Pirak Sikku, Katarina, Sikku, Niels-Henrik, Torvkåtornas torvkåta och renägarinnan från Skåne, Stokholm, KulaCultura publishing – Sámi girjelágádus, 2020
→Griffin, Gabrielle, Pirak Sikku, Katarina, « ‘My Body, My Self’: Indigeneity, Bioprecarity and the Construction of the Embodied Self – An Artist’s View ”, in Griffin, Gabrielle, Leibetseder, Doris (dir.), Bodily Interventions and Intimate Labour: Understanding Bioprecarity, Manchester, Manchester University Press, 2020
→Heith, Anne, « Enacting Colonised Space. Katarina Pirak Sikku and Anders Sunna », Nordisk Museologi, no. 2, 2015, p. 69-83
Tevetrampolinen, Norrtälje Konsthall, Norrtälje, 3 juin – 9 septembre 2023
→Dollet Almmiravdii. Towards the Edge of the Sky, Havre Magasinet, Boden, 25 février – 14 mai 2023
→Nammaláhpan, Bildmuseet, Umeå, 31 janvier – 20 février 2014
Artiste interdisciplinaire saamie-suédoise.
Fille de Lars Pirak (1932-2008), artiste et duodjar [artisan] saami de Lule, Katarina Pirak Sikku conduit des recherches archivistiques et mêle dans sa pratique artistique le dessin, la couture, la broderie, la photographie, la vidéo, la peinture et l’installation. Elle obtient un master de l’académie des beaux-arts d’Umeå en 2005.
Son travail se confronte en profondeur avec l’histoire saamie et les stratégies de résilience culturelle qui se développent en réponse à l’oppression, qu’elle soit historique ou contemporaine. En défi aux récits historiques dominants, qui représentent la modernité comme une marche harmonieuse vers le progrès, son œuvre attire l’attention sur les difficultés rencontrées par les Saamis – comme le maintien des traditions de la chasse au rêne (Jåhkåmåhkke/Jokkmokk, 2021), la résistance au remembrement des terres et la confrontation à l’effacement et à la marchandisation simultanées des cultures autochtones.
L’un de ses premiers projets, Here Begins Sámiland, Here Ends Sweden (2004), imagine la région saamie comme un État ethnique afin de questionner l’essentialisme culturel et les frontières nationales. Lors de ses études à Umeå, K. Pirak Sikku commence à mener des recherches sur les politiques raciales ayant eu cours en Suède au début du xxe siècle. Des documents d’archives révèlent que son beau-père a fait l’objet de prises de mesures crâniennes et corporelles par l’Institut suédois de biologie raciale en 1923, au nom d’une « science » enracinée dans l’eugénisme. Cette découverte informe l’œuvre Grasp (2006), exposée au Bildmuseet, à Umeå, dont la photographie centrale représente l’artiste de profil, portant un kolt saami traditionnel et tenant un instrument de mesure utilisé dans ces études.
L’installation Gállok (2013) est intitulée d’après le site saami de Lule, près de Jokkmokk (Kallak en suédois) – la terre d’origine de l’artiste et un endroit central de l’histoire culturel saamie. Elle fonctionne comme la documentation d’un événement qui révèle des processus habituellement cachés de la sphère publique, dont la restructuration des terres, la dépossession et l’entremêlement de la gouvernance et de l’identité. L’œuvre consiste en une matière géotextile qui a été déposée au sol lors d’une manifestation locale contre la prospection géologique dans la région, et qui révèle les empreintes des pieds des manifestant·es et des travailleur·ses, ainsi que les traces de pneus, tout comme l’absence notable de traces de celleux ne souhaitant pas en laisser. En transformant ces empreintes fragiles en un document historique, l’artiste contre les récits écrits par les acteur·rices historiquement dominant·es. En 2017, l’installation est présentée au sein de l’exposition Manipulate the World au Moderna Museet de Stockholm, et elle est acquise pour les collections permanentes du musée.
L’installation triptyque Walk on Campus (2019) est achetée par le campus de l’université Mid Sweden. L’œuvre Perpetually Wound in the Colours of the Ancestors (2021) comprend des albums de photographies de personnes saamies composés sous les auspices de l’Institut de biologie raciale, reliés par K. Pirak Sikku dans des matériaux de récupération provenant de vêtements et d’objets traditionnels saamis. Elle est conservée à la bibliothèque Carolina-Rediviva de l’université d’Uppsala.
K. Pirak Sikku rend visible et tangible la présence saamie dans la sphère publique, resituant l’histoire et l’expérience saamies au sein de luttes anticoloniales plus vastes ainsi que d’expériences partagées des politiques gouvernementales excluantes et du pouvoir capitaliste. En 2022, elle est récompensée du prix de la Culture du Conseil saami de l’Église de Suède.
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring
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