Andrews, Julia F., « Women Artists in Twentieth-Century China: A Prehistory of the Contemporary », Positions, vol. 28, no 1, 2020
→Wangwright, Amanda, The Golden Key: Modern Women Artists and Gender Negotiations in Republican China (1911-1949), Leyde, Brill, 2020
→Pickowicz, Paul G., Shen Kuiyi et Yingjin Zhang (dir.), Liangyou: Kaleidoscopic Modernity and the Shanghai Global Metropolis, 1926–1945, Leyde, Brill, 2013
Son récit : une perspective féminine de la collection GDMoA, musée du Guangdong, Guangzhou, août 2021
→Image de soi : femmes artistes en Chine (1920-2010), CAFA Museum, Beijing, décembre 2010 – février 2011
→Shanghai Modern, Museum Villa Stuck and the Shanghai Municipal Administration of Culture, Radio, Film & TV, Munich, 14 octobre 2004 – 16 janvier 2005
Peintre chinoise.
Grâce à l’intérêt de ses parents pour l’art (tous deux travaillent dans l’industrie textile), Guan Zilan bénéficie d’une éducation artistique dès son plus jeune âge. Après avoir étudié la peinture à l’école de filles Shenzhou à Shanghai, elle s’inscrit à l’Université chinoise des arts (Zhonghua Yishu Daxue), où elle assiste aux cours du peintre Chen Baoyi (1893-1945) dans la section des arts occidentaux. Une fois son diplôme obtenu en 1927, elle poursuit ses études au Japon, à l’Académie de la culture (Bunka Gakuin) de Tokyo. Lors de son séjour, elle fréquente les artistes Ikuma Arishima (1882-1974) et Kigen Nakagawa (1892-1972), figures majeures du développement du style occidental au Japon.
Le style de Guan, caractérisé par ses couleurs vives et intenses et par sa touche épaisse, reflète l’environnement pédagogique et créatif dans lequel elle fait son apprentissage. Là où de nombreux artistes postimpressionnistes occidentaux sont influencés par le japonisme, ces échanges artistiques et culturels sont en fait bilatéraux. En effet, les artistes modernes japonais des années 1920 et 1930 se passionnent pour le fauvisme. Guan fait ses études à Tokyo à l’époque où cette influence occidentale est à son apogée et, de ce fait, son œuvre traduit cet esprit fauviste. Dans Portrait de Miss L (1929), elle privilégie une touche épaisse et ample et d’éclatants aplats de couleur qui évoquent l’œuvre d’Henri Matisse (1869-1954). Toutefois, le personnage que représente Portrait de Miss L est une Shanghaïenne moderne : l’identité distinctement chinoise du modèle est dénotée par la présence de sa tenue à la mode typiquement shanghaïenne (notamment le qipao et son col mandarin), accentuée par sa chevelure noire coupée au carré et ses joues copieusement fardées de rouge. Avec ce tableau, Guan synthétise ses influences européennes, son apprentissage artistique japonais et sa propre identité chinoise, et prouve ainsi sa maîtrise des techniques modernistes.
À son retour à Shanghai à la fin des années 1920, Guan jouit d’une popularité publique et critique. Elle bénéficiera tout au long de sa carrière de nombreuses expositions individuelles couronnées de succès. Dans la lignée de Portrait de Miss L, elle continue de peindre principalement des portraits de jeunes femmes, notamment Portrait d’une jeune fille (Puberté) (1941) et Femme à la mandoline (années 1940). Portrait d’une jeune fille se caractérise par la touche spontanée de l’artiste, mais fait usage de tons plus sombres et mélancoliques que Femme à la mandoline, qui regorge de motifs bariolés qui s’étendent jusqu’aux bords du cadre. Outre ses portraits de jeunes femmes, Guan peint aussi des natures mortes, des paysages et des études de fleurs. Nature morte au poisson (années 1930) abonde en larges touches de pigments vifs et hautement saturés. Le sujet de cette œuvre, tout comme son usage de saisissantes nuances de violet dans son tableau Glycine chinoise (1931), fait parfaitement écho au nom anglicisé de l’artiste, Violet Kwan (zilan désigne la violette). Présenté lors de son exposition individuelle au Hua’an Building de Shanghai en 1930, son tableau Vues du lac de l’Ouest (1929) démontre sa connaissance des techniques impressionnistes comme de l’art de la composition ukiyo-e, où un objet volumineux et rogné est souvent placé au premier plan. Au cours des années qui précèdent la Révolution culturelle (1966-1976), Guan se tourne vers un style plus réaliste, qui se manifeste dans les contours moins abstraits de son Vase de fleurs (1966). Guan continue ensuite d’exposer tout en enseignant les arts plastiques, puis finit par mettre un terme à sa production artistique au début de la Révolution culturelle.
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring
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