Özpınar, Ceren, « Tomur Atagök’s Notes on Hale Asaf: Women’s Collaborations and Feminist Solidarity, » in Art, Feminism, and Community: Feminist Art Histories from Turkey, 1973-1998, Oxford, Oxford University Press, 2024, p. 149–183
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Pelvanoğlu, Burcu, « Final Words on Tomur Atagök, » in Tomur Atagök Retrospective Exhibition, cat. exp., Mustafa Kemal Cultural Centre (Besiktas Municipality), Istanbul (7 mai – 15 juin 2015), Istanbul, Besiktas Municipality, 2015, p. 238–240
→Atagök, Tomur, « In conversation with Gulsun Karamustafa, Inci Eviner and Nur Kocak: Turkish Women Artists and Feminism », N. Paradoxa, n° 10, 2002, p. 15–25
Tomur Atagök Retrospective Exhibition, Mustafa Kemal Cultural Centre (Municipalité de Besiktas), Istanbul, 7 mai – 15 juin 2015
→Tomur Atagök, Füsun Onur, Diary of Space, Map of Time, Galerie nationale, Skopje, Macédoine, 15 – 30 octobre 1994
→Oil Paintings and Prints, Taksim Art Gallery, Istanbul, 11 – 25 mai 1974
Peintre, éducatrice et universitaire turque.
Tomur Atagök est une artiste prolifique dont l’œuvre explore les inégalités de genre et les problématiques sociales dès le début des années 1970, puisant son inspiration dans le mouvement de libération des femmes et les débats féministes états-uniens des années 1960. Elle obtient un diplôme d’art au California College of Arts and Crafts en 1964, puis un master d’art à l’University of California, Berkeley, en 1965. À son retour en Turquie en 1973, elle poursuit sa carrière artistique tout en travaillant dans le secteur des musées. Elle obtient un doctorat de la Mimar Sinan Fine Arts University, en 1984. En 1989, elle fonde le premier programme d’études muséales à la Yıldız Technical University. Elle devient ensuite professeure en études muséales au sein de cette même université, en 1993.
La pratique de T. Atagök privilégie la peinture, mais s’autorise également des incursions dans le collage, l’installation et l’impression, et porte une attention toute particulière aux femmes, comme l’illustrent des œuvres telles que Woman Coming Out (1975) et Pink Woman (1984). Elle fait usage de divers matériaux, dont des surfaces métalliques et des miroirs, qui font office de supports auto-réfléchissants dans nombre de ses séries à partir des années 1980, tout particulièrement sa série des Goddesses [Déesses, 1983-] mythiques, qui présente plusieurs figures monumentales de déesses à la recherche d’une ascendance matrilinéaire. T. Atagök entame sa série de Diaries [Journaux] en 1990, amorçant ainsi une nouvelle période au cours de laquelle elle allie ses aptitudes artistiques à son propre vécu. Mue par son désir de conserver des souvenirs de son voyage à Paris, elle crée des collages à l’aide de matériaux du quotidien tels que des tickets de métro et des emballages de bonbons, qu’elle mêle à des dessins et peintures à la manière de journaux intimes. Les Diaries témoignent, avec un sens subtil de l’introspection, de ses remises en question personnelles par le truchement de la peinture et des objets éphémères. De façon similaire, Notes on Hale Asaf, un grand panneau mural qu’elle entame [débute] ensuite, a pour origine une carte de vœux conçue par la peintre turque Hale Asaf (1905-1938), dans les années 1930. Cette œuvre raconte l’histoire de H. Asaf en associant ses recherches sur la carrière et la vie de la peintre avec des photographies d’elle et de sa famille, ainsi qu’avec des dessins de T. Atagök. Elle considère ce panneau comme une page de son journal intime, où les images et les matières documentent des activités qui illustreraient une collaboration (imaginaire) entre les deux artistes.
Tout au long de sa carrière, T. Atagök épouse simultanément les rôles d’artiste, de commissaire d’expositions et d’éducatrice. Elle coordonne l’événement annuel Günümüz Sanatçıları İstanbul Sergisi [Exposition des artistes contemporain·es à Istanbul], de 1978 à 1983, lors duquel elle œuvre contre la discrimination envers les femmes artistes. Elle met en avant dans ses écrits et ses choix de commissariat l’invisibilisation des femmes par l’histoire de l’art turc et, ainsi, permet d’inclure les femmes dans cette histoire. Les expositions que T. Atagök organise, notamment Contemporary Women Artists (1993) et Tracks : Women Artists and Generations (1995), promeuvent la coordination et la solidarité féministes dans le milieu de l’art turc des années 1990.
L’œuvre de T. Atagök a fait l’objet de plusieurs expositions individuelles et collectives. En 2015, une rétrospective et un catalogue la mettent à l’honneur. Ses œuvres sont présentes au sein d’importantes collections turques, dont celles d’Akbank, Garanti Bank et du musée d’Art moderne d’Istanbul, ainsi que dans des collections internationales telles la Galerie nationale de Macédoine (Skopje) et la Galerie nationale des beaux-arts de Jordanie à Amman.
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring
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