Nakajima, Izumi, « Tada Minami no ‘shiwa’: ‘Posuto akushon’ no hyōgen toshite [Les ‘ rides’ de Minami Tada : une expression ‘Post Action’] », Anchi akushon: Nihon sengo kaiga to josei no gaka [Anti-Action : Peinture japonaise et femmes-peintres d’après-guerre – édition révisée et augmentée], Tokyo, Chimuka Shobō, 2025
→Hikari o atsume, iro o hanatsu: Kenchiku o irodoru Tada Minami no zōkei [Concentrer la lumière pour diffuser la couleur. Les formes plastiques de Minami Tada dans l’aménagement architectural], cat. exp., Musées INAX (7 octobre 2023 – 26 mars 2024), Tokoname, 2023
→Tada Minami ten: Hikari o atsumeru hito [Exposition du 40eanniversaire du musée : Minami Tada], cat. exp., Musée en plein air de Hakone (3 octobre – 6 décembre 2009), Hakone, 2009
→Tokubetsuten Tada Minami : Hikari no meikyū [Exposition Minami Tada. Labyrinthe de lumière], cat. exp., Musée départemental des beaux-arts de Mie (3 août – 8 septembre 1991) ; Musée Shōtō des arts de l’arrondissement de Shibuya, Tokyo (26 novembre 1991 – 26 janvier 1992), Tokyo, 1991
→Minami Tada, Tada Minami, Tokyo, Heibonsha, 1990
Tada Minami: Hikari, rin to yureru [Minami Tada, Noble vacillement de la lumière], Musée d’art contemporain de la ville de Tokyo, 29 août – 6 décembre 2026
→Hikari o atsume, iro o hanatsu: Kenchiku o irodoru Tada Minami no zōkei [Concentrer la lumière pour diffuser la couleur. Les formes plastiques de Minami Tada dans l’aménagement architectural], Musées INAX, Tokoname, 7 octobre 2023 – 26 mars 2024
→Tada Minami ten: Hikari o atsumeru hito [Exposition du 40eanniversaire du musée : Minami Tada] Musée en plein air de Hakone, 3 octobre – 6 décembre 2009
→Par-delà l’espace et le temps, Exposition Minami Tada, Musée des beaux-arts de Kaoshiung, 3 novembre 2001 – 27 janvier 2002 ; Musée des beaux-arts de Taipei, 9 février – 21 avril 2002
→Tada Minami, Musée départemental des beaux-arts de Mie, 3 août – 8 septembre 1991 ; Musée Shōtō des arts de l’arrondissement de Shibuya, Tokyo, 26 novembre 1991 – 26 janvier 1992
Artiste japonaise.
Bien que née en 1924 à Kaohsiung sur l’île de Formose (aujourd’hui Taïwan), alors sous administration japonaise, Minami Tada passe ses jeunes années à Keijō (aujourd’hui Séoul) en Corée, où son père est muté. Elle y apprend les techniques de la peinture occidentale auprès d’un professeur particulier, et quelques-unes de ses toiles sont même sélectionnées pour être exposées au Salon officiel des arts de Corée. Sa famille rentre au Japon avant la fin de la guerre, et M. Tada poursuit ses études à l’École des arts pour jeunes filles en section des arts occidentaux (filière enseignement), dont elle sort diplômée en 1944.
En 1956, une de ses toiles est admise au 41e Salon de l’Association Nika, organisé au Musée des beaux-arts de la ville de Tokyo ; c’est dans cet établissement qu’elle présentera sa création jusque dans les années 1960, alternant entre le Salon Nika et l’Exposition des indépendants du Yomiuri. À travers un enchevêtrement de lignes puissantes évoquant câbles et pylônes et une composition chromatique de formes polygonales, sa série Hendensho [Sous-station électrique] dévoile l’intérêt de l’artiste pour les éléments intangibles, comme l’énergie ou la lumière. En 1957, un concours est lancé pour réaliser un relief sculpté destiné à orner la Maison du Syndicat japonais des mineurs, auquel participe notamment le sculpteur Kakuo Shinkai (1904-1968), mais c’est finalement l’œuvre de M. Tada, Tankō [Mine de charbon], qui est retenue. C’est sa toute première création en trois dimensions, marquant ainsi ses débuts dans l’univers architectural. Elle explore alors différentes pistes – sculpture combinant des matières comme le plastique et le fer, ou peinture abstraite intégrant des matériaux hétérogènes –, pour finalement exposer en 1960 au 45e Salon Nika un bronze qui décroche le Prix spécial. Au fil de ses recherches sur les matériaux et les techniques, faisant d’incessants allers-retours entre peinture et création en relief, elle finit par rejoindre le groupe de sculptrices Kaku. En 1962, elle fonde le Laboratoire Minami Tada dans le quartier de Kugayama à Tokyo, et entreprend des recherches sur les nouveaux matériaux, à commencer par l’acrylique. La même année, elle présente des œuvres lumineuses largement saluées par la critique, dans diverses expositions de design, dont la 8e Exposition des produits en plastique au grand magasin Matsuya de Ginza. En 1963, elle achève une sculpture monumentale en aluminium, façonnée au marteau ou à chaud, comme si elle voulait délibérément effacer toute trace purement « manuelle ». C’est à cette époque qu’elle commence à travailler sur des lustres à suspendre au plafond, série qu’elle intitule Hikari-zōkei [Sculptures lumineuses]. En 1965, Shūhasū 37306505 [Fréquence 37306505] remporte le premier prix à la 8e Exposition d’art du Japon, qui se tient au Musée des beaux-arts de la ville de Tokyo : il s’agit d’une demi-sphère déformée en acrylique que M. Tada vaporise d’aluminium, afin de voir s’y refléter l’environnement qui l’entoure. Cette œuvre marque un tournant décisif dans le style de l’artiste.
En effet, M. Tada mène dès lors de front une création sculpturale et un travail d’aménagement architectural, deux domaines où elle s’impose sans conteste. Au début des années 1980, elle participe régulièrement aux expositions en extérieur organisées au Musée de la sculpture en plein air de la ville d’Ube et dans le parc Suma Rikyū de Kobé, où elle décroche de nombreuses récompenses. Elle est également présente lors de manifestations majeures du Japon, comme la grande exposition Kūkan kara kankyō e [De l’espace à l’environnement] en 1966 (Ginza Matsuya). En 1979, elle remporte le Grand Prix avec Kyoku [Pôle] lors de la première exposition Henry Moore au Musée en plein air de Hakone, ainsi que le Prix du Musée national d’art moderne de Tokyo pour Chiaroscuro lors de la 8e Exposition de la sculpture contemporaine japonaise d’Ube.
Ses Hikari-zōkei [Sculptures lumineuses] accrochées dans le nouveau Palais impérial, achevé en 1968, sont emblématiques du renouveau qu’elle opère dans le champ de l’aménagement architectural, le nom de M. Tada devenant désormais largement reconnu. Elle est régulièrement sollicitée pour de grands projets impliquant les arts plastiques. Citons le mur de lumière Reimei [Aurore] à l’Hôtel impérial de Tokyo (1970), Space Terminal au Keio Plaza Hotel (1971), la sculpture lumineuse Zuiun [Nuages de bon augure] (1973) au Royal Hotel Osaka (auj. RIHGA Royal Hotel Osaka) ou encore la façade de l’immeuble Lee à Ginza (1974).
À partir des années 1980, elle cherche à élargir sa palette chromatique, en s’appropriant progressivement de nouvelles techniques et de nouveaux matériaux, comme l’aluminium anodisé en couleur ou les carreaux de céramique recouverts d’émail glacé. Sa dernière réalisation est un relief pour l’Olive Bay Hotel de Nagasaki en 2013. Elle s’éteint en 2014 à Tokyo. Parmi les distinctions les plus prestigieuses qu’elle a reçues : citons le 21e Prix des arts du Mainichi (1980), le 6e Prix Yoshida Isoya (1981), le Prix du ministre de l’Éducation et de la Culture pour les arts (1983), la Médaille au ruban pourpre (décernée à des individus ayant contribué au développement des sciences et des arts, 1988) et la Médaille de 4e classe de l’Ordre de la Couronne précieuse (1994).