Catherine Hall-Van den Elsen, Luisa Roldán, Los Angeles, Getty Publications, 2021
→Catherine Hall-Van den Elsen, Fuerza e intimismo. Luisa Roldán, escultora (1652-1706), Madrid, Consejo Superior de Investigaciones Científicas, 2018
→María Victoria García Olloqui, Luisa Roldán, la Roldana. Nueva biografía, Séville, Guadealquivir ediciones, 2000
Luisa Roldán. Escultora real, Museo Nacional de Escultura, Valladolid, novembre 2024 – mars 2025
→Roldana, Real Alcázar, Séville, juillet-octobre 2007
Sculptrice espagnole.
Luisa Roldán, également connue sous le surnom de « la Roldana », est la fille du sculpteur Pedro Roldán (1624-1699), qui se trouve dans la seconde moitié du XVIIe siècle à la tête de l’atelier le plus renommé et le plus productif de Séville. P. Roldán forme et fait travailler ses enfants, dont Luisa (la cinquième de la fratrie, et la quatrième fille), au sein de cet atelier familial. La Roldana épouse en 1671 un sculpteur, Luis Antonio de los Arcos (1652-1711), ancien apprenti dans l’atelier, malgré l’opposition de P. Roldán à cette union.
Pendant plus d’une décennie, L. Roldán travaille avec lui à Séville, affirmant peu à peu un style personnel. Durant cette période, c’est généralement son époux qui apparaît sur les contrats, par exemple pour le paso processionnel de la Hermandad de la Exaltación [confrérie de l’Exaltation] de Séville, dont L. Roldán exécute plusieurs figures (vers 1678-1682). Dans la décennie 1680, la renommée de la sculptrice s’étend et dépasse la ville de Séville. Le couple s’installe avec ses enfants à Cadix, où L. Roldán exécute des œuvres en bois polychromé pour la cathédrale et plusieurs églises et couvents. La municipalité lui confie l’exécution d’effigies des saints patrons de la ville, Saint Servando et Saint Germán, que la sculptrice réalise en collaboration avec son époux, son beau-frère, Tomás de los Arcos, exécutant quant à lui la polychromie (cathédrale de Cadix, 1687).
L. Roldán s’installe avec sa famille à Madrid en 1689, se rapprochant ainsi de la cour. Elle devient sculptrice de la chambre (Escultora de Cámara) du roi Charles II en 1692 – une distinction sans précédent pour une femme dans l’histoire de la sculpture espagnole, qu’elle conserve jusqu’à sa mort. De cette même année date le spectaculaire Arcángel san Miguel venciendo al demonio [L’Archange saint Michel terrassant le démon] en bois polychromé exécuté à la demande du roi pour l’Escurial (Galería de las Colecciones Reales, Madrid). Durant cette période madrilène, L. Roldán exécute aussi de nombreuses sculptures en terre cuite polychromée de petit format, destinées à la dévotion privée. Ces « bijoux de sculpture » (alhajas de escultura), mettant souvent en scène l’enfance du Christ ou la Vierge, constituent un format d’œuvres apprécié à la cour et qui contribue à la rendre célèbre. Parmi cette production nombreuse, qui fait l’objet de redécouvertes et d’acquisitions muséales ces dernières années, on peut citer : Descanso en la huida a Egipto [Le Repos pendant la fuite en Égypte], Museo Nacional del Prado, Madrid, signé et daté en 1691 ; deux Tránsito de la Magdalena [La Mort de Marie Madeleine], Hispanic Society, New York, et Museo Nacional de Escultura, Valladolid ; La Vierge et l’Enfant avec saint Diego de Alcalá, Victoria and Albert Museum, Londres ; ou encore La Vierge et l’Enfant avec saint Jean Baptiste, Museo Nacional de Escultura, Valladolid. La polychromie de ces terres cuites est fréquemment exécutée par T. de los Arcos.
L. Roldán obtient en 1701 le renouvellement de sa charge de sculptrice de la chambre après le décès de Charles II et l’accession au trône de Philippe V. Elle décède cinq ans plus tard, le 10 janvier 1706, dans un grand dénuement, ainsi que l’attestent ses dernières volontés, écrites cinq jours avant sa mort. Elle a reçu au même moment le titre de membre d’honneur de l’académie de Saint-Luc à Rome (Accademica di Merito). Antonio Palomino la décrit dans El parnaso español pintoresco y laureado (1724) comme une sculptrice éminente, dont le nom restera immortel.
Une notice réalisée en partenariat avec le musée du Louvre.
© Archives of Women Artists, Research and Exhibitions, 2026