentaires, paysages et dégradations de l’environnement, contre-mythologies édifiées autour d’entités féminines puissantes – introduit la modernité centre-asiatique auprès des publics du monde entier.
A. Menlibayeva émerge en tant qu’artiste à Almaty à la fin de la période soviétique, sous le « dégel » de Mikhaïl Gorbatchev. Elle fait partie d’une communauté vibrante, dont les pratiques radicales reflètent les transformations sociales et politiques de l’époque. Soutenue par sa mère, Gulbibi Joldanova, elle se forme en peinture alors qu’elle est lycéenne et étudie dans les ateliers de l’aquarelliste Gani Bayanov (né en 1949) et de l’artiste conceptuel Sergei Maslov (1952-2002). Elle choisit d’étudier au département des arts décoratifs et appliqués de l’Institut d’État des arts et du théâtre d’Almaty. Avec cette formation en textiles industriels et en artisanat local, elle recherche un enseignement moins contraint du point de vue idéologique que les programmes de beaux-arts animés par le réalisme socialiste. En parallèle de ses études, A. Menlibayeva joue un rôle clef au sein des collectifs expérimentaux Zelenyi treugol’nik [Triangle vert] et Gruppa chetyrekh [Groupe des quatre], ainsi qu’au sein d’une génération plus large d’artistes qui façonnent l’art contemporain à Almaty et à Bichkek. Son travail de costumière pour le cinéma kazakh la familiarise avec la pratique de la caméra, qui devient un médium central de sa pratique.
Les premiers projets vidéo d’A. Menlibayeva établissent son panthéon personnel de déesses féminines et d’esprits farceurs dans des environnements nomades postindustriels : Kurban (2009), Exodus (2009), Milk for Lambs (2010) et Transoxiana Dreams (2011), œuvre célèbre. Avec Kurchatov 22 (2012), elle se tourne vers des histoires orales pour sonder les projets industriels et politiques soviétiques, comme le site d’essais nucléaires de Kourtchatov, le camp de travail de Karlag et la famine de 1930-1933 au Kazakhstan (Archipelago Karlag, 2016, The Tongue and Hunger : Stalin’s Silk Road, 2022).
A. Menlibayeva aborde ses projets photographiques et vidéo comme des extensions de sa pratique textile et les traite comme des compositions par strates, tridimensionnelles, activées par des installations in situ. Transformation (2016), son exposition individuelle immersive présentée au salon d’honneur du Grand Palais, à Paris, traite du passé nucléaire soviétique et du programme actuel kazakh, et lui vaut d’être nommée chevalière de l’ordre des Arts et des Lettres par le ministère de la Culture. À la Biennale de Venise, avec Fire Talks to Me (2015), elle réimagine le Palazzo Barbaro à l’aune du destin tragique d’un magnat du pétrole sous le régime bolchevique. Dans Ulugh Beg : Intrinsic Futurist Machine of Central Asia (2020), l’artiste convertit un planétarium abandonné à Lahore, au Pakistan, en un lieu d’exploration visuelle du travail de l’astronome et érudit Samarkandi. En 2026, l’exposition du musée des Arts d’Almaty, Almagul Menlibayeva : I Understand Everything, sous le commissariat de Gridthiya Gaweewong, réunit l’œuvre d’A. Menlibayeva dans sa ville natale, avec des peintures, des œuvres sur papier, des textiles, des œuvres photographiques et vidéo ainsi que des performances créées depuis 1988.
Une notice réalisée avec le soutien de l’ambassade de France au Kazakhstan
© Archives of Women Artists, Research and Exhibitions, 2026