Schneider, Wolf, « Art Gallery: Abstract Pioneer Linda Lomahaftewa, » Cowboys & Indians, 1 août 2024, https://www.cowboysindians.com/2024/08/art-gallery-abstract-pioneer-linda-lomahaftewa/
→Abbot, Lawrence (dir.), I Stand in the Center of the Good: Interviews with Contemporary Native American Artists, Lincoln, University of Nebraska Press, 1994, p. 149–159
→Archuleta, Margaret, Strickland, Rennard (ed.), Shared Visions: Native American Painters and Sculptors in the Twentieth Century, exh. cat., Heard Museum, Phoenix (13 April–28 July, 1991), Phoenix, Heard Museum, 1991, p. 56–94
Space Makers: Indigenous Expression and a New American Art, Crystal Bridges Museum of American Art, Bentonville, 13 avril – 30 septembre 2024
→The Land Carries Our Ancestors: Contemporary Art by Native Americans, National Gallery of Art, Washington D.C., 22 septembre 2023 – 15 janvier 2024
→The Moving Land: 60+ Years of Art by Linda Lomahaftewa, Institute of American Indian Arts, Santa Fe, 28 janvier – 17 juillet 2021
Peintre, graveuse et artiste pluridisciplinaire états-unienne, hopi et chacta.
Linda Lomahaftewa naît d’un père hopi et d’une mère chacta. Elle effectue sa scolarité dans des écoles missionnaires et dans des établissements gérés par le Bureau of Indian Affairs jusqu’en 1962, puis rejoint la classe inaugurale de l’Institute of American Indian Arts (IAIA) aux côtés d’autres artistes influent·es tel·les que T.C. Cannon (1946-1978) ou Kevin Red Star (1943-). Elle obtient une licence de peinture à l’Institut des arts de San Francisco en 1970 et un master de peinture dans cette même institution, l’année suivante. Elle débute sa carrière d’enseignante en 1971 en donnant des cours sur la recherche et l’art amérindiens à la Sonoma State University de 1971 à 1974, puis à l’University of California à Berkeley de 1974 à 1976. Pendant plus de quarante ans, de 1976 à 2017, elle anime un atelier d’art à l’IAIA.
Tout au long de sa carrière artistique, L. Lomahaftewa se définit comme artiste pluridisciplinaire, avec une prédilection pour la peinture et la gravure. Son œuvre associe des formes abstractionnistes modernistes à des références aux cérémonies, récits de création et paysages hopis et chactas. Elle est depuis toujours l’une des figures de proue de l’art moderne amérindien et une éducatrice influente sur ce sujet.
Lors de ses études à l’IAIA, L. Lomahaftewa avait au départ pour projet de devenir dessinatrice publicitaire, mais ses professeurs la persuadent de se consacrer aux beaux-arts. Au début de sa pratique artistique, elle expérimente avec les aplats de couleur abstraits, comme en témoigne l’œuvre The Quiet Land, The Warm Land (1965). Plus tard, à l’Institut des arts de San Francisco, des tableaux tels que Sustenance #1 (vers 1970) incorporent des palettes de couleurs plus vives et des compositions surréalistes. Dès les années 1980, elle se réfère de façon plus ouverte à son héritage hopi et se consacre d’autant plus à la gravure qu’à la peinture. Elle travaille principalement sur des monotypes et lithogravures. À partir de cette époque, ses gravures et tableaux contiennent davantage de représentations de figures humaines, d’animaux et de symboles employés dans les pratiques cérémoniales hopis. Elle rend hommage à son lien à sa terre natale de Sungopovi, sur la Hopi Second Mesa en Arizona du Nord, en y incorporant des emblèmes culturels majeurs tels que les perroquets, le maïs et les dessins pétroglyphiques. En plus de puiser son inspiration dans son héritage hopi et chacta, elle tisse des liens transnationaux avec d’autres artistes et formes d’art autochtones. Dans les années 1990, elle se rend en Nouvelle-Zélande/Aotearoa pour travailler avec des artistes māoris. Ces séjours sont à l’origine des collages comme Dancing Spirits (1996), qui associent l’esthétique traditionnelle Māori à des matériaux éphémères collectés lors de ses voyages. Depuis sa retraite de l’enseignement prise en 2017, L. Lomahaftewa poursuivit sa pratique de la gravure.
Les œuvres de L. Lomahaftewa ont fait l’objet d’expositions collectives et individuelles dans son pays et à l’international. En 2021, elle bénéficie d’une rétrospective, intitulée The Moving Land : 60+ Years of Art by Linda Lomahaftewa, à l’Institute of American Indian Art Museum of Contemporary Native Arts de Santa Fe, Nouveau-Mexique. Elle a également reçu plusieurs prix prestigieux, dont le Power of Art Award décerné par la Fondation Robert Rauschenberg en 2001. Ses œuvres sont conservées dans les collections de la National Gallery of Art de Washington D.C., au Heard Museum de Phoenix et au Wheelwright Museum of the American Indian de Santa Fe, entre autres.
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring