Angelov, Valentin, Разходка из естетиката [Une promenade à travers l’esthétique], Veliko Turnovo, « St. Cyril and St. Methodius”, University Press, 2025
→Angelov, Valentin, “Nadezhda Kuteva – Known and Unknown”, Democracy, 84, year VII, 8th of April 1996, p. 8
→Ruenov, Ruen, “I am a Balkan artist. A conversation between Ruen Ruenov and Nadezhda Kuteva”, Art in Bulgaria, 3, 1993, pp. 4-5
From Samothrace to Sofia, Sofia City Art Gallery, Sofia, avril – mai, 2012
→Exposition solo, Rayko Alexiev Hall, Union of the Bulgarian Artists, Sofia, 2001
→Exposition solo, Museum of Foreign Art (now the National Gallery), Sofia, avril 1996
Peintre bulgare.
Nadezhda Kuteva est peintre et dessinatrice. Fille de Philip Koutev, compositeur et chef d’orchestre influent, fondateur en 1951 de l’Ensemble folklorique national Philip-Koutev, elle est l’un·e des artistes contemporain·es les plus connu·es de Bulgarie. Pourtant, on ignore beaucoup de choses de sa vie. Dans les sources disponibles (aucune monographie ne lui est consacrée), on note ainsi des incertitudes concernant son année de naissance (1946 ou 1948) et les dates de sa formation en peinture murale à l’Académie nationale des arts – selon l’Union des artistes bulgares, elle y étudie de 1964 à 1971, tandis que d’autres sources indiquent qu’elle est diplômée en 1972. En 1981, N. Kuteva se spécialise à la Corcoran School of Art, à Washington.
Certaines analyses critiques voient en elle une suiveuse d’Ivan Milev (1897-1927), l’un des représentants les plus influents de la peinture symboliste et de la Sécession bulgares. Toutefois, N. Kuteva voyage beaucoup et tire aussi sans aucun doute son inspiration d’artistes tels que Paul Cézanne (1839-1906), Paul Gauguin (1848-1903), Georges Seurat (1859-1891), Camille Pissarro (1830-1903), Henri Rousseau (le Douanier, 1844-1910), les impressionnistes en général, mais aussi les futuristes ou Alexandre Deïneka (1899-1969) et même les peintres de la Renaissance, dont Fra Angelico (1395-1455). Des parallèles semblables ont été tracés par l’historien de l’art Valentin Angelov, qui a recontextualisé le travail de N. Kuteva dans un cadre européen. Par ailleurs, dans des entretiens qu’elle accorde à ses débuts, l’artiste met en avant l’influence sur son travail des films de Luis Buñuel ainsi que de la musique. Enfin, elle est profondément fascinée par les croyances et les mythes bulgares païens et folkloriques.
N. Kuteva possède un style distinctif, caractérisé en particulier par une représentation stylisée du corps féminin. Dans ses peintures, elle figure souvent des scènes de groupe impliquant des personnages féminins en train de danser, de chanter et de réaliser des rituels païens, fréquemment autour d’un feu, vêtus de costumes folkloriques ou portant des masques. Elle exagère les formes de ces femmes – larges, fortes, robustes. Cette tendance est certes caractéristique du réalisme socialiste, mais l’artiste la porte à un niveau où le corps féminin semble alors se revendiquer comme omnipotent (Kрали Марко добива сила [Krali Marko prend des forces, 1980]). Les femmes apparaissent aussi comme des figures hybrides, démoniaques, qui se distinguent des figures masculines uniquement par leur habillement et par leur chevelure voilée. Dans d’autres compositions, dénuées de figures masculines, elles sont peu différenciées des animaux représentés, des plumes dépassant de leurs voiles jaunes, comme des cornes (Лазарки [Lazarki, 1986]) ; ou alors, les personnages sont représentés avec des corps féminins mais des têtes d’animaux, comme dans Нощ [Nuit, 1990]. Dans les dernières décennies de sa carrière, N. Kuteva privilégie des sujets religieux, plus particulièrement liés à l’Apocalypse. Malgré ce changement de direction thématique, les œuvres de cette période montrent encore un intérêt accru pour les « créatures » – anges, griffons, séraphins, démons – qui confère à sa peinture une imagerie fantastique singulière, créant un univers alternatif, comme inspiré par les mondes de Jérôme Bosch (vers 1450-1516).
Les œuvres de N. Kuteva font partie des collections de la galerie nationale des Beaux-Arts de Sofia, de la galerie municipale des Beaux-Arts de Sofia et de galeries de villes importantes en Bulgarie, ainsi que du musée d’Art contemporain de Szczecin (Pologne) et de la Galerie nationale de Bratislava (Slovaquie), entre autres. Entre 1975 et 2005, des expositions individuelles lui sont consacrées en Slovaquie, en Pologne, à Chypre, au Vietnam, au Japon, en Serbie, en Macédoine, aux Pays-Bas et en Allemagne.