Giunta, Andrea, « Cristina Schiavi. Geometría de los afectos », in Diversidad y arte latinoamericano. Historias de artistas que rompieron el techo de cristal, Buenos Aires, Siglo XXI, 2024, p. 133-150
→Giunta, Andrea « Cristina Schiavi. Geometría de los afectos », in Cristina Schiavi, Buenos Aires, Pasaje 17, 2018, p. 6-15
→Lauría, Adriana, Llambías, Enrique, Cristina Schiavi. Obras 1991-2002, Centro Virtual de Arte Argentino, janvier 2003, consulté le 12 janvier 2026 : http://www.cvaa.com.ar/02dossiers/schiavi/03_schiavi_00.php
Cristina Schiavi. Órbita cromática, Museo Moderno, Buenos Aires, 08 avril 2022 – 26 juin 2023
→Cristina Schiavi. Esplendor de verano, Galería Walden Naturae, Garzón, 9 février 2022 – 5 mars 2022
→Cristina Schiavi. ¡Oh, terrible amor!, W—galería, Buenos Aires, 23 octobre 2021 – 5 mars 2022
Artiste interdisciplinaire argentine.
Cristina Schiavi étudie l’histoire de l’art (1973-1974) et l’architecture (1975-1976) à l’université de Buenos Aires et suit des cours de graphisme et d’architecture d’intérieur à l’Escuela Panamericana de Art dans les années 1980. Quoiqu’elle n’ait achevé aucun de ces cursus, elle complète sa formation interdisciplinaire dans l’atelier de Jorge Demirjián (1932-2018) et les séminaires de Pablo Suárez (1937-2006). C’est pendant ses études que se développe son intérêt pour les généalogies de l’abstraction et l’invisibilisation des femmes artistes. Ses origines familiales expliquent également son intérêt pour l’art : elle est en effet la petite-nièce du peintre et graveur Carlos Giambiagi (1887-1965) et sa grand-mère Elvira Giambiagi (1894-1964), bien qu’elle ne se soit pas considérée comme artiste, était également peintre.
C. Schiavi pratique la peinture, la sculpture, le dessin et l’impression numérique, en dialogue avec le design, l’abstraction et l’art géométrique. Elle travaille également avec des objets du quotidien, dont elle explore les implications sociales et affectives. Dans les années 1990, sa production se caractérise par un traitement ironique des rituels amoureux et des conventions sociales de l’époque, par le truchement d’objets. Ces œuvres proposent, selon Andrea Giunta, « un retour aux affects et au sensible », en tension avec les codes visuels de son environnement domestique. L’installation Te quiero [Je t’aime, 1992 ; espace Giesso] comprend un amoncellement de la même inquiétante peluche, au milieu d’objets domestiques, de mots et de sons, tandis que flotte une odeur de naphtaline ; malgré une apparence de tendresse, l’ensemble est en fait empreint d’une atmosphère sinistre.
En 1995, n’ayant plus d’atelier, C. Schiavi commence à travailler à domicile sur son ordinateur et entame une transition vers le design numérique sur CorelDRAW, logiciel qu’elle emploie toujours actuellement. Cette nouvelle étape voit l’introduction d’innovations formelles dans son œuvre : les textures et les palettes s’aplatissent, les bords sont définis plus précisément et l’abstraction picturale cède la place à une abstraction géométrique où les corporalités entrent en dialogue. Depuis cette époque, son travail se déploie dans des matérialités multiples. Citons des séries comme Construcciones [Constructions, 2001] ou Cuerpo fofo [Corps flasque, 2021] et des interventions comme Órbita cromática [Orbite chromatique, 2022], où elle incorpore des formes monochromes conjuguant anthropomorphisme et abstraction et consolidant un langage visuel proche du numérique.
C. Schiavi conçoit la création artistique comme le résultat d’une transmission de savoirs, de techniques et de métiers. En 2008, elle invite artistes et artisan·es à participer à son exposition Contemporáneo 23 Mercado [Contemporain 23 Marché], au Museo de Arte Latinoaméricano de Buenos Aires (MALBA), qui met en évidence la notion d’échange social à partir de l’idée traditionnelle du marché de fruits et légumes. De 2004 à 2009, avec Tamara Stuby (1963-) et Esteban Álvarez (1966-), elle coordonne le programme de résidences artistiques El Basilisco. Depuis 2017, elle s’associe au collectif d’artistes féministe Nosotras Proponemos [C’est nous qui proposons].
Son œuvre figure dans les collections d’institutions comme le MALBA, le Museo de Arte Moderno de Buenos Aires (MAMBA), le Museo de Arte Contemporáneo de Rosario (MACRO), le Museo Provincial de Bellas Artes Franklin Rawson de San Juan et le Museo de Arte Contemporáneo de Bahía Blanca.
Une notice réalisée dans le cadre du réseau académique d’AWARE, TEAM : Teaching, E-learning, Agency and Mentoring
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