Magnúsdóttir, Ástríður (dir.), Róska, cat. exp., LÁ Art Museum, Hveragerdi (5 juin – 29 août 2021), Hveragerdi, LÁ Art Museum, 2021, consulté le 21 Novembre, 2025, https://listasafnarnesinga.is/wp-content/uploads/2021/05/009LA_Syningarskra11_web.pdf.
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Hjartarson, Benedikt, « “A Furious Girl from Rome” – Róska and the Mythography of Avant-Garde Bohemianism, » in A Cultural History of the Avant-Garde in the Nordic Countries 1950–1975, vol. 32, 2016, p. 804–17
→Sveinsson, Hjálmar (dir.), Róska. Reykjavík, Nýlistasafnið, 2000
RÓSKA – Áhrif og andagift [Róska – Impact et inspiration], LÁ Art Museum, Hveragerði, 5 juin – 29 août 2021
→Tempest-Surrealism, The Living Art Museum, Reykjavík, mars 1996
→Konan 2000 [Femme 2000], Gallerí Sólon Íslandus, Reykjavík, 1993
Artiste pluridisciplinaire, performeuse et militante islandaise.
Ragnhildur Óskarsdóttir, plus connue sous son nom d’artiste Róska, est née sous l’occupation britannique de l’Islande lors de la Seconde Guerre mondiale. De 1960 à 1962, elle fait ses études à l’École des arts et métiers de Reykjavík, où elle s’immerge dans l’avant-garde artistique et devient membre active de la Sameiningarflokkur alþýðu – Sósíalistaflokkurinn [Union des jeunesses socialistes]. Entre 1962 et 1963, elle étudie l’art à Prague, puis s’installe à Paris en 1963, où elle rejoint une commune d’artistes. Elle déménage à Rome en 1965 et s’inscrit à l’Académie des beaux-arts, dont elle sort diplômée en 1967. Rome devient alors son lieu de résidence principal, bien qu’elle conserve des liens forts avec l’Islande. En 1967, elle rejoint SÚM, un collectif d’artistes d’avant-garde qui influencera considérablement le milieu de l’art contemporain dans les années 1960-1970. Elle est aussi l’une des membres fondatrices du musée d’Art contemporain (Nýló) de Reykjavík.
Sa première exposition a lieu en 1967 à Casa Nova à Reykjavík. Elle y présente cinquante-cinq œuvres dont des dessins et peintures proposant une réflexion sur la vie contemporaine. Cette même année, Róska participe à une exposition sur la colline de Skólavörðuholt à Reykjavík, où elle présente la performance désormais connue sous le nom de Súper-þvottavél [Super machine à laver], bien qu’elle l’ait personnellement intitulée Tilvonandi húsmóðir [Future femme au foyer] (1967). Celle-ci consiste en un feu d’artifice placé à l’intérieur d’une vieille machine à laver, symbole de la femme au foyer et de la société de consommation — un manifeste sur l’inégalité des sexes et les droits des femmes, couplé à une action pacifiste dans le contexte de la guerre du Vietnam, à une époque où les États-Unis possèdent une base militaire en Islande
À Rome, Róska rencontre brièvement Jean-Luc Godard (1930-2022) et le collectif de cinéastes Dziga Vertov (1968-1972). En raison de désaccords idéologiques, elle et d’autres membres quittent le groupe la même année. Elle participe néanmoins à la préproduction de leur film Lotte in Italia [Luttes en Italie, 1971]. Avec ses anciens collaborateurs Dominique Isquermann (1947-), Marc’O (Marc-Gilbert Guillaumin, 1927-2025), Corrado Costa (1929-1991) et son mari Manrico Pavolettoni ( ?-1997), elle produit le film L’Impossibilità di recitare Elettra oggi [L’Impossibilité de réciter Électre aujourd’hui, 1969].
Elle étudie la réalisation et la mise en scène au Centre expérimental de la cinématographie de Rome de 1973 à 1976. Parmi les œuvres cinématographiques qui en résultent, citons notamment The Ballad of Ólafur Liljurós (1977) et Sóley (1982). Elle puise ses thématiques dans le folklore islandais et en le fait dialoguer avec l’éthique socialiste, notamment la lutte contre les oppressions.
Róska milite pour les droits humains et l’égalité des genres et s’oppose aux morales bourgeoises appliquées à l’art. Son œuvre fait office de vecteur à ces thèmes à travers les disciplines qu’elle explore, notamment la photographie, le cinéma, les arts numériques, la performance, la peinture et le dessin. Par-dessus tout, les femmes constituent le sujet central de son art, comme en témoignent des œuvres telles que Síðasta hálmstráið [La coupe est pleine, 1969] ou Kona [Femme, 1990], qui illustrent la féminité sous un angle politique inédit par la mobilisation d’un langage poétique interne teinté de surréalisme.
Sa dernière exposition individuelle, Tempest-Surrealism, se tient au Living Art Museum de Reykjavík en mars 1996. L’artiste s’éteint ce mois-là à Reykjavík, peu après le vernissage.
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring
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