Chiglien Alain & Favardin Patrick, Nicola L., Paris, Norma, 2003
Nicola L, galerie Daniel Templon, Paris, 1969
→Nicola L, retrospective 1968-2002, La Casona Galeria, La Havane (Cuba), 2002
→Nicola L.: Works, 1968 to the Present, SculptureCenter, New York, 18 septembre – 18 décembre 2017
Performeuse et designer d’origine française.
Nicola L. passe de l’académie Julian à l’école des beaux-arts de Paris dans l’atelier du peintre Jean Souverbie. Elle découvre New York en 1966, sur une invitation du théâtre expérimental La MaMa, et s’y installe définitivement à la fin des années 1970. Son œuvre conceptuelle s’articule à partir de deux approches qui ouvrent de multiples possibilités : faire corps et faire des corps. Faire corps, c’est-à-dire réunir des corps dans une même peau afin d’habiter ensemble l’espace, plus organiquement, depuis l’intérieur d’une seconde peau. Le Manteau rouge, une même peau pour tout le monde (1969) est une immense toile cousue, sans châssis, pourvue de 11 poches vides adaptées aux dimensions de 11 corps humains. Le manteau est conçu à l’occasion d’une performance destinée à accompagner Gilberto Gil et Caetano Veloso au festival de musique pop de l’île de Wight. Parcourant depuis 2002 le monde avec ses « peaux-d’art » (Cuba, Paris, Los Angeles, la muraille de Chine, et jusqu’au Parlement européen à Bruxelles), l’artiste invite les corps à partager dans ses performances « l’odyssée d’une chair », comme l’écrit Michel Onfray.
Pour elle, faire des corps, c’est les défaire d’abord, disséminer dans l’espace des objets fonctionnels qui sont autant de fragments de corps, métonymies des nôtres : on peut citer L’Œil-lampe (1969), La Femme-commode (qui ironise sur le thème de la femme objet, 1969), L’Œil-table (1970), La Tête cultivée (1970), La Tête-bibliothèque (1996). Les deux approches se rejoignent parfois : faire des corps avec lesquels nous faisons corps en les utilisant, La Main-canapé (1970-1972), La Tête-canapé (1989). Les deux approches se synthétisent avec La Tête-aquarium (2005), où le corps d’un petit poisson prend parfois, au gré de ses déplacements, la place de l’œil.