Eva Jospin, Grottesco, cat. exp. Grand Palais, Paris [10 décembre 2025 – 15 mars 2026], Paris, RMN Éditions, 2025
→Wat Pierre, Palazzo, cat. exp., Palais des Papes, Avignon [30 juin 2023 – 7 janvier 2024], Paris, Gallimard, 2023
→Germain-Donnat Christine (dir.), Eva Jospin. Galleria, cat. exp., Musée de la Chasse et de la Nature, Paris [16 novembre 2021 – 20 mars 2022], Paris, Lord Byron, 2022
→Sciama Cyrille, Eva Jospin : de Rome à Giverny, cat. exp., Musée des impressionnismes, Giverny [19 novembre 2021 – 16 janvier 2022], Paris, Atelier EXB, 2021
Eva Jospin, Grottesco, Grand Palais, Paris, 10 décembre 2025 – 15 mars 2026
→Eva Jospin – Chambre d’écho, Atelier Courbet, Ornans, 28 juin – 19 octobre 2025
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Eva Jospin, Orangerie du Château de Versailles, Versailles, 18 juin– 19 september 2024
→Selva, Museo Fortuny, Venise, 10 avril 2024 – 13 janvier 2025
Sculptrice française.
Formée à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, dont elle est diplômée en 2002, Eva Jospin commence sa carrière en sculptant le carton. Ce matériau pauvre et facile d’accès est à la fois naturel (à base de pâte à papier) et symbole de la société de consommation (en tant que produit d’emballage). L’artiste travaille patiemment par strates, superposant plusieurs couches de carton en créant des vides et des pleins, des jeux entre ombre et lumière. Une forme de savoir-faire proche des métiers d’art est à l’œuvre. Cette porosité entre art et artisanat est, pour E. Jospin, une ambiguïté féconde.
Si le carton reste son matériau de prédilection, elle diversifie par la suite sa pratique en dessinant sur papier, en sculptant le bronze ou en brodant la soie. Elle adjoint aussi des matières naturelles (liège, pierres, coquillages) à ses sculptures et installations. Son utilisation de la soie a été initiée grâce à une invitation de Dior pour le défilé haute couture automne-hiver 2021-2022. Cette collaboration a permis la création d’une œuvre majeure, Chambre de soie (2021), inspirée par la salle de broderie du palais Colonna à Rome et par l’essai Une chambre à soi de Virginia Woolf. Installée à la manière d’un panorama du XIXe siècle (format récurrent chez l’artiste), cette œuvre de grande envergure a été produite avec des artisans brodeurs en Inde.
L’histoire de l’art classique, en particulier la période baroque, alimente le travail d’E. Jospin. L’Italie est une importante source d’inspiration, tant historique que culturelle et linguistique. Ainsi ses titres d’exposition empruntent-ils souvent à l’italien : « Galleria » [Galerie] (musée de la Chasse et de la Nature, Paris, 2021), « Palazzo » [Palais] (palais des Papes, Avignon, 2023), « Selva » [Forêt] (Museo Fortuny, Venise, 2024). L’artiste bénéficie en 2016-2017 d’une résidence à la Villa Médicis, à Rome. Elle est élue à l’Académie des beaux-arts, section sculpture, en 2024 et son travail intègre les collections du Musée national d’art moderne la même année.
Elle est régulièrement invitée à intervenir dans des lieux patrimoniaux. C’est le cas avec Panorama dans la cour Carrée du Louvre (2016) ou Cénotaphe à l’abbaye de Montmajour (2020). Elle crée également des œuvres pérennes, autant dans un contexte naturel (Folie, 2015, domaine de Chaumont-sur-Loire) qu’urbain (La Traversée, 2018, Beaupassage, Paris ; Trésors enfouis, 2024, gare Hôpital-Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre). La question de l’in situ et l’influence de l’architecture nourrissent profondément ses créations.
E. Jospin joue souvent avec l’échelle : dans ses paysages, un même motif peut faire du spectateur un simple regardeur, ou bien un acteur dans le cadre d’installations monumentales et immersives. La grotte et la forêt font partie de ses sujets de prédilection. Partageant une haute charge symbolique et lieux de quête initiatique, elles font dialoguer le sublime et l’effrayant. Les œuvres d’E. Jospin peuvent évoquer forêts profondes, jardins baroques, décorations en rocaille ou grottes artificielles. Elles sont une promenade, une invitation à se perdre dans un entremêlement de motifs végétaux ou minéraux. Mais il s’agit toujours d’une nature recréée, avec artifice et théâtralité, pour des œuvres intemporelles, jouant de l’illusion et de la fascination.
Une notice réalisée dans le cadre du programme +1.
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