Nieto, Danila Desirée, « Barroco punzó: un abordaje a la obra de Cristina Piffer », Revista Gramma, XXXIV, no. 70, 2023, s.p.
→
Bustillo, Alejandro, March, Natalia, « Materiales biológicos en el Arte Contemporáneo: Alteraciones materiales y conceptuales en la obra de Cristina Piffer », en Albizuri, Lucía et al. (dir.), Actas – Encuentro Nacional sobre Registro, Documentación y Conservación de Arte Contemporáneo, Ciudad Autónoma de Buenos Aires, Ministerio de Cultura de la Nación, 2021, p. 120-128
→Giunta, Andrea, Puisqu’il fallait tout repenser, Paris, Delpire & co, 2021
Cristina Piffer. Archivos pulsantes, imágenes intempestivas, supervivencias espectrales, Centro de Arte de la Universidad Nacional de La Plata, La Plata, 10 septembre – 29 octobre 2022
→La herencia indócil de los espectros, Espacio de Arte de Fundación OSDE, Buenos Aires, 10 octobre – 14 décembre 2019
→Cristina Piffer, Encarnaduras y entripados, Museo de Arte Latinoamericano de Buenos Aires (MALBA), Buenos Aires, 29 avril – 20 juin 2011
Artiste interdisciplinaire argentine.
Cristina Piffer étudie l’architecture de 1971 à 1976 à la faculté d’architecture et d’urbanisme de l’université de Buenos Aires. Sa vie et son œuvre resteront marqués par la disparition de cent dix-sept étudiant·es et enseignant·es de cette institution pendant la dictature civile et militaire argentine (1976-1983). Elle fréquente également les cours d’histoire de la faculté de philosophie et de lettres, et suit les cours de Basia Kuperman (1927-2013) et d’Alejandro Puente (1933-2013).
Ses connaissances en architecture jouent un rôle fondamental dans la conception de ses installations. Depuis les années 1990, elle développe un corpus fondé sur la recherche artistique et historique. Pour C. Piffer, l’art est une activité profondément politique. Elle aborde par exemple le thème de la violence d’État à partir de sources littéraires et historiques et au gré d’expérimentations de divers matériaux et diverses techniques : le sang, la viande, les tripes et la graisse bovine. Pour l’artiste, ces produits organiques sont chargés d’une force conceptuelle qui renvoie à des pratiques violentes, sacrificielles et historico-politiques.
Tout au long de la trajectoire de C. Piffer, ses œuvres interrogent le concept d’argentinité au moyen de matériaux dérangeants. Toutes s’appuient sur un vaste travail en archives et soulignent l’importance, aussi bien technique que conceptuelle, de la matérialité. Elles sont généralement exposées dans des salons blancs et épurés, éclairés de façon chirurgicale, où elles instaurent, à première vue du moins, une impression d’ordre et de calme. Les pièces présentées entrent en dialogue avec cet environnement. Sur des comptoirs en acier sont posés des bocaux en verre aux formes attrayantes (Trenzados [Tressages], 2002), des portraits de petit format (Braceros [Journaliers], 2018) ou des plaques blanchâtres ornés de] textes en bas-relief (Mesadas [Salaires], 2002). Mais l’œil attentif repère l’usage de matériaux peu conventionnels, voire ignobles. La tragédie rôde constamment : dans le formol que contient le verre, baignent des tripes tressées ; les mots gravés dans la graisse bovine racontent des histoires terrifiantes ; et les portraits sont ceux d’indigènes employé·es à la sucrerie La Esperanza.
L’œuvre articule deux démarches politico-esthétiques : d’un côté, les tactiques de l’inventaire photographique, associées à l’image et au mot comme trace-enregistrement qui imprègne les surfaces ou s’y imprime ; de l’autre, l’organique comme matière première, pièce sculpturale contenue dans le formol et le verre afin d’être exposée sur des comptoirs en acier. Le tout résonne dans une ambiance sordide d’ordre et de propreté qui, lorsqu’ils permettent l’exercice de la contemplation, mettent en branle l’intuition.
Avec Hugo Vidal (1953-), C. Piffer intervient sur des espaces mémoriels, centres de détention clandestins sous la dictature. En 1999, leur proposition pour le concours de sculpture du Parc de la mémoire est présélectionnée. De 2013 à 2017, C. Piffer intègre le groupe Artistas solidairios, aux côtés de Javier del Olmo (1972-), Ana Maldonado (1952-), Juan Carlos Romero (1930-2017) et H. Vidal. Depuis 2019, elle fait partie du collectif Cuatro, en compagnie de Lucía Bianchi (1981-), A. Maldonado et H. Vidal. Toustes quatre réalisent des interventions graphiques et des actions de rue dans des contextes de mobilisations politiques et sociales.
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring
© Archives of Women Artists, Research and Exhibitions, 2026