Blackmore, Lisa, « Art for the Hydrocommons: Rethinking Human-Water Relations in Latin America, » Environmental Humanities 17, no. 1, 2025, p. 23-44
→López García, Vanessa (dir.), Tania Candiani: Como el trazo, su sonido / Like the trace, its sound, cat. exp., Museo de Arte Contemporáneo (18 juin – 27 novembre 2022), Mexico, MUAC-UNAM, 2022
→Jasso, Karla, Cinco variaciones de circunstancias fónicas y una pausa, cat. exp., Laboratorio Arte Alameda, Mexico (30 octobre 2012 – 1 mars 2013), Mexico City, Instituto Nacional de Bellas Artes y Literatura, 2015
Desminar. Fragmentos: Espacio de Arte y Memoria, Bogotá, 13 avril – 28 juillet 2024
→Tania Candiani. Como el trazo, su sonido, Museo de Arte Contemporáneo (MUAC), Mexico, 18 juin – 27 novembre 2022
→Cinco variaciones de circunstancias fónicas y una pausa, Laboratorio Arte Alameda, Mexico, 30 octobre 2012 – 1 mars 2013
Artiste pluridisciplinaire mexicaine.
La pratique de Tania Candiani se situe aux intersections de l’automatique et du mécanique, du passé et du présent, du·de la locuteur·ice et de l’auditeur·ice. À travers l’utilisation de multiples médiums allant du textile aux systèmes de codification, son œuvre élargit le concept de la traduction ou, plus spécifiquement, le concept de ce qui peut être traduit. Les motifs et sons pulsent au sein de leurs environnements construits, permettant à T. Candiani d’explorer les corrélations entre les systèmes de langues, de frontières et de souveraineté.
La traduction peut être définie comme un mode de conversion d’une forme vers une autre. Profondément inspirée par les graffeur·ses de Tijuana qu’elle côtoie à la fin des années 1990, T. Candiani apprend à aborder le texte comme s’il s’agissait d’une matière et la forme comme s’il s’agissait de texte. Dans Cierre Libertad [Bloque liberté, 2008], l’artiste réinvente le lien entretenu par la région frontalière avec l’espace et l’histoire coloniale. Avec ses morceaux de ferraille aspergés de couleurs vives, son installation prend la forme du relief montagneux dont la vue se trouve obstruée par la barrière frontalière états-unienne. Bien qu’elle n’ait modifié qu’une petite portion de la clôture, T. Candiani réinterprète la barrière physique apparemment inflexible pour en faire un élément malléable et transformable.
La portée de la pratique de T. Candiani s’étend de la conception d’un nouveau monde à l’écoute du monde ancien. Pulso [Pouls, 2016-2019] parcourt les histoires entremêlées du réseau du métro de la capitale mexicaine, des cours d’eau de la vallée de Mexico et des systèmes liés au genre et au travail. Dans cette performance filmée, 195 femmes voyagent sur les douze lignes du métro. Pendant qu’elles attendent la prochaine rame, leurs mains teintées de cochenille jouent du teponaztli, une sorte de tambour à fente mésoaméricain traditionnellement réservé aux hommes. L’effort physique requis pour silencieusement transporter les instruments à bord des trains tranche avec le dynamisme des 195 battements de tambour qui retentissent sous terre. Conçue pour résonner comme un pouls collectif unique (comme en témoigne l’usage du singulier « pulso » plutôt que « pulsos » dans le titre), l’œuvre de T. Candiani orchestre une réappropriation de l’espace qui fluctue entre passé et présent.
Desminar [Déminer, 2024] convoque également des voix multiples pour traduire les effets de la violence militaire en Colombie et au Mexique. Cette création convertit un détecteur de mines en une sculpture participative qui interagit avec le sol en plaques de métal de la galerie Fragmentos: Espacio de Arte y Memoria à Bogotá — composé d’armes fondues et conçu en 2017 par Doris Salcedo (Colombie, 1958-) avec des survivantes d’abus sexuels. Elle fait également référence à la Plaza de las Tres Culturas à Mexico, site marqué par la colonisation et par le massacre d’étudiant·es en 1968. Codé à l’aide d’un logiciel d’intelligence artificielle, Desminar est une projection audiovisuelle en temps réel sur surfaces synthétiques, où les traces physiques des images sont transformées en complainte polyphonique qui évoque les dimensions immatérielles du traumatisme et du soin.
T. Candiani a bénéficié de nombreuses bourses de soutien à ses recherches artistiques, accordées notamment par la Fondation Guggenheim (2011), la Smithsonian Institution (2017-2018) et le Sistema Nacional de Creadores de Arte au Mexique (2012-2015, 2016-2019). Elle représente le Mexique à la 56eBiennale de Venise en 2015 et a réalisé des commandes pour d’autres grandes biennales, dont PAAD/Public Art Abu Dhabi (2024), la Biennale de Shanghai (2025) et la Biennale d’Helsinki (2025). Ses œuvres sont exposées dans des musées, institutions, espaces indépendants et collections publiques et privées du monde entier.
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring
© Archives of Women Artists, Research and Exhibitions, 2026