Stellweg, Carla, « No son todas las que están ni están todas las que son, » in Fajardo-Hill, Cecilia and Butler, Connie (dir.), Radical Women: Latin American Art, 1960–85, cat. exp., Hammer Museum, Los Angeles (15 septembre – 31 décembre 2017), Los Angeles, Hammer Museum, 2017
→Martinez, Al, « Art Is Where You Throw It », Los Angeles Times, 22 octobre1992, www.latimes.com/archives/la-xpm-1992-10-22-me-900-story.html
→Stellweg, Carla, « De cómo el arte Chicano es tan indocumentado como los indocumentados, » Artes Visuales, no. 29, juin 1981, p. 23–28
Xican-a.o.x. Body, The Cheech Marin Center for Chicano Art & Culture of the Riverside Art Museum, Riverside, 17 juin 2023 – 7 janvier 2024 ; Pérez Art Museum, Miami, 13 juin 2024 – 30 mars 2025
→Radical Women: Latin American Art, 1960–1985, Hammer Museum, Los Angeles, 15 septembre – 31 décembre 2017 ; Brooklyn Museum, New York, 13 avril – 22 juillet 2018 ; Pinacoteca de São Paulo, São Paulo, 18 août –19 novembre 2018
→LA Women/Narrations, Mandeville Art Gallery, University of California, San Diego, 6 – 29 octobre 1978
Artiste pluridisciplinaire mexicano-américaine.
L’œuvre de la photographe, artiste d’installation et de performance et conceptrice de livres d’artiste chicana Sylvia Salazar Simpson se compose de matériaux organiques qui s’inscrivent dans leur propre destruction et, ce faisant, révèle combien le processus de détérioration renferme le pouvoir artistique et conceptuel de brouiller les lignes entre l’art et la vie.
S. Salazar Simpson naît à Santa Fe, Nouveau-Mexique, mais passe la majorité de sa jeunesse à Mexico et conserve un lien fort avec le Mexique tout au long de sa carrière. Elle retourne aux États-Unis au milieu des années 1960 et étudie l’art à l’Otis Art Institute (1966-1968) et au California Institute of the Arts (1968-1971). Elle y prend part à l’explosion des pratiques d’avant-garde et expérimentales qui convergent avec le mouvement Chicano, en plein essor dans les années 1970. À cette époque, l’artiste considère la nourriture et le corps comme les éléments d’un langage visuel interconnecté dont elle se sert pour communiquer avec le public.
Sa série Sylvia Salazar Simpson (années 1970) se compose de dix-huit photographies de l’artiste se regardant de près dans un miroir, la tête surmontée de coiffes élaborées faites d’aliments. Elle met ainsi en parallèle deux des attentes traditionnellement assignées aux femmes : la cuisine et l’apparence, qu’elle s’efforce de déformer de manière grotesque en ornant sa chevelure de pieds de porc, de poulpes et de bananes. Les spectateur·ices n’ont jamais la possibilité de distinguer le reflet de S. Salazar Simpson, les privant à la fois d’un plaisir voyeuriste et de la vision d’une beauté féminine conventionnelle qui affirme ainsi avec force son autonomie. Ce jeu croisé sur la sensualité et la répulsion est de même évident dans les performances de l’artiste, notamment l’œuvre sans titre qu’elle interprète lors de l’ouverture de l’exposition LA Women Narrations à la Mandeville Art Gallery de San Diego, en 1978. À cette occasion, S. Salazar Simpson recouvre un homme et une femme de nourriture, dont du beurre de cacahuètes, des grenades ou des cadavres de poissons, et les fait poser à la manière des époux des sarcophages étrusques de Cerveteri, allusion humoristique au mariage et à la mort.
Outre sa compréhension des qualités conceptuellement éphémères et évocatrices des aliments, l’intérêt porté par S. Salazar Simpson à ces derniers en tant que matière artistique découle de son rôle de femme au foyer et de mère. L’usage de ces matériaux organiques, dotés d’une vie propre en dehors et au-delà du contrôle de l’artiste, lui permet de brouiller les frontières entre les mondes de l’art et du quotidien. Ces œuvres sont avant tout sensorielles, ce qu’illustre parfaitement une installation telle que Tortilla Curtain (1991), constituée de longs brins de guirlandes décoratives étincelantes entremêlées de pattes de poulet, de fleurs et d’œufs qu’elle laisse se gâter au fil du temps. Ses compositions en décomposition envahissent les sens du public et, ce faisant, gomment les divisions arbitraires entre l’objet et le lieu, l’art et le moi, et évoquent l’effacement potentiel d’autres divisions conceptuelles.
Les œuvres de S. Salazar Simpson sont conservées au sein de nombreuses collections et archives, notamment à l’Arts, Design & Architecture Museum de l’UCSB, au Franklin Furnace Archive, à l’Otis Art Institute et à la bibliothèque des Arts de l’UCLA. Son livre I Adopted a Friend est publié en 2021.
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring
© Archives of Women Artists, Research and Exhibitions, 2026