Casamartina i Parassols Josep (dir.), Ángeles Santos, un mundo insolito en Valladolid, cat. expo., Museo Patio Herreriano Art Contemporaneo , Valladolid (25 septembre 2003 – 11 janvier 2004), Valladolid, Museo Patio Herreriano Art Contemporaneo, 2003
→Casamartina i Parassols Josep (dir.), Ángeles Santos, Madrid, TF/Fundación Mapfre, 2010
Ángeles Santos, Fundacion Bilbao Bizkaia Kutxa, Bilbao, 15 janvier – 2 mars 2003
Peintre espagnole.
Artiste majeure de l’avant-garde espagnole, Ángeles Santos Torroella s’initie au dessin et à la peinture en internat, au collège des sœurs conceptionistes de Séville, puis s’installe, en 1927, à Valladolid, où elle prend des cours particuliers auprès du peintre italien Cellino Perotti. Ses premières toiles, dont Autorretrato (1928), sont présentées à l’occasion d’une exposition collective à l’Académie des beaux-arts de la ville. Désormais, elle se consacre pleinement à sa vocation. Lors de sa participation au Salon d’automne de Madrid en 1929, elle expose une de ses œuvres majeures, Un mundo (1929), grand succès auprès du public et des critiques, qui l’érigent en figure de proue de la nouvelle peinture espagnole. Très vite, elle intègre le cercle des intellectuels de l’avant-garde et fréquente Federico García Lorca et Juan Ramón Jiménez, dont les œuvres poétiques la marquent profondément. Sa notoriété immédiate s’explique par un travail ambitieux, moderne et original, à mi-chemin entre expressionnisme et surréalisme, qui révolutionne le panorama artistique de l’époque. Audacieuse et d’une grande liberté formelle, non académique, sa peinture développe un univers étrange, poétique et merveilleux.
Au début des années 1930, elle expose en Espagne et en Europe – sa première exposition personnelle à Paris se déroule en 1931. Elle cessera ensuite toute production jusqu’en 1934, date à laquelle son mari, le peintre Emilio Grau Sala, la pousse à reprendre son activité. Au cours de la guerre civile, elle s’exile à la frontière française et donne des cours de dessin, tout en poursuivant son œuvre. Elle interrompt de nouveau la peinture dans les années 1950, puis la reprend lors de ses retrouvailles avec son époux, dont la guerre l’avait séparée. L’audace et l’imagination de ses premières toiles laissent désormais place à des sujets plus traditionnels, néanmoins toujours traités dans un style très libre. Bien qu’ayant traversé le XXe siècle, l’œuvre d’Á. Santos Torroella demeure liée au contexte avant-gardiste des années 1930 ; ses réalisations postérieures, conjuguées aux événements personnels, l’ont peu à peu éloignée de la scène artistique contemporaine.