Reid, Stuart (dir.), Mary Anne Barkhouse: Settlement/Regency, cat. exp., Brock University, St. Catherines (21 juin – 8 septembre 2013), St. Catherines, Rodman Hall Arts Center, 2014
→Dysart, Jennifer, Bob, Tanya, Barkhouse, Mary Anne, Old Punk Rockers Never Die, They Just Do Installation Art: A Profile of Artist Mary Anne Barkhouse, Vancouver, University of British Columbia, 2012
→Everhart, Heather, « Mary Anne Barkhouse: Sovereign, » in Ahlberg Yohe, Jill, Greeves, Teri (dir.), Hearts of Our People: Native Women Artists, cat. exp., Minneapolis Institute of Art, Minneapolis (2 juin – 18 août 2019) ; Frist Museum, Nashville (27 septembre 2019 – 12 janvier 2020) ; Renwick Gallery, Smithsonian American Art Museum, Washington, D.C. (21 février – 2 août, 2020) ; Philbrook Museum of Art, Tulsa (7 octobre 2020 – 3 janvier 2021), Minneapolis, Minneapolis Institute of Art, 2019, p. 202–203
Mary Anne Barkhouse: Le Rêve aux loups, 16 septembre – 22 décemnre 2017, Esker Foundation, Calgary
→Sakahàn: International Indigenous Art, 17 mai – 2 septembre 2013, National Gallery of Canada, Ottawa
→Boreal Baroque, Mary Anne Barkhouse, The Robert McLaughlin Gallery, Oshawa, 20 avril – 17 juin 2007 ; Gallery Stratford, Stratford, 9 septembre – 28 octobre 2007 ; Art Gallery of Sudbury, Sudbury, 24 novembre 2007 – 13 janvier 2008 ; Canadian Clay & Glass Gallery, Waterloo, 30 mars – 8 juin 2008 ; Agnes-Jamieson Gallery, Minden Hills, 2 juillet – 31 août 2008 ; Thames Art Gallery, Chatham, 12 septembre – 19 octobre 2008
Sculptrice, créatrice d’installations et de bijoux canadienne, membre de la bande nimpkish de la nation kwakiutl.
Mary Anne Barkhouse naît dans une famille d’artistes kwakwaka’wakw de Vancouver, en Colombie-Britannique, dont Ellen Neel (1916-1996), une importante sculptrice sur bois et l’une des premières femmes connues pour avoir fait de la sculpture de mâts totémiques son métier, fait notamment partie. Sa mère vient de la bande nimpkish, de la nation kwakiutl d’Alert Bay, en Colombie-Britannique, et son père est d’origine allemande et britannique, de Nouvelle-Écosse. M. Barkhouse est diplômée de l’Ontario College of Art de Toronto en 1991. Durant ses études, elle apprend auprès de deux figures influentes, les orfèvres Ken Vickerson (1958-) et Lois Etherington Betteridge (1928-2020). Elle commence sa carrière dans les années 1990, puis crée des œuvres aussi bien de petites que de grandes dimensions, qui explorent les questions écologiques et de la gestion autochtone des terres et des eaux. Si elle s’est essayée à la conception de bijoux et à l’estampe, elle est surtout connue pour ses installations et ses sculptures publiques. Ses installations sont des points de rencontre entre les histoires naturelles, européennes et autochtones et leurs ramifications dans la vie moderne.
Au début de sa carrière, M. Barkhouse confectionne des bijoux – boucles d’oreilles, pendentifs et bracelets – pour gagner sa vie. Ces créations sont souvent inspirées par des histoires familiales peuplées de baleines et d’autres animaux marins. Au début des années 2000, son intérêt se porte principalement sur les installations et sculptures publiques. Pourtant, son histoire familiale et les motifs animaux sont toujours très présents dans ses œuvres. Ses installations combinent souvent des meubles baroques avec des sculptures de la faune sauvage. Elle représente fréquemment des oiseaux, des coyotes et des castors pour symboliser le monde naturel, mais aussi pour rappeler la résilience autochtone. Les chaises, tables et meubles opulents font référence aux riches colons à l’époque de leur implantation en Amérique du Nord au contact des Autochtones aux xviie et xviiie siècles. L’une de ses œuvres les plus célèbres, Harvest (2009), est une réflexion sur la colonisation de la vallée de l’Hudson, dans l’État de New York, et sur les conséquences environnementales de l’économie coloniale. La table présente des éléments évoquant la vie végétale, animale et humaine dévastée par la colonisation européenne. Le coyote sculpté menace d’interrompre la scène et peut être perçu comme un symbole de résistance au colonialisme d’implantation ou à ses effets persistants au xxie siècle. M. Barkhouse utilise aussi ses installations, comme Tapestry (2017), pour aborder l’histoire des pensionnats autochtones au Canada et leur violence. Dans cette installation, un castor en bronze, symbole de l’économie coloniale passée comme de la résilience de la nature, contemple le rapport final de la Commission de vérité et de réconciliation du gouvernement canadien, déroulé sous ses yeux sur un tissu rouge. Le castor, survivant de la colonisation européenne, est témoin de l’histoire scandaleuse du système des pensionnats autochtones au Canada.
M. Barkhouse s’est notamment vu commander de nombreuses œuvres d’art public de plein air. Ses sculptures d’animaux se trouvent dans des parcs publics, des universités, des galeries et des musées à travers le Canada. Elles font souvent référence à l’Histoire et aux histoires familiales. Elles affirment la présence autochtone dans des espaces qui ont par le passé masqué leur existence. Les œuvres de M. Barkhouse, exposées dans son pays et à l’étranger, font partie des collections permanentes d’institutions canadiennes, dont le musée des Beaux-Arts du Canada et les archives de l’Ontario.
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring
© Archives of Women Artists, Research and Exhibitions, 2026