Rist, Laurence et Montaigu, René (de), Alix Rist, collages, Saint-Rémy-en-l’Eau, éditions d’art Monelle Hayot, 1982
→Berne-Joffroy, André et Montaigu, René (de), Alix Rist : papiers collés, cat. exp., Musée d’Art moderne de la Ville de Paris (9 juin-11 septembre 1988), Paris, Paris Musée,1988
Alix Rist : papiers collés, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, Paris, juin-septembre 1988
→Alix Rist, galerie Craven, décembre 1978
→Alix Rist, galerie Barbizon, mars 1972
Collagiste et peintre française.
Malgré un intérêt précoce pour la peinture – elle vend sa première toile à quinze ans –, Alix Rist se forme à l’art de manière discontinue. Réfugiée à Toulon en 1940, elle y fréquente l’École des beaux-arts, puis se marie en 1942. De retour à Paris après la guerre, elle désire poursuivre sa formation, mais créer reste une activité secondaire : elle se consacre à l’éducation de ses six enfants, nés entre 1945 et 1960.
Dès 1955, influencée par la Nouvelle École de Paris et la collection d’art naissante de son père, René de Montaigu, A. Rist abandonne les paysages et les natures mortes, qui constituent alors l’essentiel de sa production, et se tourne vers l’abstraction, sans y trouver satisfaction. Tout change en 1965 : elle s’aménage un atelier dans la chambre de son fils aîné, qui vient de quitter la maison, et réalise ses premiers collages. Un espace de liberté esthétique s’ouvre alors : elle abandonne la peinture à l’huile et élabore rapidement un langage plastique novateur au regard des démarches contemporaines du pop art et du Nouveau Réalisme, tout en s’inspirant des papiers collés d’Henri Matisse (1869-1954).
Ses premiers montages pastichent les genres picturaux traditionnels, revisités au moyen de reproductions photographiques découpées dans la presse magazine (Promenez-vous en Auvergne !, 1965). Mais dès 1966, l’artiste délaisse progressivement ce matériau au profit d’affiches, de posters et de rouleaux de papier de plus grand format. Ses collages s’émancipent de tout référent : sur un fond réalisé en quelques heures, A. Rist agence des motifs abstraits en une composition plus complexe, parfois envahissante, qu’elle ajuste (« subtilise », selon son expression) des jours durant. Jusqu’en 1976, les titres de ses œuvres sont surtout des surnoms attribués en vue d’une exposition, parfois en famille, au terme d’un jeu collectif d’association d’idées – ensuite, ils disparaissent tout à fait.
Durant les quinze années de sa carrière de collagiste, A. Rist développe une abstraction dynamique et atteint finalement ses ambitions artistiques en sortant de la peinture. Elle expose régulièrement à Paris (dans les galeries Zunini, Philadelphie, Barbizon et Craven) et à l’étranger (à l’Institut européen d’histoire de l’art de Milan en 1968-1969, puis aux États-Unis dans la foulée). Appréciées par la critique, ses œuvres entrent dans des collections privées, y compris outre-Atlantique, et publiques : la Ville de Paris lui achète deux collages en 1968 et 1971. Conjointement, elle développe une autre voie professionnelle qui nourrit sa pratique artistique : vers 1966, elle commence une psychanalyse et se forme au métier de thérapeute de couple, qu’elle exerce, entre autres, au sein de l’Association française des centres de consultations conjugales (AFCCC). Le cancer qui l’emporte en 1980 y met précocement terme.
Le musée d’Art moderne de la Ville de Paris (MAM) lui consacre une rétrospective huit ans après sa mort. Malgré un accueil positif, son travail tombe ensuite dans l’oubli. En 2023, la vente de son fonds d’atelier chez Millon ravive l’intérêt pour son œuvre, qui entre alors dans les collections du musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg (Nanteau,vers 1970) et du MAM (Allegro Barbaro, 1967 ; Carrefour, 1970).