Abusaada, Nadi, « Self-Portrait of a Nation: The Arab Exhibition in Mandate Jerusalem, 1931–34, » Jerusalem Quarterly, no 78, 2019, p. 6-23
→Ari, Nisa, « Spiritual Capital and the Copy: Painting, Photography, and the Religious Image in Mandate Palestine, » Getty Research Journal, no 10, 2018, p. 89-102
→Tibi, Laura, « The Roots for a Palestinian Nahda: Zulfa al-Sa’di and the Advent of Palestinian Modern Art, » Jerusalem Quarterly, no 83, 2020, p. 7-25
The Pioneers: Paintings, Prints, and Textiles, Darat al-Funun, Amman, 7 mars – 24 avril 2017
→Zulfa al-Sa’di, Darat al-Funun, Amman, octobre – novembre 1998
→Première exposition d’art arabe à Palestine, Palace Hotel, Jérusalem, 1 juillet – août 1933
Peintre, brodeuse et enseignante palestinienne.
Zulfa al-Sa’di naît dans une famille réputée de la vieille ville de Jérusalem. Elle commence à peindre dès son plus jeune âge, encouragée par sa famille. Elle reçoit des leçons particulières du peintre et créateur d’icônes Nicola Saig (1863-1942), une figure clef de l’art palestinien avant la Nakba. La pratique de Z. al-Sa’di, profondément enracinée dans la culture visuelle hiérosolymitaine, mêle les beaux-arts et l’artisanat, comme la peinture et la broderie. Ses sujets vont de scènes de la vie du peuple et de paysages à des natures mortes et des portraits populaires, principalement dans la tradition de l’art académique classique, au sein d’un contexte arabe anticolonial.
Durant la Nakba, en 1948, Z. al-Sa’di fuit avec sa famille et son mari, Saif al-Din al-Dajani, vers Damas, ce qui marque le début de sa trajectoire d’artiste et d’enseignante en exil. Elle enseigne à l’école al-Jawhar en 1948 avant d’être transférée à l’école Lydda, un établissement de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugié·es de Palestine dans le Proche-Orient, au sein d’un camp de réfugié·es à Damas, où elle exerce comme principale jusqu’à sa retraite en 1976 ou 1977.
Les quelques œuvres de la main de Z. al-Sa’di qui nous sont parvenues montrent une influence de la peinture d’icônes chrétiennes, mais Z. al-Sa’di combine ce style à des thèmes islamiques, symbolisant une période d’unité arabe à travers des figures de leaders. Son art unit des éléments personnels, folkloriques et politiques et reflète ainsi une représentation nuancée de son environnement, au-delà de l’aspect technique.
Z. al-Sa’di présente son travail à l’occasion d’un accrochage spécial au sein de la section art de la IreExposition arabe à Jérusalem en juillet 1933 – événement aujourd’hui reconnu comme l’une des premières expositions individuelles par une artiste femme palestinienne. Parmi ses productions, on compte des peintures à l’huile, de l’artisanat manuel, des broderies et les portraits d’importantes figures arabes. L’Exposition arabe n’est pas seulement une plateforme artistique ou économique ; elle sert aussi de déclaration politique contrant les récits sionistes et mettant en lumière les réalisations palestiniennes.
Ses compositions en plan rapproché fusionnent le réalisme photographique avec une qualité mythique, et véhiculent une impression latente de sainteté, comme dans les œuvres Sharyf Husayn (vers 1931) et King Faysal I in Iraq (vers 1931). Le style de Z. al-Sa’di possède une qualité presque illusionniste. Elle utilise comme matériaux l’huile sur toile, le fusain et le carton, et elle copie souvent des vers, comme ceux du poète arabe du viie siècle Al-Farazdaq, dans ses portraits de leader·ses et de poète·sses arabes, dont Omar al-Mukhtar, Sharif Hussein al-Hashimi et Ahmed Shawqi. Outre sa documentation des monuments de Jérusalem, comme Pharaoh’s Hat [monument d’Absalom, vers 1940], ses scènes folkloriques et ses natures mortes, son engagement pour une identité nationale se reflète dans son soutien à Al Thuwar (les Révolutionnaires) en 1936, lors du mandat britannique, comme le met en avant sa nièce Isam Ouwaid, ce qui ajoute plus de profondeur encore à sa création.
Depuis les années 1990, l’œuvre de Z. al-Sa’di a gagné en reconnaissance, principalement grâce aux dons d’œuvres faits par sa famille à Ismail Shamout (1930-2006) et Tamam al-Akhal (née en 1935) après sa mort. L’artiste Mahmoud Taha (1942-2017) attire le premier l’attention sur son art quand il la présente à I. Shammout. En découle l’organisation d’une exposition d’environ dix-huit de ses vingt-cinq peintures encore connues, à Darat al-Funun, centre d’art à Amman (1998). Les sources historiques documentant son héritage restent limitées : un livre d’or de son exposition à la Ire Exposition arabe, les écrits et observations d’I. Shammout et de Kamal Boullata (1942-2019), ainsi que les souvenirs de sa famille.
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring
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