Fernández Uribe, Carlos Arturo (dir.), Débora Arango, cat. exp., C.C.E.E. “Reyes Católicos”, Bogotá (3 – 25 mars 2006), Bogotá, Art Editions, 2006
→Museo de Arte Moderno de Medellín, Débora Arango. Patrimonio vivo, patrimonio artístico, Medellin, Museo de Arte Moderno de Medellín, 2001
→Londoño Velez, Santiago, Débora Arango. Vida de pintora, Bogotá, Ministerio de Cultura, 1997
Débora Arango. La vida con toda su fuerza admirable, Museo de Arte Moderno de Medellín, Medellín, 2 septembre 2015 – 30 septembre 2017
→Débora Arango Exposición Retrospectiva (1937-1984), Museo de Arte Moderno de Medellin, Medellin, 1984
→Exposition individuelle, Instituto de Cultura Hispánica, Madrid, 1955
Peintre, aquarelliste et céramiste colombienne.
Débora Arango Pérez fut une des premières femmes peintres de nu de l’histoire de l’art en Colombie. Elle représente différents aspects de la réalité quotidienne et politique locale, ce qui lui vaut une censure rigoureuse et la critique des médias conservateurs de son temps.
Dès ses études secondaires, D. Arango Pérez s’intéresse à la peinture ; cette discipline est alors considérée comme adaptée aux demoiselles de son âge. En 1932, elle entre à l’atelier d’Eladio Vélez (1897-1967). L’année suivante, elle est admise à l’Instituto de Bellas Artes de Medellin, où elle continue de suivre ses cours. En 1935, elle reçoit l’enseignement de Pedro Nel Gómez (1899-1984), qui exerce également une influence importante sur le développement de son art. À partir de 1938, elle entame une carrière d’artiste indépendante et s’éloigne des canons imposés par ses maîtres. Elle mène des expériences dans le domaine du nu ou des scènes de la vie quotidienne, prenant parfois sa meilleure amie ou ses sœurs pour modèles. En 1939, elle reçoit le premier prix du Primer Salón de Artistas Profesionales pour son tableau Hermanas de la Caridad [Sœurs de la Charité]. Mais ses nus suscitent une vive controverse, ses représentations naturalistes – qui figurent détails anatomiques, toisons pubiennes et regards directement tournés vers le public – rompant avec la tradition locale et les standards de beauté idéale en vigueur dans la société et l’histoire de l’art.
En 1946, elle étudie la peinture murale à l’Escuela Nacional de Pintura, Escultura y Grabado La Esmeralda, à Mexico, sous la direction de Federico Cantú (1907-1989). Six mois plus tard, elle rentre à Medellin pour s’occuper de son père malade. Face aux développements socio-politiques de cette période, et notamment à la vague de violence déchaînée par l’assassinat de Jorge Eliécer Gaitán en 1948, elle se lance dans la satire politique. C’est alors qu’elle produit des dessins comme Masacre 9 de abril [Massacre du 9 avril, sans date] et Rojas Pinilla (sans date), où elle exprime sa vision critique de l’actualité colombienne.
En 1954, elle se rend pour la première fois en Europe, où elle étudie le dessin et la peinture murale à l’académie San Fernando de Madrid. Durant sa résidence, elle expose en 1955 à l’institut de culture hispanique ; son exposition est décrochée dès le lendemain du vernissage sur ordre de la dictature franquiste. Déçue, elle retourne en Colombie. En 1959, elle se rend toutefois en Angleterre, où elle étudie la céramique à l’université technique de Reading.
L’année suivante, elle rentre à nouveau en Colombie et se retire de la vie publique, tout en continuant à produire. En 1984, elle connaît une reconnaissance tardive : le secrétariat à l’Éducation et à la Culture de l’Antioquia lui attribue son prix des arts et lettres. La même année, le musée d’Art moderne de Medellin organise une rétrospective de son œuvre. En 1987, elle offre à cette institution une grande partie de sa production ; ce legs inestimable met les normes au défi et constitue une contribution remarquable à l’évolution de l’art colombien.
D. Arango Pérez meurt en 2005. Le musée d’Art moderne de Medellin la reconnait comme « la première figure féminine moderne de la peinture colombienne » ; de grande valeur patrimoniale, la collection qu’elle lègue à cette institution est déclarée « bien d’intérêt culturel d’ordre national » par le ministère colombien de la Culture en 2004.
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring
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