Renée Sintenis

1888Glatz, Pologne | 1965Berlin, Allemagne
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Sculptrice et dessinatrice allemande.

À son époque, la critique d’art – alors essentiellement masculine – est persuadée qu’une femme sculpteur doit exceller dans les sujets miniatures, proches du bibelot, traitant des thèmes relativement légers, dit « féminins », tandis que la taille directe, le monumental sont de l’ordre du masculin. En semi-conformité avec ces règles du jeu par le choix de la sculpture animalière – un genre « respectable –, Renée Sintenis va gagner ainsi une place officielle dans l’art de son temps. Issue d’une famille d’huguenots français réfugiés en Allemagne, elle grandit dans un milieu aisé. Elle apprendra sculpture auprès de Wilhelm Haverkamp, à l’Académie du musée royal des Arts décoratifs de Berlin, mais son père, un juriste, refuse qu’elle fasse une carrière artistique; elle quitte alors le domicile familial. Vivant désormais avec une amie, elle produit ses premiers petits bronzes animaliers ; elle va régulièrement au zoo de Berlin étudier les animaux. En 1915, la présentation de ses œuvres à la Secession de Berlin lui vaut une notoriété naissante. Grâce à son amie la photographe Frieda Riess (1890-1955), elle fréquente le milieu artistique et intellectuel de la ville. En 1917, elle épouse Emil Rudolf Weiss, professeur de typographie à l’Académie des beaux-arts, poète et écrivain. Remarquée par l’influent galeriste de la modernité, Alfred Fleichtheim, elle sera présente tous les ans dans sa galerie, mais aussi en France, à New York, à La Haye. En 1921, elle illustre la traduction de Sappho d’Hans Rupé : son dessin aux lignes stylisées montre des femmes dénudées ou drapées, à peine ébauchées dans un univers immatériel. En 1925, A. Fleichtheim l’expose aux côtés de la peintre Marie Laurencin.

La sculptrice aborde le corps masculin par les pratiquants de sport, modèles pour l’étude des masses : les mouvements rapides du boxeur, du coureur, du joueur de polo sont montrés avec la même acuité que le mouvement lent du cheval qui se couche. Son succès culmine en 1926 avec Der Läufervon Nurmi (« le coureur de Nurmi », 1926), pour lequel elle reçoit en 1932 le prix Olympia. En 1931, elle est la première femme membre de l’Académie de Berlin ; elle y enseigne jusqu’à ce qu’elle soit chassée par les nazis en 1934. Pendant la guerre, son atelier est détruit par les bombardements. En juin 1945, l’artiste expose dans une des premières expositions berlinoises d’art contemporain, et réintègre son poste de professeure en 1947. L’année suivante, elle reçoit le Premier prix artistique de la ville.

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Catherine Gonnard

Extrait du Dictionnaire universel des créatrices
© 2013 Des femmes – Antoinette Fouque
Renée Sintenis — AWARE Women artists / Femmes artistes

Renée Sintenis, Boy and Colt, 15,9 x 6,4 x 12,4 cm, © Detroit Instituts of Arts, © ADAGP, Paris

Renée Sintenis — AWARE Women artists / Femmes artistes

Renée Sintenis, Deux poneys, 1936, bronze, 8 x 15,5 cm, collection particulière, © ADAGP, Paris

Renée Sintenis — AWARE Women artists / Femmes artistes

Renée Sintenis, Boy with dog, 1923, pointe sèche sur papier, 22,1 x 16,8 cm, © MOMA, © ADAGP, Paris

Renée Sintenis — AWARE Women artists / Femmes artistes

Renée Sintenis, Chariot Racing, pointe sèche imprimée à l’encre noire sur papier vergé, 12,1 x 14,6 cm, © Detroit Instituts of Arts, © ADAGP, Paris

Renée Sintenis — AWARE Women artists / Femmes artistes

Renée Sintenis, Daphne, 1917-18, 29,2 x 4,9 x 4,8 cm, © Detroit Institute of Arts, © ADAGP, Paris

Renée Sintenis — AWARE Women artists / Femmes artistes

Renée Sintenis, Junges Dromedar, 1927, bronze, collection particulière, © ADAGP, Paris

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