Samboh, Grace, « Consequential Privileges of the Social Artists: Meandering through the Practices of Siti Adiyati Subangun, Semsar Siahaan and Moelyono », in Southeast of Now: Directions in Contemporary and Modern Art in Asia, vol. 4, no. 2, 2020, p. 205-235 https://dx.doi.org/10.1353/sen.2020.0010
→Adiyati, Siti, Dari Kandinsky Sampai Wianta: Catatan-Catatan Seni Rupa [De Kandinsky à Wianta : Notes sur les arts plastiques (1975-1997)], Jakarta, Jakarta Biennale Foundation, 2017
→Fauzi E., Eddy, Adiyati, Siti, Belajar Aktif Seni Rupa [Apprentissage actif des arts plastiques], Jakarta, PT Gramedia, 1986-1989
AWAKENINGS: Art in Society in Asia, 1960s–1990s, Musée national d’art moderne et contemporain, Gwacheon, 31 janvier – 6 mai, 2019 ; National Gallery Singapore, 14 juin – 15 septembre 2019
→Jakarta Biennale 2017: JIWA, Gudang Sarinah Ekosistem, Musée Seni Rupa dan Keramik, et Musée Fatahillah, Jakarta, 4 novembre – 10 décembre, 2017
→Nuansa: Pameran Seni Lukis Wanita Indonesia ~ Malaysia [Nuance : Exposition de peinture exclusivement féminine Indonésie ~ Malaisie], Gedung Seni Rupa Depdikbud [Bâtiment des Beaux-Arts du ministère de l’Éducation et de la Culture], Jakarta, 26 août – 4 septembre 1991 ; Balai Seni Lukis Negara [Centre national des arts plastiques], Kuala Lumpur, 24 octobre – 9 novembre 1991
Artiste multidisciplinaire indonésienne.
Siti Adiyati Subangun peint, crée des installations, enseigne, écrit et publie (dans les domaines de l’art, de la littérature, de la culture et des sciences sociales), organise des conférences ainsi que des expositions et, parfois, prend part à des études et à des expériences sociologiques. Elle apprend la danse javanaise traditionnelle auprès de sa famille, qui joue du wayang (théâtre d’ombres) et se produit au sein d’un gamelan (ensemble musical) pour le palais de Yogyakarta. Cette relation fluide entre les disciplines influence sa pratique, qui estompe leurs frontières et les modes de pensée.
S. Adiyati commence à exposer son travail en 1972. Ses premières œuvres usent souvent de miroirs comme de moyens d’engager et d’inclure le public dans son art. Eceng Gondok Berbunga Emas [Jacinthe d’eau à fleurs dorées, 1979], son installation fondatrice, met en scène de véritables jacinthes d’eau placées dans un bassin créé spécifiquement pour cette occasion au sein d’une galerie. Cette installation offre une expérience de la matérialité et de l’interaction en ancrant l’expression artistique dans le tangible.
En 1973, S. Adiyati est diplômée en peinture à l’école d’art de Yogyakarta, l’Akademi Seni Rupa Indonesia [ASRI, actuel Indonesia Institute of the Arts]. En 1974, elle signe la pétition de « décembre noir » en signe de protestation contre le choix des cinq lauréat·es de la Pameran Besar Seni Lukis Indonesia [Grande Exposition de peinture d’Indonésie, actuelle Biennale de Jakarta]. Menée par des artistes de diverses générations, cette pétition défie l’esthétique conventionnelle du jury, qu’elle accuse d’être détaché des luttes et des recherches contemporaines. Plusieurs des jeunes signataires, dont S. Adiyati, sont par conséquent exclus de l’ASRI. En réponse, des artistes du Bandung Institute of Technology unissent leurs forces, ce qui conduit à la première exposition Seni Rupa Baru [Art nouveau en Indonésie], en 1975, à Taman Ismail Marzuki – le centre d’art le plus prestigieux de Jakarta. Aujourd’hui, Seni Rupa Baru (1975-1989) est reconnu comme l’un des mouvements clefs dans la formation de l’art contemporain en Indonésie.
S. Adiyati commence à écrire des recensions et des critiques d’art au milieu des années 1970. Dans les années 1980, alors qu’elle vit à Paris et à Kyoto, ses écrits prennent souvent la forme de cartels muséographiques développés : une description détaillée de la présence physique de l’œuvre d’art, une introduction à la pratique de l’artiste, une explication des sujets abordés par l’œuvre et une contextualisation pour le lectorat indonésien. Son approche reste la même à travers les géographies – qu’elle écrive sur une exposition à Paris, Kyoto ou Jakarta, elle approfondit la contextualisation en fonction des œuvres même plutôt que de leur localisation.
Au début des années 1990, alors qu’elle enseigne l’art dans des lycées de Jakarta, S. Adiyati cofonde DIALOG, une revue d’art contemporain éphémère, mais influente (1990-1994). Vers la même époque, elle débute un travail de recherches en archives, de catalogage et de conservation autour de ce qui constitue aujourd’hui la « Jakarta-Paris 1959-1960 » au sein des fonds de la Galeri Nasional Indonesia – une collection d’environ 200 œuvres données par l’État français en réponse au désir du président Sukarno de fonder une galerie nationale.
L’artiste s’abstient d’exposer dans les années 2000 – bien qu’elle continue à peindre dans le calme de son atelier – et se concentre plutôt sur des travaux de plantation et d’agriculture à Kediri et à Gunung Kidul. Cela ne constitue pas une rupture par rapport à ses principes artistiques mais plutôt une extension de ceux-ci, un déplacement de son attention vers les rythmes de la culture et de la durabilité. En 2021, elle reprend les expositions en présentant une nouvelle installation à la foire annuelle ARTJOG de Yogyakarta.
Une notice réalisée dans le cadre du programme The Flow of History. Southeast Asian Women Artists, en collaboration avec Asia Art Archive
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